(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : retour à l'école

(Bruno Duvic) Et cours d'histoire d'abord : Jeanne d'Arc est née 1412 à Donrémy. 1412 ou à peu près... car cette date est incertaine selon l'historien Nicolas Offenstadt dans L'Humanité .

Qui était Jeanne d'Arc ? Ce personnage "superstar" aujourd'hui comme le titre Metro, puisque le président de la République se rend à Donrémy ?

L'Historien Offenstadt poursuit : "C'est une icône extrêmement souple. Elle renvoie à l'idée de nation, à l'héroïne chrétienne, au discours monarchiste et même anti-clérical, car elle fut cette fille du peuple brulée par l'Eglise, le fameux évêque Cauchon." Il y a encore une Jeanne d'Arc républicaine, décrite par Michelet.

A qui Nicolas Srakozy s'adresse-t-il en rendant hommage à la pucelle en ce début d'année électroale ? Jérôme Fourquet de l'institut de sondage Ifop dans La Croix : "Chacun peut y retrouver ses références (...) mais en allant dans l'Est de la France et non à Orléans pour célébrer Jeanne, le chef de l'Etat se déplace dans de vieilles terres patriotes ou le Front National est bien implanté."

Quel résultat le président peut il attendre de cette opération ? Assez mineur répond Jérôme Fourquet. "Si on sait décider les statégies, les électeurs peuvent le faire aussi."

Le retrour à l'école de Nicolas Sarkozy c'était hier.

Lors d'un déplacement non plus chez Jeanne d'Arc mais chez Jean-Pierre Raffarin, à Chasseneuil du Poitou. Cérémonie de voeux aux enseignants et surtout présentation d'une bonne partie de son programme pour l'éducation.

Le Parisien-Aujourd'hui en France donne les détails. 4 points à retenir :

  • le collège unique corrigé avec des classes professionnelles dès la 4ème et la 3ème.

  • les salaires des enseignants revalorisés.

  • mais leur métier doit être redéfini. Plus de présence dans les établissements

  • enfin les établissements (écoles, collèges lycées) seront plus autonomes comme les Universités.

L'autonomie des universités est régulièrement portée au crédit du chef de l'Etat. Bémol en ces temps de crise : les caisses sont vides.

Autonomie, donc. Flexibilité. L'Humanité y voit ce matin un facteur d'inégalités entre établissements et quasiment une lutte des classes.

Trop de libéralisme, c'est l'accusation à laquelle s'expose Nicolas Sarkozy. Globalement souligne Le Monde , il faut une bonne dose de courage à la droite pour s'attaquer à la jeunesse. Dans l'Histoire récente, elle y a régulièrement laissé des plumes.

Un responsable de l'UMP répond dans Le Parisien : "Le président se dit qu'il ne gagnera qu'en prenant des risques"

Quelles sont les premières réactions des enseignants ? Là encore, réponse dans Le Parisien : circonspection. La hausse des salaires, c'est une promesse qui avait été faite en 2007 et depuis, seuls les débutants ont vu leur salaire augmenter.

En tout cas, comme le titre Ouest France : un beau débat s'ouvre.

Au fait que propose François Hollande pour l'éducation ? Il maintient sa promesse de plus de personnels et fait la promotion de l'apprentissage, précise le quotidien rennais, sans donner plus de détails

Encore du flou. C'est ce que souligne Natacha Polony dans Le Figaro . "A tous ceux qui à gauche ne manqueront pas de pointer une libéralisation de l'école républicaine par le président, il lui suffira de montrer que, promesses mirobolantes mises à part, le programme du PS n'en est qu'une version un peu honteuse"

Dernière précision sur ce sujet, dans Le Parisien , Claude Allègre dément les informations qui font de lui un conseiller du président en matière d'éducation et un éventuel futur ministre de Nicolas Sarkozy.

Retour à l'école, suite... Leçon d'économie à présent.

A quoi servent les syndicats ? A défendre les salariés, surtout si leur entreprise est en difficulté. Pou un contre exemple dans la presse ce matin, voyez la "CFDT maritime Nord" chez Seafrance. Pour une fois, Le Figaro et Libération sont d'accord. Il y aurait des « dérives » et même du « piratage » dans l'entreprise.

Au delà du fait que le syndicat s'est opposé à tout autre projet de reprise que la coopérative, dans l'enquête de Libé, il est question de violence et de gestion opaque, au point que la CFDT nationale est en train de lâcher les camarades nordistes.

La première alerte est venue de la cour des comptes en 2009. Poids exorbitant du syndicat dans l'entreprise. C'est lui qui gère les embauches chez les agents de bord. Résultat : des salariés souvent sans qualification et parfois payés à ne rien faire.

Ajoutez des soupçons de vols de trafic d'alcool et de cigarettes à bord. Enquête en cours. Et des menaces anonymes adressées à qui s'intéresse de trop près à l'entreprise. Par définition les menaces anonymes, on ne sait pas où elles viennent...

Nous passons en classe de géographie ?

Où est situé le Qatar ?

Réponse, dans les banlieues françaises. Une opération de plus : l'émirat met sur la table 50 millions d'Euros pour financer de jeunes entrepreneurs dans les quartiers en difficulté.

Le Monde raconte cette histoire, qui révèle en creux la faiblesse de la politique de la ville.

C'est un collectif d'élus droite et gauche confondus, tous enfants ou petits enfants d’immigrés, qui a contacté l'ambassade du Qatar en France cet automne. Les élus constatent l'impasse dans laquelle se trouvent les banlieues.

Banco ! dit le Qatar

« Pour une fois, notre identité était valorisé et n'était plus un handicap », commente l'un de ces élus, conseiller municipal UMP à la Courneuve. 150 dossiers de création d'entreprise sont déjà sur la table : sociétés d'informatiques, commerces, salles de sport, maintenance d'ascenseurs.

L'une des figures emblématiques de la politique en banlieue, l'ex maire de Clichy-sous-Bois, Claude Dilain ne cache pas son malaise : « est-ce qu'on imagine les Etats Unis investir 10 millions d'Euros dans l'Education nationale ? »

Pour un universitaire spécialiste du Qatar, dans cette histoire, l'émirat cherche des relais d'influence dans la société française.

Avant de sortir de classe, une petite leçon de « Sciences et Vie de la Terre » avec cette étude sur l’orgasme féminin relatée dans Libération . Titre de l’article : « Plus femme vieillit, plus femme jouit ! »

Et à la récré, qu'est-ce qu'on lit ?

Selon les âges, on lira le dernier hors série du « Journal de Mickey », numéro spécial au profit des pièces jaunes.

Ou bien L'Equipe . L'Equipe et l'histoire de « Papa Jojo », racontée ce matin par Didier Braun.

C'était jusque là un personnage mystère. Un gentil clandestin qui se glissait sur toutes les photos des vainqueurs de la coupe de France de football dans les années 50 et 60.

On le voit courir derrière les joueurs, les porter en triomphe poser pas loin de la coupe.

Tout le monde le connaissait de vue, personne ne savait qui c'était. L'Equipe a enquêté et fini par retrouver son fils.

Le personnage mystère s'appelait (puisqu'il est mort) Georges Belle, dit « Papa Jojo ». C'était juste un passionné de sport un peu taquin. Dans la vie, il était mûrisseur de bananes, près des Halles à Paris. C'était ça, son métier : faire murir les bananes venues du bout du monde dans un sous-sol de la rue Quincampoix.

Mais sa plus belle photo clandestine, il l'a obtenue le 23 juillet 60. Rien à voir avec le football. Ce jour là, le général De Gaulle inaugure un mémorial aux disparus du camp de déportation du Struthof en Alsace. Le frère de Georges Belle y était mort.

Sur la photo, derrière la Chambord décapotable et le képi du grand Charles, une petite tête : Jojo ! Il avait lui aussi une certaine idée de la coupe de France.

Bon week-end !

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