8H30 l’heure de la revue de presse, bonjour hélène jouan

Et on commence évidemment avec Charlie Hebdo, très présent dans la presse ce matin, au-delà bien sûr de son propre numéro spécial qui sort aujourd’hui

« Charlie court toujours » se réjouit Libération à sa Une, quand le Figaro, l’Echo de Haute Vienne ou Var matin se demandent « quelles leçons ont été tirées, 1 an après les attentats »

C’est la semaine de tous les débats, chacun y va de son analyse, quitte à lasser certains semble t- il…

« Pas une heure sans qu’on nous parle de laicité, d’humour, de liberté, de tolérance » s’agace un homme en train de lire son journal. Philosophe, sa femme lui répond : « allez, une semaine, c’est vite passé »…Dessin de Lefred Thouron à la Une du Canard enchainé, le Canard qui choisit de s’amuser de cette semaine d’hommages tous azimuts « Hommages ! Ô désespoir » …S’amuser notamment de tout ce que Cabu subit en outrages 1 an après sa mort…le Cabu de Charlie Hebdo, mais aussi bien sûr le Cabu du Canard enchainé avec son beauf hebdomadaire… « Cabu victime d’hommages collatéraux » écrit le journal, à qui rien n’est donc épargné : ni Johnny, c’est lui qui, choisi par la mairie de Paris chantera dimanche pour les victimes des attentats. Johnny honni par Cabu rappelle le Canard, Rebecca Manzoni s’en amusait il y a une heure : « 50 ans qu’il nous vérole les tympans » s’énervait régulièrement Cabu, du coup, il s’en donnait à cœur joie, par exemple sur Johnny et son exil fiscal « toute la musique que j’aime, elle vient de là, elle vient du flouze », Johnny et ses femmes « les français, une brosse à dent par an, Johnny, une femme par jour », bon, ben Cabu se bouchera les oreilles dimanche

Pas épargné non plus Cabu, par le hochet de la république, la légion d’honneur accordé post mortem, il aurait adoré la refuser, ni par la Marseillaise, ce chant de guerre entonné en veux-tu en voilà depuis 1 an, et encore dimanche prochain en son honneur, lui l’antimilitariste viscéral, qui donnait régulièrement des dessins à l’Union pacifiste et détestait les armes nous rappelait tout à l’heure Véronique sa femme, dans le texte qu’elle vous a confié.

La Canard, qui choisit encore de s’amuser de la dernière facétie liée à l’hommage républicain rendu hier à toutes les victimes du 7 et 9 janvier, Avec « ce zéro pour l’orthographe », ce petit Y qui remplace le vrai I de Wolinski sur la plaque de marbre rose. Même le britannique Guardian, s’émeut de la bévue, « se demandant s’il faut en rire ou en pleurer »…http://www.theguardian.com/world/2016/jan/05/charlie-hebdo-attack-paris-georges-wolinski-name-misspelled-on-plaque « au moins, leurs noms sont là » avez-vous dit Riss, tout à l’heure

Mais le Canard Enchainé ne fait pas que s’amuser des hommages et dommages collatéraux Hélène

Non, l’hebdomadaire satirique pointe aussi les failles, à pleurer écrit-il, du système de protection dont votre journal était l’objet à l’époque. Et Didier Hassoux nous révèle la curieuse disparition de l’énorme dossier d’instruction des attentats de janvier 2015, d’un procès-verbal qui suscite pourtant bien des questions. En octobre 2014, soit 3 mois avant le massacre, un journaliste de Premières lignes, l’agence audiovisuelle voisine de Charlie Hebdo contacte l’un des policiers chargés de la surveillance de Charb, pour lui raconter une drôle de rencontre : il grille sa clope, en bas du 10 rue Nicolas Appert. Un monospace s’arrête. Un homme avait l’air de parler seul au volant « Ca va leur apprendre à critiquer le Prophète ». Le journaliste s’approche, engage la conversation. « c’est bien ici les locaux de charlie hebdo ? lui demande l’homme. C’est bien ici qu’on critique le Prophète ? de toute façon on les surveille…Avant de démarrer, il lâche : vous ferez passer le message »

Le policier fait passer le message, le journaliste a même eu le temps de repérer la plaque d’immatriculation..Mais ensuite ? et bien ensuite on ne sait pas…y a-t-il eu investigation de la part de la DGSi ? le cas échéant, pourquoi la protection de Charb et des autres n’a pas été renforcée ? c’est cette pièce manquante au dossier qui a poussé la veuve du policier assassiné ce jour là aux côtés de Charb, Ingrid Brinsolaro à porter plainte pour homicide involontaire

Dans la presse ce matin Hélène, le débat sur la déchéance de la nationalité rebondit sur la question des apatrides

« Sont-ils devenus fous ? » s’étrangle l’éditorialiste de l’Humanité qui ne se remet pas de cette nouvelle idée émise par des personnalités socialistes afin de sortir du bourbier de l’extension de la déchéance de nationalité pour les bi nationaux…l’Huma qui a visiblement écouté hier matin le coup de gueule de la maire de Paris Anne Hidalgo sur France Inter « je suis comme beaucoup de Français, dans un état de rage, disait elle, je ne supporte plus les postures, parfois les impostures » « nous partageons cet état » conclut Jean Emmanuel Ducoin. Mediapart parle également de « monstruosité juridique » pour qualifier cette nouvelle idée de créer des apatrides afin d’échapper à l’accusation de rupture d’égalité entre citoyens. En tout cas, après la fronde de gauche, on s’achemine vers une fronde de droite. Le président du Sénat Gérard Larcher, s’exclame dans le Figaro « Comment peut on imaginer aujourd’hui que le pays des droits de l’homme crée des apatrides ? » D’autant, et c’est le constitutionnaliste Dominique Rousseau qui toujours dans le Figaro, enfonce le clou : au-delà des problèmes juridiques que cette apatridie pourrait soulever, au regard du droit international, la France ne pourrait sans doute même pas expulser une personne qu’elle aurait rendue apatride. Bref, retour à la case départ…On attend la 3ème idée …dans l’Opinion, une ministre rentrée dans sa circonscription pour Noel témoigne que le sujet indiffère les Français, plutôt préoccupés par leurs fins de mois difficiles. « Mais le Ps, écrivent Stéphane Grand et Nathalie Segaunes, va pourtant y passer le mois de janvier »

Pour l’Express, qui se demande à son tour « ce qui a changé en France depuis les attentats », cette « zizanie philosophique » provoquée par les politiques est un éclatant symptôme de la France d’après, « cette France qui a peur », « cette peur pilote aujourd’hui les opinions et commandera demain les votes » prévient Christophe Barbier

Vous parliez de colère tout à l’heure Riss, elle s’étend à cette « zizanie philosophique » ?

On termine Hélène, avec une femme à la Une

Quel est le féminin de Charlie Patrick ?

Fastoche ! Charline bien sûr…Charline Vanhoenacker, de France Inter qui fait la Une des Inrrockuptibles sous la manchette « la femme la plus drôle de France est belge », Charline qui tient un panneau « Je suis Charline », dont on apprend qu’à 14 ans, pendant que ses copines lisaient Podium et bramaient devant Patrick Bruel, elle se précipitait chez le kiosquier pour acheter le Canard Enchainé et Charlie Hebdo…lectrice de la première heure donc…

Riss, Coco, bonne nouvelle…Vous êtes moins seuls aujourd’hui, car Charlie a une compagne…et elle s’appelle… Charline

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