quelque 2,4 millions de syriens ont fui leur pays
quelque 2,4 millions de syriens ont fui leur pays © reuters

Bien sûr il y a les affaires à droite, bien sûr, il y a l'Ukraine... Mais dans la presse, ce matin, il y a surtout ceci, deux pages rédigées la plume au plus profond de la plaie et signées Annick Cojean dans Le Monde .

Ça se passe en Syrie. Description d'un centre de torture. Je vous épargne beaucoup de détails. Mais on ne peut pas non plus complètement détourner le regard. Alors, une seule image tirée de ce récit d'une jeune fille de 18 ans et qui a survécu aux sévices qu’elle a subi. On la fait descendre dans un sous-sol grouillant de prisonniers, on la fait entrer dans un pneu qu'on fait rouler et elle assiste à une condamnation à mort par rat. Un rat dans la bouche du condamné, puis on lui coud les lèvres.

La plus grande partie de l'article est consacrée au viol en Syrie , une arme utilisée par le régime contre ses opposants dès le printemps 2011.

« Crime fondé, écrit Annick Cojean sur l'un des tabous les mieux ancrés dans la société syrienne, fondé sur le silence des victimes, convaincues de risquer le rejet de leur famille.

Crime qui anéantit les femmes, détruit les familles, disloque les communautés.

Crime que les hordes de réfugiés fuyant la Syrie pour les pays alentours désignent comme la cause principale de leur départ. »

La journaliste a recueilli les témoignages à Amman en Jordanie. Cette étudiante, par exemple : "Le monde se préoccupe des armes chimiques ; mais pour nous syriennes, le viol est pire que la mort"

L'urgence humanitaire en Syrie, une image la résume dans Paris Match . Le nom du photographe n'est pas donné. C'était le 31 janvier à Yarmouk au sud de Damas. Une rue réduite à un goulet d'étranglement, entre carcasses grises de bâtiments et débris en tous genres. Des centaines de personnes massées comme autant de spectres semblent venir se coller à l'objectif du photographe. C'est une distribution alimentaire. L'assistance humanitaire a été interdite par le régime syrien quelques jours plus tard à Yarmouk.

En Ukraine, on se bat pour un drapeau

washington appelle moscou à soutenir une mission de l’osce en ukraine
washington appelle moscou à soutenir une mission de l’osce en ukraine © reuters

Bagarres, tensions, intimidations, terrain gagné et perdu mètre par mètre. Cela peut exploser à chaque instant. Benoit Hoquin dans Le Monde et Adrien Jaulmes dans Le Figaro racontent cette bataille à Donetsk.

Il y a quelques jours, je vous parlais de cette ville de l'Est où l'on ne voyait quasiment plus que le drapeau russe.

He bien le drapeau jaune et bleu ukrainien a fait son retour mardi. D'abord autour de la taille d'une jeune fille, venue braver les pro-russes devant le palais du gouverneur qu'ils occupent.

Des gros bras l'ont vite chassée mais la bannière a ressurgi ailleurs, devant l'université de la ville. Un des chanteurs les plus populaires du pays pro-européen y tenait meeting. 1000 personnes pour l'écouter dans l’amphithéâtre de 500 places. "Depuis 23 ans que l'Ukraine est indépendante, les gens veulent toujours la même chose : une vie normale mais ils se font voler cette espérance simple"

Le drapeau jaune et bleu encore lors d'une manifestation le soir, encadré par les ultras du club de foot local, le Chaktar Donestk.

Mais c'est bien dans le palais du gouverneur que se déroule l'essentiel de la bataille. Tantôt les uns tantôt les autres s'en emparent. Au milieu : des policiers perdus, qui ne savent plus qui incarne le pouvoir légitime.

Parole d'un mineur à la retraite, pro-russe : « Au lieu d'une prothèse dentaire, je suis allé m'acheter un pistolet et un permis de port d'arme »

Tensions à Donetsk, apaisement à Kharkiv. Le point de cristallisation dans cette autre ville de l’Est, c'était la statue de Lénine. Les pro-européens voulaient faire tomber comme à Kiev. Les deux camps en sont venus aux mains. Mais selon La Croix , les manifestants des deux bords ont accepté de rentrer chez eux pour ne pas servir de prétexte à une intervention russe. Autour de la statue, quelques drapeaux russes, ukrainiens et un une bannière rouge avec cette inscription : URSS 2.0

En France la droite dans une situation épineuse

Le Buisson, monsieur, le Buisson ! Si vous voulez de l'édito fâché et consterné à propos de ce dictaphone planqué dans une veste, en voici en voilà.

Edito du Monde , titre « Marine le Pen peut se frotter les mains », Michel Urvoy dans Ouest France , « un mauvais coup de plus pour la démocratie (…) on n'en peut plus de ces affaires à répétition. »

l'enregistrement réalisé par patrick buisson d'une réunion à l'élysée est authentique
l'enregistrement réalisé par patrick buisson d'une réunion à l'élysée est authentique © reuters

Alain Dusart dans L'Est Républicain , sur Patrick Buisson : « Petit milicien rompu dans l'art du baiser de Judas. Nicolas Sarkozy est doublement victime. De Patrick Buisson mais aussi de lui-même. Personne sinon lui n'a gonflé d'une telle importance ce mauvais génie démoniaque. »

Eric Decouty, Libération : Patrick Buisson et son dictaphone "symbole des meurs en vigueur à l'époque à l'Elysée. Un pouvoir laissé durant cinq ans entre les mains d'un clan dont les principaux membres sont désormais impliqués dans une kyrielle de scandales. »

Jean-Louis Hervois, La Charente Libre : « Encore groggy après le numéro de magicien de foire de Jean François Copé lundi, l'UMP affronte une tempête force 9. Il n'y a plus que le crâne de Juppé pour émerger de cette pluie de casseroles. »

Réaction de Nicolas Sarkozy ? "Ulcéré mais il se donne le temps de la réflexion avant d'envisager une action judiciaire" dit un proche dans Le Figaro .

Comment les enregistrements ont-ils fuité ? L'hypothèse d'une vengeance d'ordre privée contre Patrick Buisson revient dans les articles, notamment dans L'Opinion et Marianne en kiosque demain. A la Une de l'hebdomadaire : « Ils osent tout, c'est même à ça qu'on les reconnait. »

Quoi d'autre dans la presse ?

Un Paris Match spécial première dame, présente, future ou ex. Julie Gayet en couverture, la chronique de Valérie Trierweiler et interview de Carla Bruni.

Une Marie-Claire avril 2014 Vincent Cassel
Une Marie-Claire avril 2014 Vincent Cassel © Radio France

Des hommes en revanche aux commandes de Marie Claire et même en couverture. C'est une première pour le mensuel féminin qui fête ses 60 ans. Vincent Cassel à la Une.

Le petit bug de L'Humanité . La dernière page est exactement la même qu'hier. A la Une « Pacte de responsabilité, la farce tranquille». Tête de Pierre Gattaz, hilare.

Le Pape a désormais un hebdomadaire qui lui est entièrement consacré et tiré à 500.000 exemplaires. C’est en Italie, Il mio papa , publié par le groupe Mondadori, qui édite Closer en France.

Enfin, depuis combien de temps n’a-t-on pas vu une Une consacré à l’équipe de France de football avec ce titre « Ces bleus sont bons ! ». C’est la première page de Metro News.

« Il se passe un truc » confirme L’Equipe après la victoire de l’équipe de France 2/0 face aux Pays-Bas hier soir en amical au stade de France. Diagnostic de Vincent Duluc, le spécialiste des Bleus au quotidien sportif : « « Les Bleus sont une jeune équipe qui grandit, qui se révèle progressivement à elle-même et qui semble désormais traversée par une confiance et une légèreté qui lui vont remarquablement au teint (…) On ne cherchera à faire croire à personne qu’il s’est agi du match du siècle, tant la seconde période fut soporifique (…) (mais) quatre ans après (la coupe du monde en Afrique du Sud), le changement est énorme »

A demain !

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