(Patrick Cohen)Dans la presse ce matin : photos floues

(Bruno Duvic) L'Islam interdit le représentation de Dieu. En revanche, rien n'empêche de faire un petit selfie, lorsqu'on est en pèlerinage à la Mecque. Dans la série, « les religions bousculées par la modernité », c'est le dernier phénomène en date, relevé par le HuffingtonPost : le pèlerinage à la Mecque rattrapé par la folie des selfies. Comme ce pèlerin, Youssef Ali, qui se prend en photo avec son père. Ils s'étreignent devant les stèles de la lapidation de Satan. Crispation des conservateurs.

Les religions et le monde moderne... Synode - réunion de cardinaux, évêques et experts - au Vatican aujourd'hui sur le thème de la famille. "L'Eglise s'attaque à un défi majeur, écrit Henri Tincq, spécialiste des religions sur Slate.fr : le rejet de ses prises de position en matière de morale sexuelle, conjugale et familiale." La cohabitation avant le mariage, la contraception, le divorce, les unions homosexuelles… beaucoup de sujet sur la table. "Nous devons percevoir l'odeur des hommes d'aujourd'hui" dit le Pape François repris par La Croix .

Un prêtre qui prépare des couples au mariage à Paris, le reconnait dans Le Figaro : "Les jeunes arrivent au mariage avec une vision anthropologique qui n'a rien à voir avec celle de l'église. Le décalage est immense".

Pas de décision attendue avant un an au Vatican : « le monde pourra alors juger, écrit Henri Tincq sur slate , de la volonté réformatrice » du pape François.

La réalité statistique de la famille aujourd'hui, Libération la rappelle :

Un couple sur deux se sépare en Ile de France, 52% des enfants naissent hors-mariage, 1,5 million vivent dans des familles recomposées et près de deux millions de familles sont monoparentales.

Quelle place dans ce contexte pour le modèle traditionnel de la famille ? Suffisamment pour que la manif pour tous occupe, un an et demi après l'adoption de la loi Taubira la Une de Ouest France , La Voix du Nord , Le Télégramme , La Provence , La Nouvelle République , La Marseillaise et Libération et Le Figaro , et Le Parisien-Aujourdh'hui en France . Au-delà des différences de chiffres de participants, un constat assez largement partagé : ils sont "Toujours là !" come le titre La Voix du Nord et de manière assez massive. Le Parisien parle carrément de « Ras de marée rose et bleu ».

Toujours là, et la Manif pour tous a toujours ses adversaires résolus dans la presse. C'est "Le vieux Monde" pour La Marseillaise , "La marche en arrière" pour Libération . "La vraie cible de la Manif pour tous, écrit Laurent Joffrin dans l'éditorial, ce sont les homosexuels, qu'on veut à toute force enfermer dans un statut discriminatoire."

Mais comme le titre Le Figaro : « La Manif pour tous bouscule la gauche et la droite ». "Cette famille ne veut appartenir à personne », commente Cécile Cornudet dans Les Echos . « Mouvement ancré à droite, cela va sans dire, mais curieusement, les partis de droite suscitent eux-aussi un certain scepticisme. La manif pour tous, nouvelle illustration de la crise du politique. »

Question surtout posée à la droite à vrai dire. Guillaume Tabard le relève dans Le Figaro . « Faut-il abroger ou sanctuariser la loi Taubira ? Réécrire certains de ses articles ou prévoir des garde-fous ? Tout le spectre des opinions existe parmi les dirigeants de l'UMP. Pas de point commun a priori entre les 35 heures et le mariage pour tous. Si ce n'est qu'il s'agit de deux réformes emblématiques de la gauche que la droite avait combattues mais qu'elle hésite à remettre en cause. S'il y a une crise de confiance entre la droite et son électorat, c'est en raison de ce sentiment qu'une fois revenue au pouvoir, elle oublie ses combats d'avant et ses serments de campagne. »

La guerre contre les islamistes radicaux : état des lieux dans la presse

Et c'est bien un front mondial qui se dessine au fil des articles.

En Somalie, raconte Jean-Philippe Rémy sur lemonde.fr , les chabab, affiliés à Al Qaida, reculent. Ils viennent de perdre leur dernier port, celui de Brava, sur la côte Sud. Perte d'une ouverture sur la mer et d'une source de revenus. Les Chabab taxaient les exportations de charbon de bois qui arrivaient dans ce port. Mais ils ne sont pas bien loin. Des villes à moins de 20 kilomètres de sont encore sous leur contrôle. Dans le Nord du Mali, en revanche, Le Figaro constate un regain djihadiste. La Libye est un pays qui n'existe plus pour L'Opinion . « Livré à l'anarchie et aux affrontements entre islamistes et gouvernementaux, la Libye n'est plus qu'une simple expression géographique. » A la frontière entre Turquie et Syrie, l'Etat islamique se rapproche dangereusement de la ville de Kobané, avertit L'Humanité . Appel d'un dirigeant kurde dans les colonnes de L'Huma : « Nous sommes l'unique bouclier humaniste face à la barbarie. »

Les frappes de la collation internationale vont-elles faire reculer l'organisation état islamique ? Débat mondial. Dominique de Villepin poursuit dans une tribune au Financial Times le combat contre cette guerre entamé dans la presse française.

La stratégie de la coalition peut-elle réussir, se demande Isabelle Lasserre spécialiste des questions de défense au Figaro . Pas gagné à lire la longue page d'analyse qu'elle publie. La question des troupes au sol pour compléter l'action des avions est récurrente. « Passées les premières frappes aériennes, l'ennemi se mêle aux populations civiles. ‘’Les alliés commencent déjà à être à court de cibles’, reconnait un responsable français. » Les pays occidentaux veulent s'appuyer sur des combattants locaux, ne pas intervenir eux-mêmes : mais sur qui s'appuyer en Syrie, par exemple ?

La solution in fine, sera politique efforts insuffisants en ce sens, pour l'instant. « Il faudra peut-être des années pour mener à bien les objectifs dans la région. Cette coalition est-elle prête à s'engager plusieurs années ? »

Dans L'Equipe , ces deux adjectifs : ‘’incroyable’’ et ‘’effroyable’’

Deux adjectifs pour qualifier l'accident de Jules Bianchi au grand prix de Formule 1 de Suzuka, au Japon. Image floue, elle a échappé aux caméras. 44ème tour : Jules Bianchi percute un camion grue intervenu pour venir en aide à un autre pilote. Coup de sang d'Alain Prost hier soir sur Canal + : la dépanneuse n’aurait jamais dû se trouver là.

Dans Libération , Lionel Froissard entre dans les détails : « Pourquoi la fédération internationale n'impose-t-elle pas des grues à levier postées au-delà des rails de sécurité comme sur les circuits en ville ? Autre détail sur lequel elle devra s'expliquer : l'évacuation du blessé par la route plutôt que par l'air. Dans des conditions météo précaires et en l'absence d'un hélico médial les monoplaces ne doivent pas prendre le départ. » Voilà relancé dans Le Figaro l'hypothèse de cockpits fermés pour les pilotes. Elle a aussi ses inconvénients : il faut pouvoir retirer très rapidement la protection en cas d'incendie : le pilote est censé pouvoir s'extraire en 5 secondes. Et avec des formules 1 fermées, comment gérer les salissures, les projections d'huile, la visibilité en cas de pluie ?

« Oui, le sport automobile est dangereux, écrit Anne Giuntini dans L’Equipe . Il l’a toujours été et le demeure. Trouverait-il encore sa raison d’être si le risque zéro existait ? Vaste débat… »

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