La saga du mot Bolos dans le Monde. Les mots de Camille Kouchner dans l'Obs. L'inceste dans l'ordre social, Libération. L'épée de Charlemagne et les bijoux pour hommes, le Figaro.

On parle d'une pionnière...  

Qui dans l'Equipe a l'air de la môme qui a fait un bon coup... Voilà  Sarah Fuller, 21 ans, première femme à avoir joué ET à avoir marqué dans une compétition majeure de football américain, qui est aux Etats-Unis pour les grands garçons, mais justement: le foot américain n'ayant pas de compétition féminine, il est par définition mixte.   En novembre dernier, les Commodores, équipe de football américain, de l'université Vanderbilt à Nashville ont un problème: entre les joueurs partis fêter Thanksgiving, les covidés et les cas contact, il n' n'a plus de kicker. Le kicker, c'est le joueur spécialiste des coups de pieds arrêtés... Alors l'entraineur de l'équipe féminine de soccer notre foot de Vanderbilt va voir son collègue du football américain, "tu devrais essayer Sarah"... Sarah, 1m88 sa gardienne de buts, remarquée pour sa maitrise sur sur sa ligne mais aussi par son jeu long au pieds... Sarah, qui est devenue la première parmi les boys pour deux matches, 28 novembre et 12 décembre 2020, avec un coup de pied d'engagement et deux coups de pieds de transformation réussis pour entrer dans l'histoire et nous vendre un rêve dit l'Equipe, sur une page, une page imaginez! 

L'article commence ainsi.  "Que va t-on pouvoir dire à nos enfants, comme si ce  monde ne perdait pas chaque jour un plus ses repères, Sarah Fuller joue au foot avec ses mains et au football américain avec ses pieds", cet humour est une consécration..   Notons que l'Equipe vient de proclamer première personnalité du football français une femme, l'arbitre Stéphanie Frappart qui vient d'officier en Ligue des champions et qui hier faisait la une de l'Equipe, et dont le portrait est en ligne, le Monde la raconte également, elle était gamine une bonne joueuse « physiquement indestructible" qui  savait toujours où le ballon allait rebondir, et qui choisi l'arbitrage où elle ne laisse rien passer. Elle vient 'une famille qui avait quitté la Lorraine pour fuir la casse de la sidérurgie et refaire une vie dans le Val d'Oise. Frappart restera une vedette de l'histoire du sport, elle vient aussi de l'histoire des classes populaires...   E

On parle aussi d'une bénédiction...  

Qui nous vient d'Amérique encore et dont le Figaro s'amuse. Lors de la première session de la nouvelle chambre des représentants, un élu démocrate, pasteur de son son état, Emanuel Cleaver du Missouri , a épicé son sermon inaugural  d'une pointe inclusive, il a dit Amen, puis a ajouté, Awomen. Mais comme Amen ne renvoie pas aux mâles mais est une bénédiction hébraïque signifiant "ainsi soit-il", le pasteur provoque l'ironie à droite, là-bas et ici, la journaliste Eugénie Bastié cite un écrivain qui était colombien et pessimiste, Nicolas  Gomez Davila, « N’offrons pas aux opinions stupides le plaisir de nous scandaliser »...  

Le même Figaro s'alarme également de la droite américaine et d'un général revenu dans la proximité de Donald Trump... Michael Flynn dit que le président devrait proclamer la loi pour organiser une nouvelle présidentielle sous le contrôle des militaires, faut-il prier?  

En France les journaux prolongent nos peurs. Dans la Dépêche qui explore la déclinaison anglaise du vaccin de la covid,  l'éditorialiste Dominique Delpiroux s'amuse mais à moitié en prêtant des intentions au virus, un ennemi "complexe et mystérieux" qui mettrait en place une une stratégie sournois pour nous humilier... Et face à lui nous devons avoir des nerfs solides. C'est raisonnable.   

Après la chute du politologue Olivier Duhamel accusé par sa belle fille Camille Kouchner, on contemple dans la Croix, le Parisien, sur le site de l'Obs et dans le Monde une France qui ne saurait pas aborder la question de l'inceste, dans ses mœurs comme dans ses lois qui changent pourtant -longtemps, dit la Croix, un beau-père n'avait pas d'existence juridique 

On lit dans Libération l'interview d'une anthropologue, Dorothée Dussy, l'inceste pour elle est intégrée à l'ordre social. Une famille peut fonctionner quand un de ses membres en agresse d'autres, pendant des années. Mais au moment du dévoilement, cela devient impossible. Alors, le silence et l'exclusion de la victime est une manière de préserver l'ordre social...   Le titre de l'interview semble une provocation, «Les incesteurs sont des hommes comme les autres" mais le propos est passionnant.   L'homme qui pratique l'inceste n'est généralement pas un pédophile mais un homme normal qui s'autorise, quand l'occasion se présente, dans un viol d'aubaine, à avoir des rapports sexuels avec uin enfant qu'il considère comme étant à sa disposition. Ils ne sont pas des monstres mais votre voisin de palier...  Il faudrait pour s'attaquer à l'inceste, s'adresser aux hommes dans des campagnes de conscientisation, ...    

On parle de bijoux pour finir.

 Et d'hommes encore, que le Figaro -il en est capable- invite à transgresser en se parant de bijoux, c'est un acte militant pour un journal qui entre autres qualités est l'organe central de la belle bimbeloterie! Il faudrait ramener les bracelets et les joncs aux poignets des messieurs, pas seulement les punks les dandys des rappeurs, car autrefois, nos rois et nos guerriers se paraient comme els femmes, même les grognards de napoléon guerroyaient un anneau à l'oreille... Je vois dans le Figaro un portrait du maharadjah défunt Yadavindra Singh à l'œil velouté qui posa décoré d'un collier de parade en diamants rubis émeraudes et platine créé dans les années 40 par Cartier.   

Le même figaro nous raconte le parcours d'une épée que l'on a transféré du Louvre au château de Versailles avec autant de délicatesse que si elle était une dose de vaccin. Elle sans une tache de rouille cette épée qui aurait été à Charlemagne et qui veilla les sacres de nos rois, elle s'appelle Joyeuse, c'est un nom de femme, une belle qualité.  

Dans le Monde vous lirez dans un délice de langue la saga d'un mot, Bolos, que le grand Alain Rey voulut le premier faire entrer au dictionnaire, ce mot est un bâtard culturel, il serait le verlan de lobos, lobotomisé, ou bien serait issus de lauss qui est le verlan de salaud,  il viendrait du mali, bolos est un pigeon en soninké,  il serait espagnol, bolo est un fou à Tolède, il a qualifié chez nous l'acheteur de drogue, par extension un arnaqué, Booba l'a rappé, Jean Rochefort s'en est attendri, il a chassé de nos injures le bouffon de ma jeunesse, le temps m'a bolossé.   Dans Sud- Ouest on lit qu'un couple et des pompiers ont sauvé un bébé phoque échoué sur la plage a Lacanau. Nous ne sommes pas des bolosses.

Contact
Thèmes associés