8H30 l’heure de la revue de presse, bonjour hélène jouan

On commence par l’affaire des « prêts toxiques » de la Banque BNP Paribas, avec un témoignage inédit dans la presse ce matin

Elle s’appelle Nathalie Chevallier, c’est une ancienne directrice d’une filiale de la BNP…et ce qu’elle confie à Libération, après l’avoir dit à une juge car une procédure judiciaire est en cours, est accablant.

Tout commence en 2008, quand après la crise des subprimes, la banque n’arrive plus à écouler ses prêts à taux révisables. Elle imagine alors un nouveau prêt, Helvet Immo, un prêt octroyé en francs suisses mais remboursables en euros. Nathalie Chevallier, chargée d’en établir l’argument commercial émet très vite des réserves. Elle fait tourner son outil de simulation, permettant d’anticiper les évolutions possibles du capital à rembourser selon le taux de change entre franc suisse et euro, et elle se rend compte de la dangerosité du produit. « J’ai dit à ma hiérarchie que j’avais des crashs tests, qu’ils étaient très mauvais, et que je refusais de vendre un tel prêt ». Mais cette hiérarchie ne veut rien entendre, elle l’écarte du groupe de travail. Malgré les mises en garde de la banquière, Helvet Immo est commercialisé à partir de mars 2008… Résultat : 4655 prêts octroyés pour 700 millions d’euros...

Sauf que très vite, les craintes de Nathalie Chevallier vont s’avérer fondées. Témoignages toujours dans Libération de couples, étranglés par la hausse du franc suisse : Benjamin Gomis avait emprunté 140 000 euros en 2008…il lui reste 200 000 à rembourser, soit beaucoup plus que le capital emprunté ! Jérôme Touzé autre détenteur malheureux d’un emprunt qui a flambé accuse : « la bnp a sciemment mis sur le marché un produit explosif. C’est comme vendre une voiture sans les freins ». Après une période où il avait plusieurs fois par jour les yeux rivés sur la variation du taux de change, « ça devenait obsessionnel dit il », il espère aujourd’hui que la procédure engagée contre la BNP aura une issue favorable. Plus d’un millier d’emprunteurs ont déjà porté plainte…la banque est mise en examen pour « pratique commerciale trompeuse », mais continue d’assurer que les risques étaient clairement stipulés aux clients. Une défense que le témoignage de Nathalie Chevallier vient largement ébranler

Tout autre sujet Hélène, le foot est également à la Une de la presse française

Avec évidemment l’affaire Valbuena/Benzema : « tais toi et rame » titre Antoine Placer dans la Voix du Nord. Les dirigeants du foot français n’ont plus qu’à ramer face à cette nouvelle avanie : « 5 ans après la bombe Knysna, la révolte des bleus en pleine coupe du monde, l’équipe de France s’est pris un nouvel uppercut de bas étage avec cette histoire, dit il, l’image des sales gosses vient de refaire surface »

Et c’est cette image d’enfants pourris du foot sur laquelle s’acharne la presse ce matin. Dans un édito au Figaro, Yves Thréard juge « odieux le comportement de certains joueurs. Des garçons sans éducation, sans respect, sans conscience. Sans foi ni loi ». N’en jetez plus ! « Délinquance en col blanc version Fifa poursuit il, ou délinquance de voie publique, version sextape hors des terrains,le football n’est pas beau à voir » accuse t il

Alors en dehors du cas de conscience posé à Didier Deschamps, comment faire cohabiter sur le terrain deux joueurs qui, judiciairement, n’ont plus le droit de se côtoyer « sauf à construire des vestiaires séparés, s’amuse Grégory Schneider dans Libé, des horaires alternés pour les repas et les entrainements et expédier chaque joueur, l’un sur l’aile droite, l’autre sur l’aile gauche », ce que L’Humanité souligne ce matin, c’est le nouveau coup porté par le football d’en haut, au « football d’en bas ». Eric Thomas, président de l’association française de football amateur se lamente » beaucoup de dirigeants bénévoles m’appellent pour me dire qu’ils sont écoeurés, qu’ils vont abandonner. Des jeunes veulent arrêter, des parents ne veulent plus inscrire leurs enfants parce que le foot renvoie une mauvaise image. Le foot amateur est victime de ce qui se passe en haut de la pyramide » conclut il

L’image renvoyée par le haut de la pyramide, c’est aussi le problème de Manuel Valls Hélène

Attaqué de toute part sur le manque d’autorité de l’Etat, Manuel Valls a contre attaqué hier dans une tribune publiée sur son compte Facebook. Le premier ministre y convoque 2 philosophes, Anna Arendt et Hobbes, pas moins pour reconnaitre « un effondrement plus ou moins général, plus ou moins dramatiques de toutes les autorités traditionnelles », tout ça pour expliquer les violences à air France, la fusillade mortelle à Marseille mais aussi les scènes d’émeutes à Moirans. Moirans où il se rend ce matin pour mettre en pratique ce qu’il estime être la juste réponse, à savoir une éthique de comportement consistant en un respect scrupuleux de l’indépendance de la justice. Dans Libération ce matin, le correspondant à grenoble souligne que « l’enquête se poursuit avec le souci de ne procéder à une série d’arrestation qu’une fois des preuves claires réunies ». Aucune donc encore à ce jour. En attendant, le discours sur le laxisme du gouvernement a détrôné au hit parade des candidats Les républicains aux régionales, les inusables diatribes contre les ravages du communautarisme musulman nous raconte Libération.

Autre tribune à retenir :celle de Jacques Delors publiée cet après midi dans le Monde pour voler au secours de Schengen. Alors que les ministres de l’Intérieur, puis les chefs d’état et de gouvernement doivent se retrouver la semaine prochaine, avec de nouveau à l’ordre du jour l’afflux des migrants, l’une des figures tutélaires de l’europe les exhorte à ne pas revenir en arrière, en croyant que les contrôles aux frontières nationales seraient la solution. EN matière de terrorisme comme de migrations dit il, l’union fait la force, la désunion nous désarme. Il faut donc amplifier Schengen conclut il

Et puis, on vote en Birmanie dimanche…les élections les plus libres, malgré quelques réserves, depuis 1990…et tout le monde attend la victoire de la dame de Rangoon, Aung San Suu Kyi. Mais c’est un scrutin qui se déroule sur fond de tensions religieuses et ethniques. Médiapart est parti à la rencontre de ces « voisins de l’intérieur », ces mosaiques d’ethnies qui composent la Birmanie, dont certaines n’ont pas le droit de vote. Des musulmans notamment qui vivent à Sittwe, dans la province pauvre de l’Arakan, sous le régime de l’apartheid et de la ségrégation. « interdits de déplacement raconte Guillaume delacroix, subissant une limitation forcée des naissances et n’ayant plus accès ni aux soins ni à l’éducation ». La Lady de Rangoon a soigneusement évité le sujet pendant toute la campagne, de peur de se mettre à dos les bouddhistes. Des bouddhistes qui représentent 80% de la population, et dont une certaine mouvance a fait campagne contre le risque d’islamisation du pays et pour la préservation de la race birmane nous raconte également L’humanité. Décidément des thèmes de campagne qui traversent bien des pays

On termine hélène par un animal à sauver !

Le taureau de l’Opéra, nouvelle cause des défenseurs des bêtes. C’est le Parisien qui nous raconte l’histoire : « Easy rider n’est pas tout à fait le genre de diva qu’on a l’habitude de voir sur la planches de l’opéra bastille, mais le bovidé de 7 ans a obtenu le rôle du veau d’or pour l’opéra de Schonberg, Moise et Aaron mis en scène par Roméo Castellucci » Alors on voit l’animal à 2 reprises, enfermé dans une cage en verre. « Aucun animal ne devrait être utilisé pour notre divertissement » s’offusquent des pétitionnaires. Ce que je préfère, c’est la défense de son éleveur qui explique que « ça fait des mois qu’on passe l’opéra de Schoenberg à Easy rider, dans son pré, Il est à peine 30 minutes sur scène, alors franchement il est mieux là que les taureaux dans leurs box pendant au salon de l’agriculture » dit il. Schonberg tous les jours, ou l’enfer du défilé des politiques et des enfants porte de Versailles 8 jours par an, quelle est la vie la plus bête ?

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.