On commence, ce matin, avec une pensée à tous ceux qui profitent du vendredi pour ranger leur bureau... C'est Le Nouvel Economiste qui, cette semaine, se fend d'une "ode au désordre"... où l'on nous explique que trop d'organisation nuit à l'innovation... "La rigidité des grandes structures les empêche souvent de se réinventer, de participer aux nouveaux marchés en ébullition"... Pour innover, explique un spécialiste, et donc entreprendre, il faut avoir droit à l'erreur... C'est du désordre, explique Le Nouvel Economique, qu'est née, par exemple, la découverte de la péniciline ou celle des plastiques conducteurs... Le problème, note l'hebdomadaire, c'est que le désordre ne s'enseigne pas vraiment en France... Dès la maternelle, l'esprit cartésien est inculqué aux élèves... Jusque dans les études supérieures, l'aptitude à transgresser les règles n'est pas insufflée... Une culture de la norme qui, du coup, ignore la phase "essai-erreur", où l'on ne fait qu'améliorer les domaines d'excellence mais où l'on ne crée pas de nouvelles filières... Vive le désordre... Le désordre des chiffres du chômage... "Le chômage au plus bas depuis 25 ans", se réjouit Le Figaro... Le taux de chômage est descendu à 7,2% au premier trimestre, et le taux d'emploi a regagné un point en un an... De très bonnes statistiques donc... qui tiennent de la surprise, notent plusieurs commentateurs... Surprise, parce que "la situation économique est molle... parce qu'il n'existe pas un boom de la création d'emplois", écrit Hervé Chabaud, dans L'Union... "La première raison de la bonne tenue des statistiques est mécanique, et relève de la démographie... La population active croît moins vite, tandis que les départs à la retraite s'accélèrent... Reste qu'en matière d'emploi, la France est toujours loin d'être le meilleur élève de l'Europe"... De bons chiffres donc... Et pourtant très peu de grands titres, s'étonne Michel Richard dans Le Midi Libre... "Comme s'il allait de soi que le chômage baisse, et que le problème de l'emploi ne soit plus l'élément le plus destructeur de la vie sociale... Serions-nous donc devenus un triste peuple, incapable de se réjouir d'une bonne nouvelle ?"... Peut-être est-ce plutôt la nouvelle qui est sujette à caution... Certes, ces bons chiffres, c'est une embellie... Le Parisien-Aujourd'hui en France en cherche les raisons, et confirme : "oui, la baisse du chômage est historique... Il faut remonter à 1983 pour retrouver un taux de chômage aussi bas"... "Mais oui encore, la démographie explique ce reflux... Et oui toujours, la précarité gagne du terrain... Aujourd'hui par exemple, une personne qui effectue trois heures de soutien scolaire par semaine sort des statistiques du chômage... En 1983, ce type de petit boulot n'était pas comptabilisé"... Parce que derrière les chiffres, il y a d'autres chiffres... C'est ce qui fait dire à Gaëtan de Capèle, dans Le Figaro, que "si le chômage est sur la bonne voie, mieux vaut se garder de tout triomphalisme"... Bernard Revel, dans L'Indépendant du Midi, retient, lui, qu'"en 2000, il fallait créer 300.000 emplois pour que le chômage baisse, et qu'aujourd'hui il commence à baisser à partir de 60.000 emplois créés"... Les Echos constate que "le nombre de personnes à la périphérie du chômage s'est légèrement accru"... Et du coup, cela relativise les 7,2% de la population active au chômage... 7,2%, ça fait un peu moins de 2 millions de chômeurs"... Mais si l'on compte l'ensemble des personnes à la périphérie du chômage, pour Les Echos, cela fait 2 millions 640.000 personnes"... Un chiffre auquel il faut ajouter cette précision de La Tribune : "4,4% des personnes ayant un emploi sont en situation de sous-emploi, soit 1 million 180.000 salariés"... Des chiffres qui permettent à André Schlecht, dans L'Alsace, de faire une analogie entre le marché du travail et le bilan des accidents de la route... "On se félicite de la baisse salutaire du nombre des tués, mais on omet souvent de voir que celui des blessés a augmenté, et que parmi ces derniers, certains garderont des séquelles pour le restant de leurs jours... Le recul du chômage aussi est salutaire... Mais en dépit d'un emploi, beaucoup d'individus et de familles restent en grandes difficultés"... L'emploi, ce matin, dans les journaux, c'est également, en Une de L'Humanité, ce dossier... "Renault et la mondialisation : l'argumentaire secret réservé aux cadres"... L'Huma publie un guide destiné à la hiérarchie de Renault, et qui conseille différents chantages pour faire baisser les coûts salariaux et réduire l'emploi... "Le chantage à l'emploi comme outil de gestion", résume donc le journal... un outil de gestion banal, pour imposer des sacrifices aux salariés... Sauf que ça marche de moins en moins... C'est du moins ce que dit un délégué syndical CGT de Renault... Il explique que depuis la grève sur les salaires en Roumanie, les mentalités ont changé... "Cette grève a cassé le discours de la direction disant que dans les pays de l'Est, les gens étaient prêts à tout accepter pour avoir un travail... Le conflit a cassé l'image d'un inéluctable moins-disant social à l'échelle de la planète"... Un peu de désordre pour remettre un peu d'ordre... Le désordre de la justice... Où l'on reparle du mariage annulé de Lille... Cette affaire choque 73% des Français... un sondage OpinionWay pour Le Figaro, ce matin... Et là, nous n'allons pas refaire le débat... juste vous en conseiller la synthèse qu'en fait le site MédiaPart... et puis aussi le dossier du Nouvel Observateur, cette semaine... Isabelle Monnin a rencontré la jeune femme... Quelque part en région parisienne, elle fait le dos rond, écrit la journaliste... Cette jeune infirmière lui confie : "Entendre tout le monde parler de moi, c'est très difficile... Depuis le début, je subis toute cette histoire... Je voudrais juste pouvoir vivre ma vie tranquillement"... Ce mariage civil remonte au 8 juillet 2006... Et c'est après un an de statu-quo qu'elle a consenti à l'annulation... Mais, dit-elle, le motif de cette annulation reste une meurtrissure... même si, depuis l'annulation en avril dernier, elle avoue revivre... Et la journaliste du Nouvel Observateur conclut que certes, son ex-mari s'est estimé trompé parce qu'il la croyait chaste et pure... mais elle aussi, elle s'était trompée : elle pensait qu'il était un homme gentil et intelligent... A signaler également, ce matin, dans vos journaux... Dans Nice Matin... "Estrosi fait planer la menace sur les allocs aux parents de délinquants"... Le député-maire de Nice veut mettre en oeuvre le contrat de responsabilité parentale... une annonce qui fait suite au pillage d'une école maternelle le week-end dernier à Nice... Parmi les auteurs présumés du délit : plusieurs mineurs... Si leurs parents n'acceptent pas de signer ce contrat, le versement de leurs allocations familiales pourrait être suspendu... On vous en a parlé dans les journaux de France Inter ce matin... Vous pouvez lire, dans Le Figaro, la première interview de Jacques Chirac depuis qu'il est retraité... L'ancien Président de la République dévoile les objectifs de sa Fondation pour le dialogue des cultures, qui sera lancée lundi... Il affirme aussi qu'il n'a pas "vocation à critiquer son successeur"... En début de semaine, beaucoup de journaux espéraient énormément du Sommet de la FAO... Hier à Rome, cette réunion de chefs d'Etat s'est refermée... Et Libération constate : "Au Sommet de la FAO, une déclaration finale loin de l'urgence alimentaire"... Les Echos fustigent "l'impuissance de la communauté internationale"... Et Ouest-France confirme : "Un Sommet décevant"... "et le mot est faible", écrit Joseph Limagne... "On a assisté, à Rome, à des empoignades fort éloignées de l'enjeu... Contre le pot de fer des gros intérêts financiers, le pot de terre de la petite agriculture nourricière ne peut que se briser"... Et l'éditorialiste de Ouest-France rappelle cette phrase de Louis Michel, le Commissaire européen au Développement : "L'insécurité alimentaire mènera tôt ou tard à l'insécurité tout court"... Allez, pour finir... un regard sur "le jour J pour Monfils"... C'est ce que proclame L'Equipe en Une, ce matin... "Il a débarqué par surprise dans les demi-finales de Roland-Garros, et il s'attaque au n° 1 mondial, le suisse Roger Federer"...

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