On pense réquisitionner une patinoire à Grenoble pour les cercueils du Covid, le Dauphiné. Un réfugié politique tunisien confondu avec un mis en examen pour terrorisme, Nice-Matin. Le Compagnon de la Libération Pierre Simonet se souvenait d'une bouteille de bière tiède dans le désert, à Bir-Hakeim, le Monde.

On parle d’un homme heureux…   Qui comme Ulysse a fait un beau voyage, mais celui-là immobile dans une voiture arrêtée dans un village du Limousin, il prenait des photographies et s’écrivait des lettres qui sont devenues un livre et il est revenu ces jours-ci sur les lieux de son errance immobile... Il se nomme Pascal Nieto, ce sont les journaux du coeur de la France - la Montagne et ses cousins, qui lui consacrent deux pages dans une rubrique bien nommée, la belle histoire. 

Celle de Pascal se passe dans un Ducato Angel vert, un véhicule 4X4 dans lequel il était monté au début de l'année avec un chien labrador de 40 kilos nommé Gaston, et les restes d'une vie dans l'impasse, agios patates fayots, il avait quitté le Finistère pour aller à l'aventure, on verrait bien, et puis en mars le premier confinement l'avait stoppé sur l'aire de Camping car de Saint-Priest Taurion où coule une rivière, il s'était garé devant, il faisant tourner le moteur à vide, il promenait son chien, il se faisait des amis, il contemplait la vie et écrivait.  "Le confinement nous plonge dans une atmosphère où le silence s’affirme. Il a contaminé toute la ville. Sur mon spot il se tient à distance, l’eau lui fait barrage. J’avais troqué mes boîtes de pilules pour des kilomètres de thérapie. Et je suis maintenant rendu à nouveau à l’état de gisant."  Mais le gisant était devenu une figure du village, le Populaire du centre l'avait saisi sur le vif, Pascal était parti le confinement levé, ses notes sont evenues un livre, "Correspondance(s) d’un nomade confiné", quand l'immobilité sanitaire revenue, Pascal s'est dit qu'il ne voyait pas mieux que Saint-Priest et le Taurion pour redevenir immobile, son 4X4 et son chien ont retrouvé leur emplacement , il vit moyennement ce déjà vécu... Mais il écrit à nouveau. "Je ne me suis pas défait de ce réveil un peu créatif Quand on souffre mais qu’on arrive à y mettre des mots, c’est un vrai soulagement. »  Je lis qu'il a décidé, cet homme en vrac, d'ouvrir les bras "aux lubies de l'existence".. 

Cette phrase, peut-elle nous détourner de l'âpreté du covid, qui, ailleurs, n'est pas mélancolie et habitude mais une tragédie en marche. 

Je vois dans le Dauphiné qu'à Grenoble, on pense réquisitionner une patinoire  pour accueillir les cercueils qui s'accumulent, les pompes funèbres de l'Isère n'ont jamais connu ça. "Je n'ai jamais vu autant de morts de ma vie", dit au Progrès le docteur Jean-Christophe Richard, chef du service réanimation à la Croix-Rousse à Lyon... L’hôpital de Charleville arrive à saturation, l'Ardennais , l’hôpital d'Angers est au bord de l'épuisement, le Courrier de l'Ouest, Sud-Ouest et Est-éclair nous adjurent de continuer pourtant à nous soigner à l’hôpital... 

Le Républicain lorrain, affiche en Une la photo de  malades transférés par avion, que faut-il encore? Sur son site internet, dans un très beau long format ,  le même Républicain lorrain raconte une tragédie plus vieille. les vies celles de Mohamed; Marcel, Angelo Jean-Claude dont les poumons ont été rongés par des années travail dans les mines de charbon, ils posent devant l'objectif d'un photographe, ils sont forts et marqués, je vois des photos d'une terre éventrée encore, leurs yeux, leurs mots. "On n'avait aucune protection contre les fumées acides des explosifs" dit Jean-Claude qui était boutefeu, un artificier de mine, qui souffre de silicose, de kystes pulmonaires, qui dit, "qu'est ce qu'on y pouvait"? 

Tiens dans le Parisien je lis qu'un hôpital demande aux soignants de venir travailler, même s'ils ont un symptôme du covid. Qu'y peut-on? Et que fait-on aux hommes...  

On parle aussi d'animaux sacrifiés... 

Qui sont une menace dit le Figaro qui a son tour décrit la mort à laquelle sont voués les 17 millions de visons du Danemark... Entassé dans leurs élevages, ne vivant que pour devenir un jour cadavres et fourrures, les visons ont attrapé le covid et le transmettent à l'homme, et le covid du vison mute, il pourrait rendre inopérant un vaccin à venir... On a commencé à les tuer au printemps en Hollande... 

... Dans la Dépêche, dans Midi libre, je lis que 'on confine les volailles car la gripe aviaire revient, il faut sauver le foie gras dit la Dépêche, étrange phrase, la mort est la seule issue; au pays bas où tout a commencé encore, on a déjà abattu le mois dernier.plus de 200000 poulets, ce que l'on fait aux bêtes... Mais ce que l'on fait aux hommes... 

Dans Nice Matin, je découvre un jeune homme, Ahmed A, à la bouille de rond bébé barbu. Il est réfugié en France, car en danger chez lui en Tunisie, il est militant des minorités sexuelles dans un pays où l'homosexualité est passible de prison Il est aussi l'homonyme d'un des gardés à vue de l'attentt de Nice et des journaux italiens ont diffusé ce nom et sa photo, on le décrit en terroriste, ses peurs se cumulent, il vit enfermé, il est beau pourtant. 

Et on parle de la beauté pour finir...

La beauté qui transmute dans ses représentations au gré de nos idéologies, car je lis dans le magazine des Echos que montent en puissance les femme mannequins rondes taille 40, c’est la taille standard des françaises... Et je lis sur le site de Télérama que la belle Cendrillon, de chez Disney, dans une nouvelle version romancée, sera une jeune femme qui travaille, participe à des émissions de télé-réalité, et surtout, sera forte,  d'aucun diraient ronde, les méchants penseront grosse, les gens éveillés diront body positive... Le livre s'appelle If the shoe fits, il sortira l'an prochain en août, sera-ce sous le président Biden?  

Il est aussi une beauté qui imprègne ces images du grand homme de théâtre Jean-Pierre Vincent, qui est parti et qu'aimaient également l'Humanité et le Figaro

Il est une beauté classique dans des des photos d'avant que publie le magazine du Parisien, venues du mythique studio d'Harcourt qui depuis 1934 nimbe de lumière en noir et blanc nos vedettes  mais aussi un soldat de l'armée allemande venu se faire photographier en 1940, les yeux vers l'horizon, et, rassurant le militaire américain, William Thurman, à photographié de même, nous ayant libérés, en 1944... 

Dans nos journaux vous verrez la belle image en noir et blanc d'un homme qui à dix-huit ans s’arracha à la défaite des adultes pour devenir héros.  Pierre Simonet est mort à 99 ans, il était l'un des derniers survivants des Compagnons de la libération, Benoit Hopquin du Monde, qui l'a bien connu, nous faire revivre cet homme qui de ses combats se souvenait de sa honte en survolant la rade de Toulon où notre flotte s’était sabordée, et d'une bouteille de bière tiède partagée entre héros à Bir-Hakeim, dans le désert, sous le feu de l'ennemi.

Dans une confusion, j'ai attribué à Libération l'information du Parisien sur l'hôpital qui veut faire travailler des personnels présentant un symptôme du Covid... Pardon.  CA

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