revenu universel, rire, faits divers, info locale

La revue de presse, bonjour hélène Jouan

Revue de presse avec les mots à la Une ce matin. On commence par Revenu universel

Oui, parce que c’est une expression, un concept qui auront traversé, fugacement la primaire de droite, et qui s’installent dans celle de la gauche.

Ce matin 3 occurrences, au moins, dans la presse pour mieux en comprendre les tenants et les aboutissants

L’interview de Benoit Hamon dans Libération, c’est lui dans la primaire de gauche qui porte le plus haut cette idée. Il essaie de s’en expliquer et de la défendre. Son coût, sa philosophie, ses risques : c’est comme la sécurité sociale, ça doit être posée puis ça évoluera, dit il. (bon, sur le financement, je n’ai pas encore tout compris de sa démonstration) Il s’agit bien d’une allocation universelle, carlos ghosn comme vous et moi la toucherons, « mais on rembourse bien la grippe à Carlos Ghosn » plaide Hamon, ce sera fait pour libérer du temps pour ceux qui font les travaux les plus ingrats. Et non, cela ne revient pas à instaurer un salaire maternel, les femmes ayant souvent les boulots les plus ingrats, « c’est la possibilité pour elles dit le candidat, de continuer à travailler, mais moins, quand leur travail est une peine ». Benoit Hamon qui plaide clairement pour déconnecter l’emploi et le travail…une petite révolution

Une petite révolution qui n’a pas du tout la même signification que l’on soit de droite ou de gauche, c’est ce que nous explique très bien Nicolas Cori sur le site lesjours.fr, il nous fait un historique de cette idée née en 1795, en pleine révolution française justement. Mathilde Goanec sur Mediapart s’applique elle à montrer les clivages à l’intérieur même de la gauche sur cette question. Où l’on voit qu’à chaque fois, c’est bien le rapport au travail qui fait la différence, selon qu’on le conçoive comme outil de libération ou d’aliénation. Tout ça pour vous dire que c’est le bon moment pour tout comprendre au revenu universel

On continue avec des « gros mots »…

Journalopes, merdias, ou le très charmant gauchiasse…si vous êtes adeptes des réseaux sociaux, sans doute avez-vous déjà vu passer ces néologismes injurieux, qui nous sont plutôt à nous, journalistes, assignés et adressés. Dans un article à lire sur le site de Libération, Juliette Deborde nous explique les subtilités de cette novlangue, on aura compris que journalope c’est la contraction de journaliste et salope, je vous épargne les autres définitions. Elle nous retrace surtout l’historique de ces néologismes anti média. Ils ne s’imposent vraiment que depuis 2012. Ils sont colportés par ceux qui se définissent dans leur bio comme des « patriotes », des anti migrant, des soutiens aussi de marine le Pen ou tout à la fois. Et de fait, c’est un vocabulaire qui est devenu un marqueur d’identité pour tous ceux qui gravitent dans la fachosphère. Leur inspiration : Jean Marie le pen, fort inventif en rhétorique anti media depuis les années 80 ; et dans leur viseur donc, les medias traditionnels forcément à la botte du pouvoir, mais aussi le mode de vie et l’idéologie supposés des journalistes, parisiens, de gauche bien-pensants, bref bobos. Dénonciation d’une « caste », globalisée et uniforme, pour en faire un épouvantail idéal. Débordements, injures qui ne sont en rien une vraie critique du fonctionnement des medias mais bien une posture politique populiste. Il ne suffit pas d’inventer des mots pour dire le monde

On passe au rire hélène

Celui de Renaud Machart du Monde qui ne se remet par du Saturday night Live made in France diffusé hier soir sur M6. Je vous signale juste l’article, car ça fait plaisir de voir un spectateur aussi heureux ! « on dira très simplement qu’on n’a pas autant ri depuis belle lurette devant une émission comique française » affirme t il, « hilarante parodie d’une des émissions de la chaine Meilleur pâtissier, débat des primaires entre Gad Elmaleh et Jamel Debbouze à hurler de rire, mais le plus drôle reste encore la parodie d’une Ambition intime de karine le Marchand ». Un critique de télé HEU REUX et encore visiblement tordu de rire donc, ça valait d’être signalé. C’est tout !

Vous avez également retenu « Fait divers »

Pour vous Didier Decoin, qui avez écrit un « Dictionnaire amoureux des faits divers », quelques pépites ce matin dans Aujourd’hui en France/le Parisien : « l’avocat poignarde à mort l’amant de sa compagne », c’est l’accroche qui est la plus drôle, enfin drôle « Alors qu’il retirait le couteau qu’il venait d’enfoncer dans le thorax de l’amant de sa compagne au lit, il lui a lancé « c’est un crime passionnel, cela se défend très bien au tribunal ». « Eh oui, il sait de quoi il parle , il est de la partie » écrit la journaliste Céline Carez

Et puis pour vous encore, même si ce n’est pas un fait divers amoureux, cette Une de Centre presse « « Attaque de brebis en Sud Aveyron, le loup y était », c’est joli comme un début de comptine non ?

On termine avec les mots de l’info locale

L’info locale qui vous est donnée chaque matin par vos quotidiens régionaux notamment, qui ce matin encore nous régalent de quelques Unes…Spéciale dédicace pour vous Patrick qui hier avez lancé un concours sur les jeux de mots autour de Canard, la Nouvelle République relève le défi et affiche en gros « canard : les éleveurs le bec dans l’eau », à vous de jouer…

Info locale donc à Paris aussi, de la plus grande proximité même avec la résurrection d’un vieux métier : crieur public, ou plutôt crieuse publique. « La voix chaude malgré le temps frisquet, ségolène s’égosille. Tout le monde doit l’entendre : « agenda du 18ème, événement culturel, l’exposition Miroir d’ombre est ouverte jusqu’au 28 janvier au 87 rue Marcadet » et puis quelques minutes plus tard »message reçu à 9H18 : rendez nous Obama !». C’est Philippe Schaller qui dans le numéro de janvier de 75, le mensuel des curieux de Paris, nous fait le portrait de cette jeune « troubadour moderne ». Casquette sur la tête, marinière et bleu de travail, elle déclame dans les 18, 19 et 20ème arrondissements de Paris, petites annonces, infos locales, infos service, mais aussi témoignages d’amour ou de colère des habitants qui la contactent dans la rue ou par courriel. Ségolène se dit convaincue que « nous sommes tous assaillis d’informations sur l’autre bout du monde, mais paradoxalement nous ne savons plus grand-chose sur notre sphère de vie, notre voisinage ». Alors elle trie, elle choisit et elle crie ses infos, sans jamais crier au feu bien sûr, au complot ou au meurtre…joli portrait dans 75 donc, de cette unique crieuse parisienne qui remplit cette fonction d’ancêtre des journalistes.

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