Un anniversaire... Enfin, non... Comment dit-on ?... Un semestri-versaire... un six-moisi-versaire... Enfin bon... Peu importe le mot... Il ne change rien à la chose... Cela fait six mois que Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République... Et les éditorialistes, ce matin, sont nombreux à pointer cette date... Hervé Chabaud, dans L'Union, rédige le bulletin semestriel... "Un Président volontaire, déterminé, présent à la France, et en première ligne sur tous les sujets difficiles... En six mois, Nicolas Sarkozy a révolutionné le style présidentiel, modernisé la fonction par l'action... Il a réussi à être omniprésent sur la scène intérieure, a sorti l'Europe de l'immobilisme, et s'est imposé sur l'échiquier international"... Le constat est unanimement partagé... Mais une fois acté... Pierre Taribo pose la question : "Faut-il se pâmer devant ce bilan ?"... "Il ne comporte pas que des succès... Les citoyens s'aperçoivent que leur quotidien n'a guère changé... Au final, Nicolas Sarkozy n'est ni dans l'état de grâce, ni dans celui de disgrâce... Il bénéficie encore d'une confiance appréciable... L'homme pressé de l'Elysée a encore de la marge devant lui... Mais pour tenir à ce niveau, il lui faudra des résultats... Et là, l'omniprésence ne suffira pas"... "Six mois après son élection, l'hyper-Président connaît encore un état de grâce dans les sondages"... Dans Le Midi Libre, Michel Noblecourt n'est pas loin d'en être surpris... "Même son divorce ou la hausse de 140% de son salaire n'ont pas troublé l'opinion... Sarkozy joue l'ouverture et la réforme avec des doigts d'or... Mais gare !, prévient l'éditorialiste : le prochain semestre n'aura rien d'un long fleuve tranquille"... Le style Sarkozy, Pierre Fréhel, dans Le Républicain Lorrain, le qualifie d'un mot : "Bouger"... "Le cycliste qu'il est sait bien qu'il faut avancer pour ne pas tomber... Et pour l'instant, ce Président suractif séduit toujours... Les sondages le montrent... Mais peut-être, poursuit Fréhel, les Français s'amusent-ils de cette valse sans fin, parce qu'ils sont persuadés qu'ils imposeront leur temps au chef de l'Etat... On peut appeler ça du sursis"... "Six mois à l'Elysée : l'heure de vérité pour le Président"... Le Parisien-Aujourd'hui en France consacre deux pages à cette demi-bougie... Pour le journal, le Président est "à la recherche d'un second souffle"... Et Béatrice Houchard analyse, elle aussi, le crédit toujours élevé de Nicolas Sarkozy dans les sondages... "Les Français veulent y croire... Ils veulent que ça marche... Reste que, tout le monde le reconnaît : la période est brouillée, et qu'il faudrait bien que le Président lui-même vienne faire un bilan de ses six premiers mois de Présidence, et expliquer à tous quel est le cap à suivre"... Alors le cap présidentiel, aujourd'hui, il est mis sur les Etats-Unis... "France et Etats-Unis : changement climatique", annonce La Croix... qui rappelle que "Nicolas Sarkozy arrive aujourd'hui à Washington, pour une visite qui vise à consacrer les retrouvailles entre la France et les Etats-Unis, après la crise de 2003"... "Sarkozy, caution de la faillite de Bush", affirme L'Humanité... Selon le journal, "le chef de l'Etat vient officialiser son allégeance dans un discours au Congrès"... Que nenni, répond Le Figaro... "Sarkozy à Washington, pour une amitié sans allégeance", titre le journal... Et pour Pierre Rousselin, l'éditorialiste, "c'est le bon moment... Depuis que Gordon Brown a remplacé Tony Blair, Londres n'est plus le partenaire privilégié de la Maison Blanche... Angela Merkel, qui sera vendredi à Washington, voit sa diplomatie entravée par sa cohabitation avec les sociaux-démocrates... Nicolas Sarkozy a donc un coup à jouer... Il lui reste à présenter à Washington une version modernisée et sans complexe d'une diplomatie à la française"... Oui, c'est le bon moment... "Sarkozy, le sauveur, l'ami américain"... Le titre est un brin moqueur, un brin envieux... Il est signé du Guardian, ce matin... Et puis oui, c'est le bon moment... A la lecture de La Croix ce matin, on s'aperçoit que la classe politique américaine s'est entichée de Nicolas Sarkozy... "Le Président français s'est fait un nom aux Etats-Unis"... Et parmi les sarkophiles... l'ancien maire de New York, Rudy Giuliani... Gilles Biassette, dans La Croix, explique qu'en fait, "Rudy Giuliani veut être le Sarko américain... Il veut trouver les mots pour incarner le changement, tout en étant issu du parti au pouvoir... Et puis comme lui, il est petit et énergique, ferme en matière de sécurité, libéral sur le plan économique... Les mauvaises langues ajoutent aussi à la liste de leurs points communs une vie conjugale agitée... Rudy Giuliani en est à son troisième mariage, et ses divorces ont fait les choux gras de la presse new-yorkaise"... Dans La Tribune, ce matin... les espoirs des entreprises françaises... Pour elles, "Sarkozy part convaincre les Américains de miser sur la France"... des entreprises françaises déjà bien présentes... La Tribune note que "le délabrement des infrastructures est une opportunité pour les sociétés françaises... Ainsi Veolia, la première société de transports publics urbains des Etats-Unis... Cofiroute exploite l'autoroute 91 en Californie... Et Suez va fournir 90% de l'électricité de Dallas dès l'an prochain"... Et sur le chemin de l'Amérique... escale au Guilvinec... "Les pêcheurs lancent un SOS"... C'est Paris-Normandie qui titre ainsi ce matin, et constate que la colère monte sur les quais, et que le mouvement de protestation des pêcheurs est lancé... "Les pêcheurs en panne sèche"... Là, c'est La Montagne qui explique que, face à la hausse des prix du gazole, les pêcheurs ont perturbé les accès des ports bretons... Alors donc, "Sarkozy à la rencontre des pêcheurs en colère"... C'est la Une de Ouest-France... Le quotidien note que c'est en fait "la pêche française qui est dans la nasse du carburant cher"... Et Paul Burel s'interroge : "Les ports bretons sont-ils voués, les uns après les autres, à dépérir ?... La pêche française est-elle condamnée à naviguer de crise en crise ?... En serrant de plus en plus fortement le garrot sur le cou d'une profession déboussolée, la contrainte pétrolière va bien forcer les acteurs à un devoir de lucidité... Il appartient à Nicolas Sarkozy de dire clairement si oui ou non cette filière a un avenir... Mais les professionnels doivent aussi balayer devant leurs bateaux... On ne peut pas, après chaque crise, repartir comme si de rien n'était... Décidément, conclut l'éditorialiste de Ouest-France, le pétrole, marqueur impitoyable de notre imprévoyance collective, n'a pas fini de bousculer nos habitudes... nos certitudes"... Et puis ce matin, vos journaux parlent des journaux... Enfin, d'un journal... un journal absent des kiosques... Les Echos... Le Figaro explique : "LVMH prend le contrôle des Echos"... "Après plus de quatre mois d'opposition féroce de la part des salariés, le groupe britannique Pearson a vendu le journal pour 240 millions d'euros au groupe de luxe LVMH"... Et c'est donc pour protester contre cette vente hier soir que les journalistes ont voté la non-parution de leur quotidien... "Les Echos pris dans le sac de LVMH", titre Libération... qui explique les raisons de cette grève... "Les activités de Bernard Arnault, le PDG de LVMH, sont multiples... et elles sont au coeur du travail d'un journal économique... La rédaction des Echos craint donc les conflits d'intérêts... D'ailleurs, hier après-midi, les journalistes manifestaient, avec des banderoles où l'on pouvait lire : "Monsieur Arnault, l'indépendance, ce n'est pas du luxe"... Alors, pour obtenir le feu vert de Bercy au rachat des Echos, le patron de LVMH doit vendre au plus vite La Tribune, dont il est l'actuel propriétaire... Alors bien sûr, dans La Tribune, vous lirez les questions que se pose la rédaction de cet autre quotidien économique... "Le sort de La Tribune devrait être fixé jeudi"... Reste que la presse française étonne nos voisins européens... Ainsi, en Allemagne, Die Welt titre sur le rachat des Echos par Bernard Arnault... "L'acquisition à la française d'un journal"... Et puis sur le sujet, vous pouvez lire, dans Le Monde, un entretien avec Jean-Michel Dumay... Journaliste du Monde, il est également le président du Forum des sociétés de journalistes... Pour lui, LVMH qui rachète Les Echos et vend La Tribune, c'est "la caricature ultime d'un système à bout de souffle"... Et il s'étonne qu'aucun politique ne réagisse au fait que le principal quotidien économique tombe dans les mains de la plus grande fortune de France, laquelle va maintenant choisir le propriétaire de son futur concurrent... Jean-Michel Dumay qui réclame un Grenelle de la Presse... Et sinon dans les journaux, ce matin... Une interview du ministre tchadien de l'Intérieur... C'est à lire dans Le Parisien-Aujourd'hui en France... Bien sûr, c'est à mettre dans le dossier de l'Arche de Zoé... Et il est très clair, le ministre tchadien : "Un procès en France des membres de l'association serait pour nous une insulte"... En Une de Libération : "Bébés, vos papiers !"... Dans son enquête, Libération note que les procédures d'expulsion frappent de plus en plus de sans-papiers avec de très jeunes enfants... Et le journal s'insurge : "Un nourrisson vient de passer deux jours dans un centre de rétention en Bretagne"... Dans Le Figaro, vous découvrirez un reportage en Chine, autour du gigantesque barrage des Trois Gorges... un barrage qui déplace plus de 5 millions de Chinois... Mais le Yangtsé n'est toujours pas dompté pour autant... Et puis pour finir, dans vos journaux ce matin, beaucoup de questions autour de la médecine... Dans Le Monde, un gros plan sur le coût des médicaments et la France des records... Le Figaro note que les visiteurs médicaux sont épinglés par l'IGAS... Pour Libération : "Les docteurs harcelés par les labos"... Et puis, pour Le Parisien-Aujourd'hui en France : de la science-fiction médicale en Une... "Bientôt un corps 100% réparable"... C'est "la révolution des organes artificiels"... Le journal liste pêle-mêle : oeil électronique, implant auditif invisible, bras, squelette... La technologie révolutionne la recherche médicale... Alors oui, "l'homme bionique, c'est pour demain", s'enthousiasme Le Parisien...

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