C'est comme un "ouf !" de soulagement... "La raison humaniste l'a finalement emporté, et c'est tant mieux", écrit Georges Latil dans La Provence... "Il en allait de l'honneur de la France... L'épisode de Cachan est terminé... Il reste à chacun d'en tirer les leçons... On ne joue pas impunément avec la misère du monde"... "Il aura fallu six semaines, et autant de grévistes de la faim, pour trouver la sortie de cette salle de sport... C'est long, six semaines... Surtout quand il s'agit de dignité humaine", analyse Olivier Berger dans La Voix du Nord... "Cachan : issue de secours", titre Libération, qui constate que "si les squatteurs sont soulagés, ils redoutent leur éparpillement et les fausses promesses"... En même temps, on peut avoir confiance dans les deux médiateurs désignés par Nicolas Sarkozy dans ce dossier... C'est Le Figaro qui l'explique... "Patrick Gaubert et Dominique Sopo sont des apôtres de la conciliation... Dominique Sopo est un ancien diplômé de Science-Po... Il fut un temps président des Jeunes Socialistes... Aujourd'hui, il est à la tête de SOS Racisme... Il ne voulait pas abandonner les expulsés de Cachan aux jusqu'aux-boutistes... Patrick Gaubert s'est fait, depuis 1999, une spécialité : l'aide aux demandeurs de papiers... Il préside la LICRA... Il est aussi député UMP d'Ile-de-France"... Le Figaro qui analyse également... "De l'église Saint-Bernard au gymnase de Cachan, le même engagement compassionnel... A 10 ans d'intervalle, les deux affaires présentent des caractéristiques à peu près identiques... C'est un scénario immuable... Parce que, dans un dossier de ce genre, les mêmes qui réclament la fermeté contre l'immigration clandestine s'interrogent et hésitent devant la photo d'un enfant de 4 ans, nounours dans les bras, en passe d'être embarqué dans un avion pour un pays d'Afrique... Les Français les plus légalistes sont partagés lorsque les médias montrent des bénévoles désintéressés se relayer au chevet des squatteurs... Le problème devient alors une affaire d'Etat, explique le journaliste du Figaro... l'Etat qui n'a plus alors le choix qu'entre de mauvaises solutions... Soit il emploie la force, soit il régularise tout le monde"... Et c'est en cela que l'affaire de Cachan a valeur de cas d'école, écrit Dominique Valès dans La Montagne... "L'opinion déclare dans les sondages soutenir la fermeté vis-à-vis de l'immigration clandestine, mais cette réponse, de caractère général, s'atténue notablement lorsque se posent des cas particuliers... Bref, l'immigration est un dossier délicat, qui ne se satisfait ni de déclarations à l'emporte-pièce, ni de solutions toutes faites"... Une solution toute faite... Celle trouvée par George Bush... La Libre Belgique explique ce matin... "Le Président américain signe pour la construction d'un mur contre l'immigration"... C'est à la frontière américano-mexicaine... Et Libération titre : "Les clandestins mexicains au pied du mur américain"... Et le correspondant de Libération explique que cette construction devrait être finie dans deux ans... Et que ce mur, en fait, c'est une clôture... une clôture de 1.200 kilomètres, sur la frontière mexicaine, pour tenter d'endiguer donc l'immigration clandestine... La palissade géante coûtera 1,2 milliard de dollars, et elle doit fermer les sections les plus poreuses des 3.200 kilomètres de frontière entre les Etats-Unis et le Mexique... à commencer par le désert de l'Arizona... "L'Amérique centrale rejette le mur-frontière des Etats-Unis"... C'est le quotidien mexicain La Tribuna qui rapporte que "les Présidents des pays d'Amérique centrale, dont le Mexique, ont rejeté le principe de construction de ce mur... un rejet qui ressemble à un voeu pieux"... Il faut dire que, du côté mexicain, on estime que le mur ne résoudra pas les problèmes... C'est une interview de l'ex-consul du Mexique, à Los Angeles, à lire dans Libération... "Les émigrés mexicains passeront coûte que coûte... Parce que les barrières, dit-il, ne sont pas la solution au problème migratoire"... Alors si le mur n'est pas la solution... quelle est la solution ?... Peut-être, plus intelligemment, d'aider au développement... Le premier numéro de l'édition française de Foreign Policy publie le classement des Etats les plus généreux avec les pays pauvres... "Les Pays-Bas sont en tête... les Etats-Unis 13èmes... Et la France ?... Elle n'arrive qu'en 18ème position sur le classement de ces 21 pays les plus riches... Derrière elle, on trouve l'Italie, la Grèce et le Japon"... Alors, se demande le magazine, "où est passée la grandeur de la France ?... En fait, on est les champions du soutien au secteur de la recherche et du développement... Bref, on est premier dans le domaine de l'aide technologique... Mais nous sommes très mauvais sur le terrain de l'immigration et de la sécurité... Contrairement à ce que beaucoup pensent, d'après ce classement, la France est un pays à faible immigration en provenance des pays pauvres... Et Foreign Policy affiche une comparaison... Elle vaut ce qu'elle vaut, mais elle fait réfléchir... "Ces 21 pays riches octroient en moyenne une aide de 140 euros pour une vache... 12 euros pour un pauvre"... Difficile de faire fi du politiquement correct... Ce matin, c'est Jack Straw, le ministre anglais, qui en fait l'expérience... Sa petite phrase, "débarrassez-vous du voile !", fait la Une de l'ensemble des quotidiens britanniques... Le Daily Telegraph explique... "Jack Straw a provoqué la colère en estimant que les relations entre les communautés seraient plus facile si les musulmanes ne portaient pas de voile"... Le ministre britannique parle du voile qui cache l'ensemble du visage et ne laisse apparaître que les yeux... Dans The Independent, il précise... "Je suis gêné de parler avec quelqu'un dont je ne vois pas le visage"... Pour le Guardian, "Jack Straw a le mérite d'ouvrir le débat, même s'il provoque l'indignation d'une partie de la communauté musulmane"... Et décidément, "l'Europe a un problème avec l'islam", note El Pais, qui titre : "La censure mortelle"... La même idée dans Le Monde... "Messieurs les autocenseurs, bonjour !"... Parce que, explique le quotidien, "l'autocensure artistique a fait une nouvelle victime... La Whitechapel Art Gallery... l'un des principaux centres d'art londoniens a écarté de l'exposition qu'elle consacre à l'artiste Hans Bellmer une dizaine de dessins... C'est la directrice de la galerie qui a pris cette mesure, à l'encontre de dessins érotiques du peintre... des dessins qui pouvaient choquer la population musulmane de ce quartier populaire"... Pour les journalistes du Monde, quelques jours après le retrait d'Idoménée, l'opéra de Mozart à Berlin, cette nouvelle affaire illustre les craintes croissantes des programmateurs, qui n'hésitent plus à devancer d'éventuelles interventions de représentants religieux... E l'islam ne détient pas le monopole de la censure culturelle... Ces derniers mois, constate le quotidien, les cas de pressions religieuses sur les artistes ont concerné différents cultes... Au Vatican par exemple, le rendez-vous pop-rock, lancé il y a 12 ans avec la bénédiction de Jean-Paul II, a été supprimé par Benoît XVI... L'an dernier, le nouveau Pape avait boudé le spectacle... Et le Vatican avait déprogrammé la chanteuse brésilienne Daniela Mercury, en raison de sa collaboration à une campagne du ministère de la Santé dans son pays en faveur du préservatif... Autre exemple : en Inde... Les manifestations des extrémistes hindous ont conduit une cinéaste à interrompre le tournage de son film... L'action décrivait le sort que l'Inde réservait aux veuves, forcées à la claustration ou à la mendicité... Pour finir son film, la réalisatrice a dû changer de pays : elle est allée au Sri Lanka... Faire évoluer les choses, cela peut prendre un peu de temps... L'affaire avait été jugée en 1924... Mais aujourd'hui, titre Ouest-France, pour l'avocat général, "Seznec est innocent"... C'est "la dernière chance du condamné Seznec", écrit Libération... "La décision sera rendue le 14 décembre... Et hier, la Cour de Cassation a admis qu'elle était face à "un doute monumental", précise Le Figaro... Du coup, jamais la réhabilitation du maître de scierie n'a semblé aussi proche... 82 ans après, il s'agit bien d'un rendez-vous entre l'Histoire et la justice, note Hervé Chabaud dans L'Union... "Seznec a été condamné pour un crime sans cadavre, sans arme et sans témoin... Selon l'éditorialiste, on a surtout cherché, par cette affaire, à étouffer un scandale lié à un trafic éhonté de surplus américains de la Première guerre mondiale... un sujet politiquement incorrect à l'époque... des pratiques qui ne devaient pas être connues de la population"... Denis Seznec avait 8 ans quand est mort son grand-père Guillaume... Et Francis Brochet, dans Le Progrès, note qu'il a consacré sa vie à prouver l'innocence de son grand-père... Il aurait pu faire autrement... Il aurait pu oublier ce parent encombrant... Faire carrière... Changer de nom... Au nom de la mémoire justement... C'est le combat d'Alain Pujol... Alain Pujol, c'est le premier veuf pacsé d'un militaire français... Le 20 mai dernier, son compagnon, le caporal-chef David Poulain, membre des forces spéciales, est tué en Afghanistan... Les deux hommes vivent en couple depuis 1999, et sont pacsés depuis 2001... Problème : le PACS ne donne pas au conjoint survivant les mêmes droits qu'un mariage... Et Libération raconte que l'Etat refuse la pension et le capital-décès auxquels le veuf estime avoir droit... "Ce n'est pas une question d'argent, dit-il... Je trouve que l'honneur d'un homme mort pour la France est bafoué... d'autant que, lors des obsèques, la ministre de la Défense m'avait promis un traitement équitable"... Et Libé rapporte que, d'abord quelque peu embarrassée par cette affaire, la communauté militaire se mobilise pour soutenir ce veuf de guerre... Le Conseil supérieur de la fonction militaire demande ainsi la prise en compte du PACS... Et la Mutuelle nationale militaire considère Alain Pujol comme un conjoint... Alain Pujol qui a même été invité à un barbecue par les anciens camarades de régiment de son compagnon, à leur retour d'Afghanistan... "Parce que, explique-t-il, ce n'est pas une question d'homosexualité... C'est une affaire d'honneur"... Et c'est vrai, conclut Libération : "une affaire d'honneur, ça plaît dans les casernes".

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