Giscard c'était hier, Sarkozy c'est aujourd'hui. les noirs américains en colère, hier et aujourd'hui. Mitterrand et l'amour, c'est pour toujours

La revue de presse, bonjour hélène Jouan

Histoires d’hier et d’aujourd’hui ce matin dans la presse

Hier…l’Europe était un idéal, hier, la grande famille centriste était forte, unie derrière un homme, Valéry Giscard d’estaing

Délicieux récit dans le Figaro ce matin d’Anne Fulda qui a assisté mardi soir aux retrouvailles autour de son grand homme, de cette famille désormais atomisée « façon puzzle ». Souvenirs, souvenirs…elle raconte les émois de ce jeune homme de 90 ans, tout heureux de faire encore le « buzz », imaginez, il fait plus de tweets dans la soirée qu’Emmanuel Macron, sa verve intacte pour défendre encore et toujours l’engagement européen, ses commentaires de pythie écoutés ,pas toujours compris « la France a-t-il dit ce soir-là, a davantage besoin d’un homme d’Etat que d’un président de la république », à qui pensait il ? sa coquetterie aussi à ne pas vouloir être figé dans une image d’homme du passé. Réunion d’anciens combattants donc, où l’on retrouvait François bayrou, Jean pierre Raffarin, jean christophe lagarde, François Léotard Gérard Longuet, aujourd’hui engagés dans des combats différents parfois opposés. Même la jeune génération est sous le charme, Laurent Hénart taquin glisse quand même « on va maintenant projeter un film avec Dalida, c’était l’époque ». En tout cas, une famille orpheline. Une fois son discours terminé, l’ancien président interroge la salle ; Une question ? Un participant glisse timidement : « vous déclarez vous candidat ? ».On n’a pas la réponse…

Histoire d’hier donc car il n’y a pas de candidat centriste déclaré à la prochaine présidentielle de 2017. Et l’histoire d’aujourd’hui ?

C’est celle d’un candidat en difficulté Nicolas Sarkozy. Dans l’Opinion ce matin, Ludovic Vigogne raconte le trou d’air traversé par l’ex président. Il a réuni en début de semaine sa garde la plus rapprochée pour faire le point avant son grand meeting au Zénith de paris dimanche soir. Avec un constat, l’heure est grave. Qu’est ce qui a fait le plus de dégâts ces derniers jours ? Le livre de Patrick Buisson, numéro Un des ventes, l’enquête d’Envoyé Spécial consacré à Bygmalion et aux comptes de campagne de la présidentielle de 2012,la réminiscence du soupçon de financement libyen de la précédente ou tout simplement les derniers sondages qui marquent un net recul de l’ex chef de l’Etat ? A la recherche d’un second souffle, nicolas sarkozy a l’intention dimanche de mettre en avant François Baroin, censé rassurer, apaiser un électorat centriste hostile. Mais le candidat n’en démord pas, pour rester dans la course, c’est à l’électorat le plus populaire qu’il

veut continuer à s’adresser, celui qui fera la différence pense t il avec Juppé…

En attendant, le patron de la rédaction de l’Obs Mathieu Croissandeau le somme ce matin de sortir de son silence. Silence coupable sur l’affaire des comptes de campagne de 2012 décortiqué donc par le reportage de France 2. « Comme d’habitude il fuit dénonce croissandeau, il préfère laisser ses sbires tempêter contre la partialité du service public. Mais face aux preuves accumulées sur le sidérant dérapage de ses comptes officiels, il doit s’expliquer ». Et Croissandeau recommande aux media français de prendre exemple sur la presse anglo saxonne. « Il faudrait dit il, refuser de tendre le micro tant qu’il n’aura pas répondu sur le fond. Insister, poser et reposer les mêmes questions. Afin qu’il assume, et ne fasse plus diversion » dit il.

Histoires d’hier et d’aujourd’hui encore, et comment un geste dans le sport dit quelque chose de l’état d’une société.

16 octobre 68, sur le podium des Jeux olympiques de Mexico, Tommie Smith et John Carlos lèvent un poing ganté de noir, alors que retentit l’hymne américain.

Le 1er septembre dernier, le footballeur américain Colin Kaepernick pose un genou à terre pendant le même l’hymne national. C’est l’historien Pap NDIAYE, qui dans Libération ce matin, un Libé largement écrit par des historiens à l’occasion des rendez vous de l’histoire à Blois, revient sur ces luttes qui se font écho. Colère hier de Smith et Carlos face à la situation faite aux noirs dans leur pays, la même d’un sportif d’aujourd’hui pourtant nanti, Kaepernick. « Mais le mouvement de révolte traverse toutes les classes sociales du monde noir américain, des ghettos jusqu’au sport professionnel, nous explique Pap NDiaye, un nouveau mouvement pour les droits civiques est en train de naître sous nos yeux » assure t il.

Ce qui nait aussi sous nos yeux, c’est le retour de la guerre froide. Glaciation des relations entre Etats unis et Russie, notamment sur le dossier syrien. Mais ce qui est nouveau nous raconte le Figaro ce matin, c’est la cyber-guerre latente entre les 2 pays. Notamment parce que le contre-espionnage américain est quasi convaincu que c’est Poutine qui se cache derrière les cyber attaques lancées contre les serveurs du parti démocrate…Aujourd’hui, c’est l’ombre de Poutine qui plane comme jamais sur le scrutin de la présidentielle américaine

On en revient à quelques histoires d’aujourd’hui ?

Oui, mais ce n’est pas facile, vous l’avez-vous-même souligné patrick, même le Point ce matin fait sa Une sur « Thatcher… le meilleur programme pour 2017 ? avec photo sépia à l’appui…c’est dire si la nostalgie du passé nous encombre…

Histoires d’aujourd’hui, c’est le revenu universel, on en parle dans cette campagne présidentielle, et bien il va faire l’objet d’une modélisation en Gironde. Explications du président du conseil départemental dans Sud Ouest. 4 scénarios vont être testés, en jouant sur les différents paramètres, notamment sur le montant du revenu 750 ou 1000 euros. Un président qui dit « avoir envie de voir l’impact d’une telle idée. Impact sur les obstacles et les leviers, les conséquences sur le marché du travail, mais aussi les effets de sens et d’engagement que pourrait provoquer cette allocation universelle. Notre rôle en tant que politiques est de proposer et d’innover » conclut Jean Luc Gleyze. Bien dit.

Histoire d’aujourd’hui, ce sont les violents incidents hier soir à Bastia après les réquisitions du procureur contre 3 militants nationalistes jugés pour un attentat commis en 2012. Dans Corse matin, à lire, la plaidoirie des avocats des prévenus. « Nous avons un problème dit il avec le mot terroriste accolé à nos clients, surtout après les événements de Nice et de Paris. Eux, nos clients démontrent une volonté de vie, alors que le terrorisme que nous vivons aujourd’hui est animé d’une volonté de mort ». La cour d’assises spéciale appréciera aujourd’hui les « pulsions de vie » qui ont poussé à commettre un attentat contre la sous préfecture de Corte en 2012

Et on termine avec ce qui n’est ni d’hier, ni d’aujourd’hui, l’amour, la force de l’amour. « Lettres à Anne » et « Journal pour Anne » évoqués hier. Lettres de François Mitterrand à Anne Pingeot. L’Obs en offre quelques-unes, magnifiques : pour Jérôme Garçin, « elles corrigent, en le ré évaluant à la hausse, et en lui ajoutant un tremblé inédit, le portrait du monarque florentin volage et cynique ». Jean Birnbaum, dans le Monde des livres, voit dans ces lettres et ce journal, la preuve que ce qui confère à l’amour sa puissance d’émancipation, ce n’est pas cette île enchantée que certains poètes et intellectuels ont voulu en faire, mais sa capacité à intensifier notre vie ordinaire. « L’ardeur amoureuse autorise une existence nouvelle, plus haute parce qu’enfin vulnérable écrit il, et cette force est particulièrement manifeste quand elle emporte les hommes de pouvoir »

Cette puissance de l’amour, ou au moins les mots pour la dire, c’est peut être ce qui manque le plus aux hommes politiques d’aujourd’hui finalement…

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