Perdre ou gagner... C'est toute la question ce matin... "Chère France... Ce n'est pas une revanche"... Marino Niola, l'éditorialiste du quotidien italien Il Mattino, a décidé de nous écrire, à nous Français, avant le match de football de ce soir... le match France-Italie... que toute la presse française, que tous les supporters des Bleus présentent comme LA revanche justement de la finale perdue il y a 59 jours à Berlin... Pour Marino Niola, nous ne sommes que des masochistes... "Comme si vous jetiez du sel sur une plaie encore ouverte"... Mais difficile de passer à autre chose... "France-Italie : un parfum de revanche"... C'est la Une du Télégramme... "Des retrouvailles très attendues", pour Le Républicain Lorrain... Et dans France Soir, la détermination du sélectionneur de l'équipe de France, Raymond Domenech, qui affirme : "Cette fois, on les bat"... Dans La République du Centre, Jacques Camus analyse : "Entre l'équipe tricolore et la Squadra Azzura, la question de suprématie n'est jamais définitivement tranchée... Nous nous ressemblons et nous détestons trop à la fois"... L'Equipe se veut raisonnable... "Une toute autre histoire"... C'est son titre de Une... Parce que cette rencontre, pour le quotidien sportif, c'est l'occasion de tourner la page, après la finale de la Coupe du Monde... "Oublier Berlin", affirme de son côté Aujourd'hui en France-Le Parisien... Le Parisien qui souligne, mine de rien, que malgré l'absence de Zidane et de Materazzi, le fameux coup de boule sera encore dans tous les esprits... Pour preuve, eh bien ce titre de La Montagne : "Ne pas perdre la boule"... Quoi que l'on fasse, on y revient toujours... Même La Repubblica, en Italie, titre sobrement : "France-Italie : c'est seulement du foot"... Sauf que... la photo qui accompagne ces mots dit tout autre chose... une photo pleine page du désormais célèbre coup de boule de Zidane... Alors, fatalement, de ce geste, vos journaux en reparlent... "Les bénéfices d'un coup de tête", dans Le Monde... Parce que, explique le quotidien, "Zidane il a frappé, la France a adoré"... Eh oui... "Le coup de boule rapporte gros", raconte Le Parisien... Le morceau de musique créé par trois Parisiens au lendemain de la finale s'est vendu à 600.000 exemplaires... une musique déclinée aussi en sonnerie de téléphone... Et puis on trouve également de T-shirts "coup de boule"... On devrait même les voir dans les tribunes du Stade de France ce soir, explique le journal... Du coup, les éditorialistes s'inquiètent... "Restons fair-play !"... Dans L'Equipe : "il faut souhaiter que le public se mette ce soir à l'unisson de ceux qu'il est censé encourager, c'est-à-dire qu'il sache se tenir comme un grand"... Et dans France Soir, Raymond Domenech en appelle aux supporters : "Ne sifflez pas l'hymne italien !"... Perdre ou gagner... Autre match... Police-justice, celui-ci... Car le projet de réforme de la justice fait couler beaucoup d'encre ce matin... "Les juges sous vidéosurveillance", titre L'Humanité... "Des caméras qui font du bruit", pour La Charente Libre... Une réforme de la justice qui ne déchaîne pas l'enthousiasme de vos éditorialistes ce matin... "Une réforme sans ambition", déplore La Provence... "On est loin du consensus", se désespère Le Républicain Lorrain... "Pour une démarche qui se voulait consensuelle, la réforme de la justice est en train de faire l'unanimité, certes, mais contre elle", constate dans ce journal Philippe Waucampt... Dans L'Est Républicain, Pierre Taribo n'y va pas avec le dos de la cuillère... "Comme cette réforme n'est que du cinéma, il ne faut pas s'étonner de voir des caméras installées chez les policiers et les juges... Du cinéma, parce que ces effets d'annonce ne règlent pas du tout la question de la détention provisoire, qui était au coeur de l'affaire d'Outreau... Du cinéma encore, parce que, pour investir dans du matériel, il faut de l'argent, et qu'une fois encore on ne dit pas un mot des crédits alloués à cette opération"... La question des moyens financiers pointée du doigt également par Michel Guillou dans L'Humanité... "La France est au dernier rang européen pour son budget de la justice... Les réponses du gouvernement ne visent aucunement à combler ce fossé"... Et dans Le Progrès, Francis Brochet choisit l'ironie... "Nos députés pourraient peut-être s'interroger sur l'utilité réelle de ces caméras... La transparence guérit-elle de l'incompétence ?"... Ah ça, des questions... L'Assemblée nationale ne va pas en manquer, à partir de demain... C'est le début du débat sur la privatisation de Gaz de France... préalable à sa fusion avec Suez... Alors ce matin, eh bien ce n'est pas tant le fond du dossier... (faut-il ou non cette fusion ?)... qui fait débat... mais bien sa forme... "Le scandale des 137.449 amendements", dénonce en Une Le Figaro... Le journal rappelle au passage que jamais, dans l'histoire de la 5ème République, un texte n'avait été l'objet d'une telle obstruction... "Et pourtant... déplore Hervé Chabaud dans L'Union... c'est vrai que la question de l'approvisionnement énergétique du pays est importante... Mais encore faut-il traiter le sujet avec une conscience pédagogique, et ne pas s'embarquer dans le jeu stérile de l'obstruction... Le nombre record d'amendements déposés augure mal de l'exercice"... Autre constat, dans L'Alsace... "Au sein du groupe parlementaire UMP, les effectifs des opposants au projet de privatisation de Gaz de France ont fondu comme neige au soleil durant l'été... Celui qui a fait basculer le rapport des forces est Nicolas Sarkozy, explique Patrick Fluckiger... Le ministre de l'Intérieur a appliqué la rupture avec la loi qu'il avait lui-même fait voter en 2004... A l'époque ministre des Finances, il avait promis que la part de l'Etat dans le capital de GDF ne descendrait pas sous les 70%... Sa crédibilité est la première victime de ce débat, qui s'annonce brûlant"... "Eh oui... confirme Jean-Pierre Bedei dans La Dépêche du Midi... Sarkozy se sera comporté à la Chirac, considérant que les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent... Un comble pour celui qui prône la rupture... Mais l'Elysée vaut bien un revirement... Tant pis pour GDF... Sarko expliquera sans doute que la rupture, c'est pour la France d'après"... Et question subsidiaire, en ces temps d'effervescence législative... Que devient une loi quand elle est votée ?... Eh bien, pas grand'chose, quand ses décrets d'application se font attendre... Libération titre ainsi : "Le CV anonyme toujours à la porte des entreprises"... La loi, pourtant, a été votée en mars... "D'accord, raconte Libé, un peu contre l'avis des députés UMP... Alors de là à imaginer que ne pas sortir les décrets d'application permet d'enterrer le texte"... C'est dommage, parce que, à lire Libération, qui s'est rendu dans une PME lilloise, le CV anonyme, ça marche... Ici, deux personnes des Ressources humaines retirent des CV les noms, adresses et âges... suppriment également les expériences vieilles de plus de 15 ans, pour ne pas discriminer les plus de 40 ans... C'est ce nouveau CV que reçoit la personne chargée du recrutement... Et résultat : la PME a embauché, depuis que ce système est en place, plus de femmes, plus de personnes issues de l'immigration, et sa moyenne d'âge a légèrement augmenté... Un tabou saute... "Royal abat sa carte scolaire"... C'est Libération qui revient en Une sur ce dossier... Le journal explique que la favorite à l'investiture du PS à la Présidentielle ouvre le débat sur un dossier jusqu'à présent monopolisé par la droite et tabou à gauche : la sectorisation obligatoire de la scolarité... "Alors certes, en 63, quand la carte scolaire a été mise en place, elle avait pour but de faciliter la mixité sociale... sauf que depuis, cette carte s'est trouvée bigrement biseautée", analyse Gérard Dupuy... Reste que les propos de Ségolène Royal font du chahut au PS, explique Libé... Exemple : ce cadre des Jeunes Socialistes, qui ne comprend pas, puisque la carte scolaire figure dans le projet socialiste... C'est bien la question, confirme Le Figaro... Et du coup, "Hollande recadre Royal"... Pour la première fois, le Premier secrétaire du PS a été contraint hier soir, explique le journal, devant le Bureau national, de désavouer sa compagne... "Sur le terrain économique et social, les Français font d'abord confiance à Ségolène Royal, avant Nicolas Sarkozy, selon un sondage exclusif CSA pour La Tribune"... Voilà ce qu'on aurait dû lire lundi, en page 2 du quotidien économique... Mais cette petite phrase a été coupée par le directeur de la rédaction... C'est Le Canard Enchaîné qui raconte ce caviardage... "La Tribune passe Ségolène à la trappe"... "Le dimanche 3 septembre, c'est-à-dire dimanche dernier, à 19h30, raconte Le Canard, François-Xavier Pietri a fait irruption à la rédaction et ordonné de refaire les deux premières pages du journal... La Une était ornée d'une photo de Ségolène, accompagnée du titre : 'Royal en tête sur l'économique et le social'... Ce sont tous les articles litigieux... comprenez favorables à la socialiste... qui ont été envoyés à la poubelle... Et la Une s'est retrouvée affublée de ce titre : "Economie : les Français se montrent moins pessimistes"... Depuis, les conférences de rédaction sont houleuses à La Tribune, si l'on en croit Le Canard Enchaîné... Le Canard qui rappelle que La Tribune est contrôlée par le groupe LVMH de Bernard Arnault... un intime de Sarko... Il a même été le témoin de son mariage avec Cécilia en 1996... Pour finir... rien à voir... cette question, dans le supplément "Paris" du Parisien... "Le chien est-il le meilleur ami du Parisien ?"... Eh bien, pas sûr... Parce que, figurez-vous, les chiens désertent Paris... Et le journal d'expliquer... "Les toutous étaient près de 190.000 en 2002... Ils ne seraient plus aujourd'hui que 147.000"... Presque donc un quart de chiens en moins dans les rues... Les raisons sont multiples : étroitesse des logements... interdiction dans les transports en commun, les parcs ou les magasins... répression des propriétaires qui ne ramassent pas les déjections... "La Mairie de Paris est anti-chiens", dit-on du côté des amis des animaux... C'est dans les 8ème, 4ème et 16ème arrondissements que les caniches et autres yorkshire font de la résistance... Et ç'est peut-être ça, la vraie raison du désamour entre Paris et les chiens : c'est que c'en est fini de l'animal populaire, conclut Le Parisien... Avoir un chien à Paris sera bientôt du dernier chic...

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