Valverde frappe d'entrée. Valverde déjà en jaune. De l'Indépendant Catalan au Dauphiné, le vainqueur de la première étape du Tour de France est à la une. Et bien sûr dans l'Equipe, qui titre : "Valverde, duc de Bretagne". En endossant le maillot jaune dès le premier jour, après sa victoire à Plumelec, l'Espagnol a brillamment commencé sa campagne de France, commente le quotidien du sport. Il s'est clairement positionné comme l'un des plus sûrs prétendants au trône, dans 3 semaines sur les Champs Elysées. Et dès le premier jour, dès la première conférence de presse, une question dérangeante sur son implication dans l'affaire Puerto. (Rappelez-vous, en 2006, la perquisition à Madrid d'un laboratoire clandestin par la garde civile espagnole, avec la découverte d'une liste de 58 coureurs suspectés de dopage sanguin. Seul Jan Ullrich a été confondu). Valverde élude la question bien sûr. On ne peut pas vraiment lui en vouloir de prendre un air importuné, écrit le Journal du Dimanche, puisqu'il ne sera sans doute plus jamais inquiété. Dernièrement, la justice espagnole a refusé de coopérer avec l'agence mondiale anti-dopage, qui n'a pu récupérer la poche de sang présumée lui appartenir, pour une comparaison ADN. Pour se consoler, ajoute, perfide, le JDD, on peut se dire que le maillot jaune aurait pu tomber sur les épaules de l'Allemand Stephan Schumacher qui a attaqué dans le final. Or, des traces d'amphétamines ont été trouvées dans l'organisme de ce coureur en décembre dernier, après un accident de la route. Ca commence fort ! Mais ça veut aussi dire que les journalistes qui suivent le Tour n'ont plus de tabous. "Auparavant, on ricanait, explique un confrère dans la dernière livraison de Télérama. On faisait de grosses allusions, mais c'était nul. Maintenant on préfère dire que telle ou telle performance apparait inhumaine ou incompréhensible. Plus personne n'est dupe". Pas dupe, mais gêné aux entournures. Comme Jean-Philippe Leclaire, le rédacteur en chef de l'Equipe magazine, dans son édito. Il répond en quelque sorte au livre d'un de ses prédécesseurs, Jacques Marchand. Livre intitulé : "Vélodrame" et publié chez Calmann Lévy. Jacques Marchand accuse : "Aujourd'hui, on rejette avec dégoût ce que nos pères, nos grands-pères et enfin beaucoup d'entre nous ont adoré hier". A qui la faute ? A tout le monde. Et l'auteur qui n'hésite pas à parler d'assassins du Tour, accuse à tour de rôle les coureurs, la télévision, le public, les organisateurs, l'Union cycliste internationale et même l'Equipe. "L'échafaud qui a fait tomber les têtes les plus couronnées a été dressé dans ses colonnes, tonne Jacques Marchand. Le journal organisateur est devenu journal exécuteur". Pour l'actuel rédacteur en chef l'accusation porte, car il considère Marchand comme une conscience et un maître. Alors il se défend. "Il y a tout juste un an, dans cette même page, nous avions interpellé Laurent Jalabert, rappelle-t-il : parles-nous Jaja, parles-nous. Le priant de s'expliquer sur ses années de coureur à la Once, sous les ordres du fameux Manolo Saiz, mouillé jusqu'au cou dans le scandale Puerto". Mais voilà, le même Jaja est aujourd'hui en couverture de l'Equipe magazine. Il parle de son maillot jaune, mais pas de ça. Malgré nos interrogations sans réponse, se justifie Jean-Philippe Leclaire, nous n'avons aucun problème à le considérer comme un très grand champion. Nous n'avons en tout cas jamais réclamé sa tête. Coincés entre notre amour pour le cyclisme et notre mépris pour les tricheurs, nous sommes c'est vrai, devenus totalement schizophrènes. Et Leclaire conclut : "Cher Jacques Marchand, c'est notre tête que nous voudrions parfois couper, tant elle nous fait mal, plombée de doutes et agitée de contradictions". Contradictions aussi dans le public. Comme nous vous le disions hier, selon un sondage IFOP pour Ouest-France dimanche, 51 % des Français disent ne pas aimer le Tour, alors que 52 % l'aimaient jusqu'à l'an dernier. Ce sont les jeunes et les femmes les moins accros. Mais même chez les personnes qui n'apprécient pas la grande boucle, une majorité, 59 %, jugent que les organisateurs ont fait des efforts importants pour combattre le dopage. Proportion qui monte à 83 % chez les amateurs de l'événement. Autre sondage, cette fois dans le Parisien. 7 Français sur 10 sont contre la nomination du Président de France Télévisions par l'Exécutif. C'est un sondage CSA, réalisé les 2 et 3 juillet auprès d'un échantillon de mille et une personnes. Elles avaient à choisir entre deux formulations : "C'est une mauvaise chose parce que la nomination du Président de France Télévisions par l'Exécutif pourrait entraîner un contrôle politique des chaines publiques". Ou bien : "C'est une bonne chose car il est logique que l'actionnaire nomme le Président de France Télévisions". Argument avancé par Nicolas Sarkozy lorsqu'il a annoncé ses intentions concernant la télévision publique. C'était le 25 juin, lors de la remise du rapport Copé. Seuls 18 % des sondés partagent donc cet avis. 71 % sont contre et 11 % ne se prononcent pas. Après ce sondage, le Parisien se demande si certains éléments du projet présidentiel ne pourraient pas être amendés ou remis à plus tard. Au chapitre politique, à lire ce matin dans le Parisien une interview d'Henri Guaino, le conseiller spécial du Président de la République, sur un tout autre sujet, le Sommet de l'Union pour la Méditerranée, le 13 juillet prochain. Guaino ne doute pas que presque tous les chefs d'Etat et de gouvernement du pourtour méditerranéen et de l'Europe répondront présent, ainsi que le Secrétaire général de l'ONU. Ce ne sera pas encore tout à fait une photo de famille, mais ça va venir. Et à propos de la venue du Syrien Bachar Al Assad, il déclare : "Il ne faut jamais oublier les morts, les souffrances et les peines. Oui, certains seront meurtris par la présence de la Syrie, d'autres par celle d'israël, d'autres par celle des Palestiniens. Mais donner des chances à la paix mérite que chacun fasse un effort sur lui-même". Dans le Journal du Dimanche, c'est Bernard Kouchner qui parle, après la libération d'Ingrid Betancourt. Question : La France a-t-elle versé de l'argent aux FARC ? Certainement pas répond Kouchner. Il n'y a pas eu d'argent français. Cette opération commando était seulement une opération d'infiltration, habilement et longuement préparée. Moi je n'ai jamais entendu parler d'argent. Le président Uribe ne fait pas mention du moindre argent. Le contraire serait surprenant, Monsieur le Ministre !

Annette Ardisson

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