Le Progrès célèbre Villefranche qui affronte Paris, et dont un joueur utilise comme pyjama le maillot de Thiago Silva (l'Equipe). L'Amérique fait la guerre à Huawei par qui la Chine pourrait dominer le Monde et la 5G, l'Europe est spectatrice... Et bloque la fusion Alstom-Siemens. L'Opinion, le Figaro, les Echos.

On parle d'espérance ce matin

L’espérance de gaillards venus du Beaujolais, qui joueront au football cette fin d'après midi, "c'est le match de leur vie" titre Le Progrès, supplément spécial à l'appui pour les joueurs de Villefranche qui à 18.30 à Lyon affrontent le Paris saint germain en Coupe de France. Et c'est un bonheur renouvelé que cette mystique de la Coupe, où David rencontre Goliath, et s'anime alors une petite cité, Villefranche, dites aussi la Calade, où, me dit l'Equipe, le chanteur benjamin Biolay grandit qui contemplait, enfant le stade depuis le balcon de ses parents, "il n'y avait que ça ou les jeux de 20 heures"... On est dans l'émotion et la fracture sociale et le hasard des destins: les joueurs de Villefranche ont raté d'un rien, un peu de chance ou de travail de vraies carrières professionnelles; le défenseur Adrien Pagerie, je lis cela dans le Parisien, dort avec, en guise de pyjama, le maillot du Parisien Thiago silva, qu'il croisa avec son anciens clubs des Herbiers en finale de la coupe, déjà. Je lis dans Progrès que dix jours de salaires de Neymar paieraient tous les salaires de l'année à Villefranche

Neymar tiens... Grâce à lui ce match atteint à la perfection du manichéisme. Car dans le Parisien, je lis, comme si vous étiez, sa fête d'anniversaire lundi soir et toute la nuit au pavillon Gabriel, la soirée des 27 ans de Neymar était sponsorisée par red Bull et les invités, étaient en rouge, Neymar aussi qui dansa en fauteuil roulant rouge. C'est dans le Parisien donc mais aussi sur un journal en ligne qui s'appelle PURE PEOPLE, comme son nom l'indique, où j'apprend que le gardien Alphonse Areola, était vêtu d'une veste en cuir signée Anthony Delon "spécialement créée pour l'occasion"...

Est-il loin alors le football, et le Parisien s'inquiète, et le mythique Guy roux dans le Parisien, est-ce bien raisonnable de faire la fête jusqu'à 5 heures du matin, après défaite à Lyon, et à une semaine d'un matche de Ligue des champions contre Manchester... mais c'est pourtant cela le football, et le parisien, malgré sa gêne chronique la soirée comme dans le journalisme de cour on s'attache aux coulisses du pouvoir. L'entraîneur Tuchel explique que c'était un devoir de venir à la fête de Neymar, puisque neymar est triste d'être blessé, et à cette fête, Neymar et l'attaquant cavani se sont réconciliés, bien loin de Villefranche donc, que Paris croise ce soir.

La puissance chinoise est dans les journaux

Et inquiète dans les Echos et à la une du Figaro, où l'on parle de Huawei, géant de la téléphonie et des infrastructures auquel les Etats-Unis font la guerre, politique et judiciaire, car ils accusent Huawei d'être un vecteur de l'Etat et de l'espionnage chinois et redoutent que l'avance prise par Huawei dans la conception de la 5G, la nouvelle génération de téléphonie mobiles, donne à Pékin la main sur la mondialisation et nos données. Les Echos décrivent le campus de Huawei dans le sud de la Chine... Douze fausses villes  d'inspiration européenne, un faux Paris, un faux Heidelberg, nous, en miniature, déjà là bas, à eux. Je garde aussi une phrase dans le Figaro  "Les Européens ont le droit de choisir par qui ils souhaitent se faire espionner », plaisanterie d'un américain.

Nous serions donc Villefranche, s'ils sont le PSG?

Cette faiblesse se retrouve dans le dessin de Une de l'Opinion: un Panda, vêtu d'une combinaison de lutteur chinois, met  à mal un lutteur français, et dans un coin, un lutteur allemand attend le feu vert de jean-Claude Juncker, costume de bureaucrate, pour venir l'aider...  Et ce dessin veut raconter l'histoire de la fusion d’Alstom et de Siemens, que l'Europe va refuser, or cette fusion, serait le moyen de résister à la concurrence ferroviaire chinoise. Mais les Echos comme l'Opinion, défendent l'Europe et ses règles qui refusent les monopoles, il ne suffit pas de les bafouer pour devenir stratèges.                         

Oui mais comment? Je lis dans le Financial times que l'Allemagne veut contrôler les investissements stratégiques étrangers et pourrait même, c’est dans l'Opinion, nationaliser ses fleurons industriels pour les protéger...

Le protectionnisme pour ne pas être colonisés?

Un journal d'histoire, Guerres et histoire, raconte comment par la technique, la discipline, l'équipement, la ruse et la brutalité, Rome conquit a la Grèce en un demi-siècle, et cette colonisation fit des romains un peuple riche et gavé, qui s'exemptait de l'impôt...

Il est tant de formes de colonisations. En Cisjordanie, cerclées de colonies israeliennes, un reportage de Libération, montre les Israeliens eux-mêmes colonisés culturellemnt par une certaine Amérique, car beaucoup de colons viennent des Etats-Unis,  et introduisent le culte des armes que l'on connaît là-bas...  et Libération écrit le parking d'un centre commercial “dans les monts boisés de Judée”: “Il faut se pincer pour ne pas se croire au Texas, version casher. A la station-essence, un pick-up orné d’un crâne de buffle jouxte un camion maousse avec étoile de David métallique géante vissée à la calandre. Kippas en laine et chemises de bûcheron : comme un imaginaire far-west judéo-américain, en Cisjordanie occupée."

Nous n'étions pas en Afghanistan des colonisateurs, mais nous n'avons pas fait attention, nous français à ces afghans qui ont risqué leur vie en étant nos interprètes, ou nos auxiliaires, que nous avons laissé derrière nous: un livre intitulé “Tarjuman, une trahison française”, sort aujourd'hui; un ancien auxiliaire, Zainullah Oryahkhayil, nous vrille de son regard à la une de la Croix. Il est en france, mais d’autres attendent.  

Et on parle d'histoires ce matin...

Et comment les raconter pour vous garder, public, lecteur, spectateur, hypnotisés dans une dépression captive, comme cet homme, me dit Le Un, qui regarda un jour à la fille 188 épisode d'une série comique nommée “the Office”, et netflix, qui sait ce que deviennent ses abonnés, s'inquiéta de sa santé. Les séries, donc, que le Un dissèque cette semaine et qu'on appelait autrefois feuilletons sur nos petits écrans , car il fut un temps où l'on communiait en France devant les Rois maudits, quand la télévision était investie par des intellectuels qui voulaient s’emparer de la culture populaire, et avant la télé, et il y avait eu avant nos feuilletonistes de journaux et nos grands écrivains, Balzac ou Zola qui tissaient des histoires et qui disaient leur époque... Nous sommes en train de retrouver dans des séries françaises ce talent du récit que nous perdîmes par la faute du Nouveau roman et de la Nouvelle vague...

Une dernière histoire, dans le Parisien. Ces célébrités du Monde entier sont prêtes à donner un million de dollars à des oeuvres de charité, si le Pape devient Vegan pendant la semaine du Carême. Il est Villefranche, ils sont le PSG.

Attention et excuses! L'histoire (dans le 1) de cet homme qui avait regardé 188 épisodes d'une série à la suite est superbe, mais elle a un défaut: elle n'est pas vraie.  C'est une vieille légende urbaine qui se promène sur le web, démentie récemment par le Parisien. Je ne l'avais pas vu! Mes excuses aux auditeurs de @franceinter et pensée à John Ford:  "Print the legend".

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