Alors, cette chambre bleu horizon que l'on nous promet, est-ce que c'est une aussi bonne affaire que cela pour le Président Sarkozy ?... Pas sûr, répond un expert de la chose politique ce matin, dans Libération... C'est Guy Carcassonne, l'ancien conseiller de Michel Rocard, devenu spécialiste du droit constitutionnel... "Une majorité trop large, dit Carcassonne, à tendance à s'enivrer de sa propre victoire... Par exemple, en 81, le Parti Socialiste a cru qu'il pouvait tout faire... Et il a perdu toutes les élections qui ont suivi... En 93, la majorité de droite était sûre de sa force... Eh bien elle a subi, par la suite, une série de reculs imposés par la rue"... Et Guy Carcassonne de conclure : "Aucun Président n'a besoin d'avoir une majorité de 450 députés pour conduire le pays... Il n'y gagnera pas plus de pouvoir... Au contraire, il peut redouter d'avoir plus d'ennuis"... S'enivrer de sa propre victoire... C'est un peu en écho à cela que l'éditorial de La Croix demande ce matin un peu plus de fair-play dans la campagne... Dominique Quinio s'étonne de l'agressivité du Premier ministre François Fillon qui, au début de la semaine à Lyon, ironisait sur "la gauche des grandes âmes sèches"... "Qu'a-t-on à gagner à humilier ?", demande Dominique Quinio... "à humilier non seulement les candidats adverses, mais aussi les électeurs, qui ont voté ou voteront pour eux... Certes, la gauche vacille, dit-elle... Mais est-ce une raison pour lui faire le coup du mépris ?"... Dans Le Figaro, Guillaume Tabard s'interroge sur la raison d'être de l'UMP... "A quoi a servi l'UMP ?, dit-il... A porter Nicolas Sarkozy à l'Elysée"... "A quoi servira-t-elle plus tard ?... A le faire réélire en 2012... Bon... Mais à quoi sert l'UMP entre ces deux échéances ?... Là, c'est beaucoup plus compliqué, dit Guillaume Tabard... surtout qu'à l'UMP, il n'y aura plus de président élu... D'ailleurs, le plus surprenant n'est pas que Nicolas Sarkozy ait pris cette décision... Mais c'est qu'aucune voix ne se soit élevée, au sein de la droite, pour protester contre ce qui est, sommes toutes, un recul démocratique"... Fin de citation... Election sans passion, en tout cas... et surtout sans débats... à quelques exceptions près... Et ce matin, L'Huma, en page 5, évoque ce postier qui défie l'énarque... On se dit : "Tiens ! On croyait que Besancenot n'était pas candidat"... Mais non, le postier en question est le maire communiste de Bonneuil, Patrick Douet... Et L'Humanité relève que le candidat UMP dans la première circonscription du Val-de-Marne, l'ancien ministre Henri Plagnol, a accepté la confrontation publique avec son challenger communiste... C'était devant 300 personnes, au théâtre de Bonneuil... L'Huma relève que Monsieur Plagnol aime le débat... Et il est rare, en effet, de voir des candidats s'affronter publiquement sur les tréteaux républicains... Au plan national, L'Humanité revient, en Une, sur la franchise médicale... qui, dit-elle, "nuit gravement à la santé et à la Sécu"... En pages intérieures, le docteur Christian Lehmann y voit "un déremboursement qui ne dit pas son nom"... et tacle au passage le Haut Commissaire Martin Hirsch... "Voilà un homme, dit-il, qui, un jour, sur France Inter, dit qu'il est contre la franchise, et que pour le convaincre il faudra travailler dur... et qui, le lendemain, après un coup de fil de Roselyne Bachelot, se dit tout à fait rassuré"... Le docteur Lehmann est, avec Martin Winckler et Philippe Sopena, un ancien responsable du syndicat de médecins MG-France, à l'origine d'une pétition contre la franchise... pétition publiée ce matin dans L'Huma, qui nous dit qu'elle a déjà recueilli plus de 40.000 signatures... A part ça, la presse relève que le Président Nicolas Sarkozy va connaître son premier baptême du feu international au Sommet du G8, sur les bords de la Baltique allemande... et que, décidément, il fait le forcing pour Ingrid Betancourt... Mais cet engagement de la France dans l'affaire des otages en Colombie commence à susciter quelques froncements de sourcils... Vous savez que le leader des FARC, à peine libéré, Rodrigo Granda, refuse de jouer le rôle d'émissaire que voulaient lui assigner Paris et Bogotà... Et ce matin, Jacques Guyon, dans La Charente Libre, pose un certain nombre de questions qui fâchent... "D'abord, qui en France, dit-il, connaissait Rodrigo Granda avant que la Colombie ne le libère ?... On nous le présente comme le ministre des Affaires étrangères des FARC... Chacun pourra apprécier, dit Guyon, ce titre, pour un responsable d'un groupe plus mafieux que révolutionnaire... Certes, poursuit-il, on peut se féliciter de voir Nicolas Sarkozy prendre le dossier Betancourt à bras-le-corps... Mais la manière a de quoi étonner, et inquiéter... Cette publicité donnée à des tractations entre chefs d'Etat, alors que la règle, dans ce genre d'affaire, est toujours celle de la discrétion, et le plus souvent du secret-défense... Comment aujourd'hui se féliciter de voir un chef d'Etat remercié par un autre pour avoir cédé à un chantage ?... Comment peut-on, conclut Jacques Guyon, prôner la fermeté absolue, la tolérance zéro, donner des leçons à la terre entière, et se livrer à un tel marchandage en place publique ?"... Vos journaux, ce matin, saluent l'intérêt du film sur Jacques Vergès, "L'Avocat de la terreur", qui sort ce mercredi dans les salles... film de Barbet Schroeder, qui a notamment retrouvé des terroristes d'une autre époque : l'Iranien Anis Naccache et l'Allemande Magdalena Kopp... Dans Libération, Philippe Azoury écrit que "Jacques Vergès est le meilleur personnage de fiction que la réalité nous ait offert... le salaud idéal, incompréhensible aux yeux du monde... et évidement, par delà le Bien et le Mal"... Dans Le Figaro, Dominique Borde évoque "ce Machiavel ou ce Narcisse, qui se contemple dans le miroir... et conclut à un exercice de haute voltige et à une odieuse et fascinante démonstration de trampoline"... "Auriez-vous défendu Hitler ?", demande le cinéaste à sa vedette, objet et sujet du film... "Je défendrais même Bush", répond Jacques Vergès, jamais à court d'une pirouette ou d'une provocation... Dans Le Monde daté de ce mercredi, l'historien Michel Dreyfus regrette que le film n'évoque guère la piste antisémite pour comprendre Vergès... c'est-à-dire ce moment des années 70 où, au nom de la haine contre la colonisation, une certaine extrême-gauche a rencontré l'extrême-droite... Le défenseur de Klaus Barbie était payé par un banquier nazi et antisémite, le Suisse François Genoud... C'était le moment où des rouges très rouges rencontraient des bruns très bruns... Allez... On respire un peu... avec une grande bouffée de rock'n'roll ce soir à Bercy... avec le retour des Who... ou du moins ce qu'il en reste, c'est-à-dire les deux leaders survivants : Pete Townshend et Roger Daltrey... "arthrose et engueulades incluses", précise Libé, qui nous dit que Pete Townshend continue à mouliner sa guitare... même s'il est devenu à moitié sourd... non pas à cause de ses 62 ans, mais à cause des expériences pyrotechniques du défunt et regretté Keith Moon, qui mettait des explosifs dans les fûts de sa batterie... Bon mais puisqu'on parle de ma génération... "talking about my ge...ge...ge...generation"... sachez que le rock d'aujourd'hui, il se produit ce soir non pas à Bercy, mais à Pigalle pour les Parisiens... C'est Blonde Redhead... Et Libé ne les a pas loupés non plus... Il salue ce trio basé à New York, avec une chanteuse d'origine japonaise et deux jumeaux italiens... Blonde Redhead, c'est le rock d'aujourd'hui... et c'est à l'Elysée Montmartre... Bonne journée...

Patrick BOYER

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