Nicolas Hulot, le magazine Terra Eco, mensuel du développement durable qui suit de très près vos travaux, pose dans son dernier numéro la question qui fâche : et si nous étions tout simplement trop nombreux sur la planète ? Sujet ultra-sensible, mais il mérite d'être abordé. La preuve en quatre chapitres, sous la plume de Matthieu Auzanneau... Il y a quelques chiffres. C'est un peu aride, mais ils méritent d'être rappelés. Nous sommes aujourd'hui 6 milliards 700 millions sur Terre. Selon les scénarios, nous serons entre 8 et 9 milliards en 2050. Et voici les implications... - Il y a d'abord l'assiette. Les besoins en nourriture de l'Asie et de l'Amérique du Sud doubleront d'ici au milieu du siècle. Comment nourrir toutes ces bouches ? - Deuxième chapitre : l'énergie. Là aussi, on multiplie par deux. D'ici à 2030, il faudra presque doubler la production d'électricité. Et le plus probable, c'est qu'on le fera avec les énergies les plus polluantes : pétrole, gaz et charbon. - Troisième signal d'alarme : les pénuries d'aujourd'hui font-elles les guerres de demain ? Déjà, au Nigeria, les prairies sont devenues des déserts. Et comme par hasard, les tensions entre éleveurs musulmans et cultivateurs chrétiens sont de plus en plus fréquentes et meurtrières. - Quatrième point, l'exode : exode rural. Il n'a jamais été aussi intense. Il faudra des centaines de Victor Hugo, de Dickens ou de Gorki pour rendre compte d'un phénomène sans commune mesure avec ce qu'a connu l'Europe après la révolution industrielle. Une image, pour résumer tout cela... Ca se passe à Luanda, en Angola. Dans l'un des bidonvilles de la capitale, les places les plus recherchées sont situées juste en dessous de la corniche qui domine la ville. Pourquoi ? Parce que les ambassades sont juste au-dessus, et qu'elles déversent chaque jour leurs poubelles dans le bidonville. Au moins là-dedans, il y a de quoi manger. Alors conclusion, et c'est là que le sujet fait froid dans le dos : James Lovelock, l'un des pères de l'écologie, a calculé que la population optimale de la planète est d'un peu plus de 3 milliards et demi d'habitants. Faut-il passer à la politique de l'enfant unique comme en Chine, avec son cortège de stérilisations forcées et d'avortements clandestins ? Attention à l'éco-fascisme. Mais on ne peut pas non plus fermer les yeux, y compris sur les raisons de ne pas exagérer la menace. Déjà, les humains font de moins en moins d'enfants : moins de 2 enfants par femme dans plus de la moitié des pays du monde. Même en Afrique, la fertilité est en baisse. A l'heure où le Prix Nobel de Médecine nous fait rêver ou cauchemarder à la jeunesse éternelle, les questions démographiques sont incontournables dans le débat. Le Nouvelobs.com a lu le rapport du Programme des Nations Unies pour le Développement, publié hier : plus d'un milliard de personnes sont des migrants, migrants internes pour les trois-quarts d'entre eux. Et le PNUD fait un constat capital, qui bouscule des idées reçues : les migrants donnent plus qu'ils ne reçoivent. Leur impact sur les finances publiques est relativement faible. Les avantages qu'ils apportent dans d'autres domaines, comme la diversité sociale et la capacité d'innovation, ont été largement démontrés. Toujours à la rubrique Monde, Bruno, quelques informations en bref... Décidément, Barack Obama n'a pas la carte en ce moment. Le voilà en froid avec ses généraux. Dans Le Figaro, Laure Mandeville raconte que les militaires demandent des troupes supplémentaires en Afghanistan. Obama hésite. Il est soupçonné d'amateurisme. "L'administration Obama a entériné une stratégie. Et maintenant qu'elle reçoit la note sous forme de demande de troupes, elle trouve la facture élevée. Cette équipe ne raisonne qu'en termes de coût politique". Sur le site MédiaPart.fr, une toute petite histoire authentique, pour dire le fossé qui se creuse avec la population en Afghanistan. Des Américains vont interroger un Afghan chez lui. Il emploie le mot "rekat", qui signifie une partie de chacune des cinq prières quotidiennes. L'interprète comprend "roquette". L'homme a été enfermé dans la prison de Bagram. La France va-t-elle vendre des armes à la Russie ? Question dans Les Echos. L'Elysée doit prendre la décision dans les jours à venir. Il s'agirait de navires de guerre. Dans la balance, la question de l'emploi sur les anciens Chantiers de l'Atlantique, à Saint-Nazaire, aura son poids. Et puis, sans votation ni référendum, le Japon veut renoncer à privatiser sa Poste, nous apprend La Tribune. C'est l'une des mesures-phare annoncées par le nouveau Premier ministre. La privatisation est en cours. Elle a déjà entraîné la fermeture de 300 bureaux. Les personnes âgées sont mécontentes. Et on vit vieux au Japon. Et hier, c'est un homme de 73 ans qui était la vedette du procès Clearstream... Le général Rondot s'est exprimé pendant huit heures. C'est "le témoignage qui ébranle Villepin", pour Le Figaro. Car l'ancien espion a contredit, sur plusieurs points, la version de l'ex-Premier ministre. 1. Le nom de Nicolas Sarkozy a été évoqué dès le 9 janvier 2004, selon le général. 2. Dominique de Villepin est intervenu pour faire libérer de prison Imad Lahoud, dans une affaire d'escroquerie. 3. Enfin, il confirme ce qui est écrit dans ses carnets : note du 19 juillet. Ce jour-là, Dominique de Villepin lui aurait bien dit : "Si nous comparaissons, le PR (c'est-à-dire Président de la République) et moi, nous sautons". Pour Stéphane Durand-Souffland, "l'effet de la déposition du général est dévastateur pour Dominique de Villepin. Car ce témoin très attendu n'est apparemment animé d'aucune intention de nuire. Ce n'est pas l'avatar militaire de l'étrangleur ottoman, archétype de l'assassin fourbe et mielleux, mais un homme soucieux de défendre son honneur. Ces honnêtes gens sont les plus dangereux à la barre d'un tribunal". C'est globalement le sentiment des éditorialistes ce matin... Alors "est-ce un virage du procès ?", se demande Hervé Chabaud dans L'Union. "Pas sûr", lui répond François Martin dans Le Midi Libre. "C'est parole contre parole. Et, pour tout dire, cette affaire de faux listings est claire comme du jus de boudin". Tout de même, reprend Bruno Dive dans Sud-Ouest, "la parole précise du général pèse d'un autre poids que celle du corbeau d'EADS ou de l'informaticien manipulateur". Et Bruno Dive note au passage que le général à la retraite, qui décidément ratisse large et vise haut, remet Jacques Chirac sur la sellette en évoquant des instructions présidentielles. Quoi d'autre à la rubrique Politique, Bruno ? Les accusations du candidat battu par le poulain de Serge Dassault, dimanche, à la mairie de Corbeil-Essonne. Le communiste Michel Nouaille ne s'interdit pas de déposer un recours pour contester le résultat. Il dit pourquoi au Point.fr. Il est convaincu que des voix ont été achetées. "La participation a augmenté de manière spectaculaire dans les deux dernières heures. Le principe, c'est que plus les électeurs votent tard, plus leurs voix coûtent cher. Donc, ils attendent la fin de la journée". Serge Dassault lui reproche de ne pas digérer sa victoire. A propos de digestion... Le Parisien-Aujourd'hui a relevé un phénomène étonnant au gouvernement : tous les ministres ou presque ont l'air d'être au régime. Besson, Novelli ou encore Hortefeux, qui serait devenu accro au menu "soupe, fromage blanc, fruits rouges". Martine Chevalet relève encore que Christian Estrosi dit courir trois fois par semaine, et que François Fillon fréquente régulièrement la salle de sport de Matignon. Alors est-ce que c'est l'effet du chef, qui a perdu 7 kilos depuis son entrée à l'Elysée ? En tout cas, pour le nutritionniste Jean-Michel Cohen, "la silhouette est devenue un véhicule de communication politique. Le gros qui rassurait, style Raymond Barre ou Pierre Mauroy, c'est fini". Toujours dans Le Parisien : une étude qui frappe les esprits... Elle est réalisée par le CREDOC. Chiffre-clé : 200.000 vols d'identité chaque année. En fouillant les poubelles, on trouve facilement un relevé de compte, une vieille facture EDF et autre document personnel. Le risque, c'est qu'ensuite un faux Nicolas Demorand, par exemple, en délicatesse avec sa banque ou une institution de crédit, se fasse passer pour le vrai. Il faut détruire vos documents personnels avant de les jeter. Il n'est pas inutile de savoir que c'est une société spécialisée dans les broyeurs de documents qui a commandé l'enquête au CREDOC. Allez, quelques grammes de finesse et d'émotion, pour terminer... Parole aux artistes... Le Monde organisait, le week-end dernier, les Rencontres du Monde des Livres. L'écrivain portugais Antonio Lobo Antunes y participait. Il racontait comme il a besoin d'émotion pour écrire un livre. "J'habite dans un quartier, au centre de Lisbonne, qui ressemble à une petite province, avec des merceries, des boulangeries, des couturières et des petits bistrots. Comme je vis seul, je mange dans un de ces petits bistrots. Une très vieille actrice, âgée d'environ 80 ans, dîne toujours seule dans ce bistrot. Elle s'habille pour aller dîner. Elle porte des robes en soie, des boucles d'oreille, et elle va chez les coiffeurs du quartier, qui font des choses assez moches. Elle a donc une sorte d'armure : un casque de cheveux très blancs autour de son visage. Un jour, je me suis approché d'elle et je lui ai dit : 'Vous avez un si beau sourire, Madame'. Elle a baissé la tête. C'était très curieux. Elle était en train de manger. Elle a cherché son rouge à lèvre, elle a levé les yeux et m'a souri. C'était la première fois que j'ai vu un sourire à l'intérieur d'une larme. Pendant que j'écrivais, j'avais tout le temps dans la tête l'impression que j'écrivais pour son sourire et son immense solitude". Voilà les jolis secrets d'un des plus grands écrivains de notre époque. Le dernier livre de Lobo Antunes s'appelle "Je ne t'ai pas vu hier dans Babylone". Bonne journée...

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