La poésie n'est plus de ce monde.

Par Laetitia Gayet.

La poésie n'est plus de ce monde...

Ce n'est pas moi qui le dit, mais Jean-Louis Trintignant au FIGARO ce matin.

Comment allez-vous lui demande Armelle Héliot. Comme un homme dont l'avenir est un peu bouché. Un homme qui s'entête à dire de la poésie et qui sait pourtant que la poésie ne compte pas beaucoup. Elle compte pour quelques illuminés. C'est utopique. Et pourtant, c'est bien la poésie qui est le fil de votre vie ? Sans doute répond Jean-Louis Trintignant. J'ai toujours trouvé une consolation dans la lecture des poètes. Mais il y a un moment, où devant le drame, la poésie ne peut plus tout effacer. Il apprendre à vivre sans consolation, et continuer.

De biens jolis mots, comme une métaphore de la part de Jean-Louis Trintignant qui se produira Salle Pleyel en mars... Comme une métaphore de l'actualité du jour, qu'il est bon aujourd'hui de reprendre mots à mots.

Va pour l'exercice de style. Il faut apprendre à vivre sans consolation et continuer dit Jean-Louis Trintignant.

Comment continuer quand les portes sont fermées ?

Prenons le cas des réfugiés syriens, prêts à gagner l'Amérique et qui se sont heurtés au décret Trump. C'est à lire toujours dans LE FIGARO. Pour pouvoir obtenir son statut de réfugié aux Etats-Unis, Mohamed Adnan lui, a été prié de décrire pendant des heures, sa famille, son enfance à Deera. Abdel Hakim était pharmacien. Pendant des mois, il s'est efforcé de rassurer les services de sécurité américains. Ils voulaient tout savoir dit-il, sur les raisons de mon départ. Alors je leur ai raconté les arrestations, les séances de torture, la destruction de mon officine, parce que je m'obstinais à porter secours aux rebelles blessés par le régime. J'ai souvent eu l'impression d'être traité comme un suspect. Mais j'ai tenu bon, dans l'espoir d'offrir une vie meilleure à ma famille.

Des portes fermées aux Etats-Unis...

Des portes à peine entr'ouvertes en France et en Europe. LES ECHOS parlent d'un grand chaos. La France dont les dirigeants ne ratent pas une occasion de souligner qu'elle affiche le meilleur résultat de la classe européenne pour ce programme de "réinstallation" des réfugiés. Cette France-là, n'a accueilli que 2.217 réfugiés fin 2016, dans le cadre de l'accord passé avec la Turquie. Une goutte d'eau. Le préfet Jean-Jacques Brot chargé de l'accueil des réfugiés le dit. La France peut faire plus et mieux.

Mais elle s'est fait souffler par sa voisine allemande, son image de terre d'asile, sans avoir opposé la moindre résistance.

Les réfugiés doivent donc apprendre à vivre sans consolation et continuer.

Continuer pour quoi ?

Cette fois la question peut être posée à François Fillon. Un candidat à la présidentielle dont l'avenir semble un peu bouché.

LE FIGARO l'assure. La riposte médiatique s'organise. Télévision, tribune dans la presse, matinale radio, toutes les hypothèses sont sur la table. Peut-être faut-il, aller plus fort dans la repentance dit un fillonniste. Montrer qu'il comprend ce que les Français ressentent.

Fillon joue son va-tout poursuit LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE. Et en même temps, sans dire de quoi il retourne, le journal affirme ue de nouvelles révélations pourraient encore aggraver les choses. Comme par exemple, ce soupçon évoqué hier, par Ségolène Royal, d'un dispositif monté à l'insu de Pénélope Fillon.

Dans cette affaire, c'est l'honneur d'une femme qui est en jeu selon Arnaud Mercier, professeur à Paris 2, dans THE CONVERSATION. Chacun devine que Madame Fillon ne mérite pas de voir ainsi son prénom faire l’objet de l’opprobre numérique sous forme d’un #PenelopeGate. Car le vrai responsable est bien son mari, François Fillon. Et c’est son déni qui expose sa femme, pas les médias. C’est bien d’un FillonGate qu’il s’agit !

Et il faut que cette explication se fasse.

Qu'il y ait un acte de contrition, dit un proche de François Fillon aux ECHOS.

Et surtout, qu'il soit sincère. Car les retours du terrain sont disent certains, de plus en plus mauvais.

Et puis question plan B. Même si LE FIGARO croit savoir qu'Alain Juppé n'exclut pas de prendre la relève. D'autres affirment aux ECHOS que c'est impossible. Les quinquas et les quadras qui se voyaient en haut de l'affiche, ont réalisé qu'ils allaient se bouffer entre eux.

Il faut tenir dit Benoît Apparu à L'OPINION, juppéiste, aujourd'hui porte-parole du candidat Fillon. C'est encore plus dévastateur si tout le monde ouvre sa gueule. Hors de question d'organiser le suicide généralisé de la droite.

Il n'y a décidément pas de place pour poésie en politique.

La preuve par 4 ce week-end. Avec les meetings de Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Benoît Hamon et Emmanuel Macron.

LA PROVENCE voit un Jean-Luc Mélenchon aux frontières du réel avec son hologramme. Un prédicateur de l'espace venu galvaniser les foules terrestres. Marine Le Pen toujours dans LA PROVENCE, s'en va-t’en guerre.

Elle est tout sauf normale pour LIBERATION qui décrypte ses promesses par le menu.

Le FN change la forme mais pas le fond abonde LA CROIX.

Chacun avait sa cible ce week-end pour L'OPINION. Macron et Mélenchon contre Le Pen. Le Pen contre Macron et Fillon.

Hamon contre Macron.

Pas de poésie donc, pas d'utopie.

LES DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE ont d'ailleurs retenu cette phrase de Benoît Hamon. Je ne suis pas l'homme providentiel.

La poésie si tant est qu'il y en ait eu hier, est venue de Christiane Taubira, à la Mutualité. Mais ses prises de paroles écrit Philippe Martinat du PARISIEN-AUJOURD'HUI-EN-FRANCE, oscillent de plus en plus entre lectures publiques de poésie et sermons télévangélistes. Elle a étourdi son auditoire à coups de René Char, de Rilke et de Paul Eluard. Debout au font de la salle, l'ancien ministre de l'Outre-mer, Victorin Lurel glisse : "Elle du talent mais il faut suivre !"

S'il n'y a pas de poésie chez les politiques, y'en a t'il chez les ados ?

Pas vraiment non. La preuve par le smartphone. Aujourd'hui, journée sans portable.

"Ma vie est finie. Tout simplement !"

Inès, 14 ans, ne parle pas au FIGARO, d'un accident, ni d'un échec scolaire ou d'un drame familial. Elle vit en fait dans l'angoisse d'être privée de son portable pendant une journée tout entière. Inès fait donc partie des 93% de 12-17 ans qui sont équipés d'un portable. Le portable pour cette génération, c'est en moyenne, 4 heures par jour. Pour quoi faire ? Ecouter de la musique en priorité,

Envoyer des messages, surfer sur les réseaux sociaux, regarder des vidéos sur You Tube. Ne cherchez pas, ils n'écoutent pas la radio ! Certains l'affirment, c'est par Twitter qu'ils ont eu connaissance des attentats de 2015. Le portable c'est aussi selon eux, un lien continu avec les amis. "Si on en avait pas, on le remplacerait par des amis en permanence chez nous"

C'est sûr que vu de ce point de vue là, certains parents vont réfléchir. En même temps, les dits parents ne sont pas franchement mieux. Dans LA MATINALE DU MONDE, les éducateurs observent que les parents qui viennent chercher les enfants à la crèche ne décrochent plus de leur portable. Ils prennent leur gamin et ne demandent même pas comment la journée s'est passée. Résultat les enfants se sentent inexistant. Une psychologue se souvient des mots d'une de ses patientes de 5 ans : "Il faudrait que je vibre ou sonne comme le portable de ma mère pour qu'on vienne vers moi."

Décidément pas de poésie ce matin.

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