(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : mauvaise Grèce

(Bruno Duvic) « L'Europe est un bateau pas terminé, qui affronte une tempête »... La définition est signée Henri de Castries, le patron d'Axa, dans Le Figaro de ce matin.Dans ce bateau inachevé, il y a une voie d'eau, elle s'appelle la Grèce."Le péril Grec fait craquer les banques" titre La Tribune . La dette grecque, les Européens ne cessent de l'écoper depuis de longs mois, mais le trou est toujours plus béant.

Sur son blog hébergé par Libération , le spécialiste des questions européennes, Jean Quatremer parle même de « déliquescence grecque ». Fraude fiscale, évasion à tous les étages, incurie, la situation n'a pas vraiment changé à Athènes.... Même la presse locale le constate. Quatremer reprend trois articles récents d'un journaliste grec respecté, George Kyrtsos.

Un exemple d’incurie parmi d'autres cités par ce confrère : au lieu de mettre la pression sur les agents du fisc et des douanes chargés de faire enfin rentrer de l'argent dans les caisses de l'Etat, le gouvernement d’Athènes les a récompensés avant même le moindre résultat. Les fonctionnaires grecs ne touchent plus de prime ? Eux en touchent toujours.

D’où cette question ce matin dans la presse, alors que la France s'apprête à voter le plan d'aide à Athènes : faut-il dire oui sans condition à cette aide ?

« J'ai un problème avec la facture grecque reconnait Jean Marc Vittori dans Les Echos . Je ne vois pas pourquoi je paierais plus d'impôt pour que des gens plus riches que moi continuent d'en payer moins. »

C'est « Le retour du débat interdit ». Dans l'édito de La Tribune , Philippe Mabille s'étonne de l'unanimisme dans lequel la classe politique française s'apprête à voter ce plan.

Car pour les économistes, ce plan est d’ores et déjà mort né. Les marchés ne croient plus qu'il sera appliqué dit un spécialiste dans Le Figaro . La Grèce dérape trop... Hier l'obligation d'Etat à deux ans supportait un taux d'intérêt de 50% !!

(P.C.) Quelles conséquences ?

(B.D.) Petit 1 les banques, françaises notamment, exposées à la dette grecque sont dans la tourmente des marchés.

Petit 2, le débat sur les institutions européennes revient sur le tapis.

Jean Claude et Mario sont dans le bateau européen. Jean-Claude Trichet, le gouverneur de la banque centrale et son successeur désigné l'italien Mario Draghi.

Ils veulent changer la coque du bateau en pleine tempête. Si un pays se montre incapable de tenir ses engagements, les autres doivent prendre les décisions pour lui, quitte à modifier le traité de Lisbonne.

Conséquences en France de cette tempête boursière repartie de plus belle : le débat sur la politique économique repart de plus belle.

L’Humanité accuse ce matin « Les fauteurs de crise ». Le projet de budget est présenté aujourd’hui aux députés. La plus lourde charge, selon L’Huma , est réclamée aux familles et aux salariés. « Partout en Europe, ces politiques compriment le pouvoir d’achat, étouffent la croissance et aggravent la crise. »

« Comment concilier rigueur et croissance ? » La question est à la Une de La Croix.

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Dans France Soir , à propos de la dette publique, le journaliste François de Closets accuse : « Nous payons 30 ans de mensonge ». Et il rappelle l’épisode de la « cagnotte », sous la cohabitation Chirac/Jospin.

« Chirac et Jospin ont renoncé au sauvetage de nos finances dès 1999, par pure démagogie, alors qu’ils en avaient les moyens financiers. En 1997, avec 4% de croissance (…) la France avait les moyens de rembourser sa dette. Elle avait des rentrées fiscales providentielles, avec environ 40 milliards de France d’excédent.

DSK, ministre des Finances de Jospin, voulait affecter ces excédents au remboursement de la dette, mais il n’osait pas le dire. Il avait la « rigueur honteuse ».

Là-dessus, le président Chirac repère ça et, le 14 juillet, patatras, il révèle aux Français qu’il y a « une cagnotte » ! Il décide alors de distribuer cet argent aux Français, avec la complicité de Jospin, qui ne demande pas mieux. »

Dernière conséquence, à la Une du Parisien-Aujourd’hui en France : « Des centaines de villes sont piégées par le Franc suisse ». Saint-Tropez, Argenteuil, Saint-Cast, le Guildo, Saint-Etienne… ces communes ont souscrit, au début des années 2000, des prêts à taux variables adossés au taux de change Euro/France suisse. Avec l’envolée de la monnaie helvétique, elles sont prises à la gorge.

(P.C.) Après la Grèce, direction, l'ex-Allemagne de l'Est et l'Egypte

(B.D.) Les dossiers secrets des polices politiques, mauvaise graisse accumulée par les dictatures. Que doit-on en faire après les révolutions ? Question posée par Géraldine Schwarz dans Le Monde .

Berlin Est, Janvier 90, sur le Normannenstrasse. Des manifestants prennent d'assaut le quartier général de la Stasi. Ils l'occupent jour et nuit pour empêcher la destruction des archives. Quelques mois plus tard, le parlement autorise tous ceux qui avaient été fichés par la police secrète à accéder à leur dossier.

Mars 2011 quartier Amn al Dawla, au Caire : les révolutionnaires égyptiens mettent la main sur quelques sacs de papiers en lambeaux dans le quartier général de la sécurité d'Etat. Ils sont arrivés trop tard mais quelques documents peuvent être sauvés.

Que faire de ces dossiers qui racontent par le détail la vie intime de milliers d'hommes et femmes ? Et qui révèlent les noms de ceux qui les ont trahis ?

Aujourd'hui les Allemands conseillent les Egyptiens. L'étude des archives de la Stasi a permis de comprendre le fonctionnement de la RDA totalitaire. Elle recrutait ses informateurs parmi les amis, les collègues et même la famille des personnes visées. "Nous avions peur des actes de vengeance, mais ils n'ont pas eu lieu" dit un des experts allemands.

Alors oui, pour refermer les blessures et construire la nouvelle Egypte, il faut ouvrir les dossiers. L'un des Egyptiens interrogés par Le Monde a eu accès au sien. "Ils avaient imprimé des échanges de mails entre ma femme et moi". Tout d'un coup j'ai réalisé l'ampleur de la machine.

(P.C.) Quoi d'autre dans la presse, Bruno ?

(B.D.) La rentrée des classes et le controversé dégraissage du mammouth, les suppressions de postes et leurs conséquences. Les quotidiens régionaux regardent très précisément où on manque de classes. Rentrée mouvementée dans l'Hérault par exemple, selon MidiLibre . A Montaud, des parents d'élèves ont fait entrer des moutons dans une cour d'école pour dénoncer une fermeture de classe. "Nos enfants ne sont pas des moutons".

Un produit coupe-faim vendu comme un antidiabétique, c'est l'histoire du Mediator. La « manip’ » du laboratoire Servier a commencé dès la demande de mise sur le marché en 1973. C'est à lire dans Libération qui s'est procuré les P.V. d'audition devant les juges d'un médecin et d'un chercheur qui ont travaillé pour Servier.

« Je suis un patron atypique et alors ? Etre heureux dans sa vie privée est une source d'équilibre pour un chef d'entreprise ». Propos d'Arnaud Lagardère dans Les Echos ce matin. Il répond aux polémiques nées après la chute de l'action Lagardère en bourse et la vidéo languide où il pose avec sa campagne. Il la juge lui-même ridicule.

(P.C.) Après tant de mauvaise graisse, quelques belles images pour terminer...

(B.D.) Sur le blog "Photo sensible", hébergé par le site de Madame Figaro, avant-goût d'une exposition qui s'ouvre la semaine prochaine à Paris. Elle est consacrée à Ron Galella, paparazzo new yorkais des années 60-70. On parlait alors de café society et non pas de people.

On voit...

Jackie Kennedy marcher dans la rue, cheveux au vent, légère comme une plume.

Les deux James Bond, côte à côte en soirée : Roger Moore un cigare à la main et Sean Connery en col roulé blanc.

Côte à côte aussi Mick Jagger, fleur à la boutonnière et John Lennon en nœud papillon.

Deux images encore, trait commun la blondeur. Catherine Deneuve et Robert Redford sortent de voiture. Lui est « encore plus beau que dans sa mythologie », écrit Jean Sébastien Stehli, qui tient ce blog.

Lorsqu'il photographiait Marlon Brando, Ron Galella portait un casque, car le colonel Kurtz d' « Apocalypse now » avait plusieurs tenté de lui casser la figure.

Aujourd'hui, ses photos servent la légende de toutes ces étoiles, même si elles ont parfois été prises de mauvaise grâce...

A demain

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