Germain Louvet danseur étoile et militant par force, portrait à l’âge des possibles d’une incarnation de la génération fluide, le Monde. Une philosophe veut libérer les seins des contraintes ancestrales, Cheek Magazine. Giulia Fois se souvient d’un viol impuni, et du garçon de café qui la sauva en nommant le crime.

On parle de corps ce matin.

Des corps entremêlés nus sur la couverture d'un magazine élégant, qui invitent à la dureté du plaisir des corps jeunes et parfaits, est-ce un cliché, mais leur regard est grave et en ouvrant le journal on me parlera d'amour et de combat aussi parce que les corps exigent, c'est dans Têtu paru cette semaine, édition de printemps d'un grand journal homosexuel, dont l'éditorial s'intitule je veux.

"Je veux qu'on apprenne à baiser à l'école. Je veux qu'on apprenne aux lycéens à mettre une capote, à choisir son lubrifiant, à faire un lavement, à bien penser à se faire dépister tous les trois à six mois. Je veux qu’on apprenne aux garçons ce qu’est le consentement.  Je veux qu’on apprenne aux jeunes hétéros qu’ils ne valent pas mieux que nous. Je veux que le ministre de l’Éducation nationale n’abandonne pas à Netflix le soin d’éditer des manuels sur la sexualité. Je veux que notre éducation sexuelle se fasse ailleurs que devant des pornos ou sur les forums de Doctissimo..."

Et cela continue comme un programme radical et tout simple, si le sexe fait partie de la vie... Et dans un journal historique des communautés gays, je lis aussi une enquête d'une beauté apaisée, sur les vieux couples homos, dont les corps ont perdu la perfection, l'ont -ils jamais eu, et qui racontent les changements du désirs qui s'adapte au corps changeant, “On a pris pas mal de poids. Mais moi j’aime qu’il ait grossi. Il est mieux charpenté, et son cul est plus sympa"

J'eusse aimé qu'Olaf et Jacques, 47 et 73 ans,  tout en rondeurs et en regard fassent la Une, tant ils resplendissent et ont maitrisé le temps depuis les envolées de leur rencontre à Majorque,  en dépit d’une opération de la prostate et des prothèses aux genoux…

Et ramener l'homosexualité à l'éternité de l'amour que lave le temps semble un programme révolutionnaire.

Dans le magazine du Monde, déjà sur internet, un jeune homme qui possède lis-je une beauté athlétique et insolente, a expérimenté la révolte. Il est Germain Louvet, 26 ans, danseur étoile à l'opéra de Paris  et meneur pendnat 45 jours d'une grève contre la réforme des retraites, il avance sur tous les fronts dans les ambiguïtés de son âge, parfois monnayant son talent sur des scènes étrangères ou défilant comme mannequin, parfois manifestant pour le climat, les femmes, contre l'islamophobie, balbutiant des incompatibles apparents... Il se raconte à la fois timide qui a eu du mal dire homo devant ses parents, et tranquille aussi bien, il était chez lu en Saône -et -loire  un enfant pas très genré dit il, j'aimais mettre des robes  et jouer aux barbues, il avait choisi la danse a quatre ans comme une évidence et laissait glisser les quolibets des garçons, elle fut son évidence, "je ne me souviens pas d'une seule fois où je suis allé danser à reculons, je l'ai toujours vécue comme un acte joyeux" et le voici donc dans ce qui est encore l'âge de tous les possibles, incarnant les fluidités d’une génération, contrainte à la politique, et commençant à tatonner les limites? Des blessures l'ont fait réfléchir, « je n'ai plus la même récupération qu'à 20 ans, je ne suis pas invicible, mon corps a une date de péremption."

En ce jour où nous sommes à France inter « toutes féministes », il y a dans ces homosexuels combattants comme une parenté avec la lutte des femmes, qui elles ne sont pas une minorité mais confrontées à la dialectique du militantisme et de la fluidité... Des combats de tous et de ce qu'on doit à soi-même... Et cela passe par les corps.

Et une philosophe veut libérer les seins...

Et explique pourquoi dans dans Cheek magazine qui sur internet appartient aux avant-gardes féministes, elle s'appelle Camille Froidevaux mettrie et publie un livre de réflexion et de photos de seins de toutes formes tailles et âge, et plaide pour eux, les seins, soumis à tant d’impératifs culturels, enserrés de soutien-gorges,  que l'on veut nourriciers mais qui procurent le plaisir, qui sont absents de la réflexion et du militantisme..;

Et cette réflexion pointue  témoigne des directions diverses que prennent les conquêtes féministes, pas seulement la défense des droits, mais l'appropriation d'un destin, d'un langage. J’apprends par cheek aussi qu'un journal se monte qui s'appellera Gaze, qui voudra illsurer les regards féminins. J'apprends dans le magazine des Echos  que la cinéaste Jodie Foster veut rendre vie et justice dans un documentaire qu'elle produit et dont elle est la narratrice à Alice Guy Blaché, qui fut réalisatrice aux premiers temps du cinélma, dont le nom disparut, qui n'avait pas confiance en elle mais osa tourner avec un casting d'acteurs noirs, ou réaliser un film sur l'avortement...

Pour l'Humanité ,  le féminisme est un avenir de la gauche, et le journal communiste célèbre les féministes écolos, féministes anticapitaliste... une philosophe Stephanie Roza, s'inquiète de ces féministes , pour qui la race, l'origine, prime le genre. Elle en appelle à Jaurès et aux lumières. Aurait-il embrassé Jaurès tous nos combats de l'heure.

A côté, il y a ce qui ne passe pas et les récits glaçants de violences dont on ne se défait pas et de quelques justes qui rachètent l'humanité..

Et on parle d'un garçon de café pour finir...

Qui tend une main à une jeune femme qu’un homme vient d'agresser et de violer sur un parking à Avignon, elle est aveuglée par la lacrymo avec laquelle son agresseur l'a aspergée, Richard, c'est le nom du serveur demande à la jeune femme: "Qu'est ce qu'on t 'a fait, est ce que tu as été violée"; Et vingt ans après, Giulia Fois dit que par ses mots, Richard a tout changé pour elle.  "je n’ai plus eu qu’à dire oui. Je n’ai pas eu à produire le mot « viol ». Je n’ai pas eu à faire l’effort de comprendre ce qui s’était réellement passé. Je n’ai eu qu’à me laisser guider. Ça change tout parce qu’après, c’est très compliqué de rétropédaler et de repartir dans le déni."

Elle raconte cela sur le site de l'Obs, Giulia fois, qui est une des incarnations de cette antenne, pour son émission "Pas son genre" qui explore toutes les facettes des combats actuels,  elle sera tout à l'heure l'invitée du 13 heures... et dans ce livre elle raconte ce viol dont l'auteur fut finalement acquitté, il présentait triop bien, et elle au procès était trop forte trop solide, elle ne pleurait pas.

Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.