Et d'abord à Marseille. Alors qu'un comité interministériel est réuni ce matin, la lecture de la presse est passionnante car elle présente tous les aspects de la ville.

La violence, d'abord à l'origine de la réunion, ces 20 morts dans des règlements de compte depuis le début de l'année.

Le poids des mots le choc des photos, dans Paris Match. Les corps sur les trottoirs, les armes de guerre, et cet homme passé par les Baumettes et qui dit "Si on me cherche, je peux faire des trucs sales aux gens.

Marseille et ses kalachnikovs : d'où viennent-elles ?

La ville n'en a pas le monopole. Le Nouvel Observateur essaie de remonter une filière. Elle mène à Jérôme D. collectionneur fou, virtuose de l'armurerie clandestine. Il se ferait livrer les fusils en pièces détachées et les remonterait comme un orfèvre. Dans la maison de cet homme officiellement électricien dans le 12ème arrondissement, sous un escalier, derrière une cloison amovible et une armoire, la police a retrouvé 27 armes dont 14 de guerre, 150 kilos de munitions et des pièces détachées par dizaines.

Où s'est il servi ? Peut-être Belgique, où la législation sur les armes est plus souple qu'en France. Cela dit en France, peste un enquêteur, la détention d'armes, même de guerre n'est jamais punie de prison ferme.

Au delà de la Belgique, il faut probablement regarder du côté de la Serbie : la manufacture d'où viennent la plupart des Kalachs en circulation est serbe. Mais voyez vous, quand on les appelle, ils ne livrent pas de fichier client.

Petit rappel, les armes ça tue. Samia Ghali en sait quelque chose. Toujours dans l'Obs, portrait de la sénatrice-maire d’arrondissement PS de Marseille qui a relancé le débat en proposant d'envoyer l'armée dans les cités. Ambitieuse, c'est moi-moi-moi disent ses détracteurs. Fille d'immigrés algériens, née dans un bidonville, élevée dans l'une de ces barres HLM tenu par les trafiquants de drogue : son premier amour, ses copains, ses copines d'enfance : overdose.

La violence dans les cités de Marseille, témoignages de flics dans le Figaro : le rapport de force s'est inversé. Récemment, on a dû mobiliser 16 fonctionnaires de la PJ et des renforts de la Bac pour aller chercher un seul suspect dans une cité.

Au delà des fusils, les témoignages d'habitants dans Le Parisien décrivent un climat.

Précisons que ce climat ne règne pas partout, loin de là, à Marseille. Les terrasses de café de certains quartiers où les joints circulent à l'air libre, le commissariat du 3ème arrondissement grillagé, et les ascenseurs en panne dans les cités, ils peuvent rester en rade un an.

Violence sociale. Taux de chômage dans la cité de la Castellane, celle de Zidane : 49.9%. Marseille est une ville en très grande perdition, écrit Médiapart. Libération donne d'autres chiffres : près d'un tiers de la population y vit avec moins de 954 euros par mois. 31%, c'est 13% en moyenne en France. Marseille souffre, entre autres du long déclin économique de son port.

Tous les journaux sont à peu près d'accord : il faut une approche transversale, pas seulement policière.

La Provence et Libération en donnent quelques pistes.

Côté policiers : de nouveaux effectifs, la création d'une unité spéciale pour s'attaquer aux portes-monnaies des voyous, l'extension des zones de sécurité prioritaire.

Pour le reste, l'école. Un quart des Marseillais ne disposent d'aucun diplôme. L'apprentissage du Français, l'apprentissage tout court, l’éloignement de la violence commence tout petit : on pourrait proposer l'entrée de tous les enfants en maternelle dès deux ans.

Les transports. Pas de boulot dans la ville, alors qu'il y a le complexe industriel de l'étang de Berre à 30 kilomètres.

La métropole. Elle ne rassemble que 18 communes. Une véritable métropole permettrait de développer une politique de transports et de partager les richesses et les dépenses, éviter que les voisins viennent profiter du stade ou de l'opéra de Marseille sans partager les ressources fiscales.

Libération ajoute une piste : révolution culturelle. La culture de la débrouille, du passe-droit, du clientélisme. Un bon piston est souvent plus efficace qu'un diplôme. Dans les échos, le sociologue Laurent Mucchielli souligne l'un des atouts de la ville : son niveau de sociabilité, sa vie de quartier, facteur de cohésion sociale.

Faut-il préciser après tout ce qui a été dit que toute la ville de Marseille n'est pas à feu et à sang, loin de là. Faut-il préciser qu'elle n'a pas le monopole de la violence. Illustration avec par exemple la Une de Presse Océan, le journal de Nantes.. Agression en série dans les bus nantais. Quatre agents à nouveau pris à partie mardi matin.

Autre débat violent dans la presse : le cas Richard Millet

Editeur brillant, auteur sulfureux qui vomit le multiculturalisme au point d'écrire un éloge littéraire d'Anders Breivik, le tueur de Norvège. Portrait dans Libération, réquisitoire dans Le Point et l'Obs, défense dans Valeurs actuelles. Le cas Millet fait causer. Libération décrit cet ancien combattant des phalanges chrétiennes au Liban comme un soldat perdu qui frémit au chant de la Kalachnikov.

Dans Le Point, Bernard Henri Lévy le décrit comme un provocateur qui frappe toujours plus fort pour faire parler de lui. Soutien à Ben Laden, défense de Bachar al-Assad, et aujourd'hui Breivik. Selon BHL il ne devrait plus être éditeur chez Gallimard.

Valeurs actuelles dénonce les lyncheurs qui veulent faire taire ceux qui parlent Islam et immigration. Plutôt que d'affronter Millet sur le terrain du débat, ils ont choisi de le lyncher en meute.

Dans l'Obs, Jean Marie Le Clezio répond sur le fond. Pour le prix Nobel de littérature, l'obsession du multiculturalisme est déjà une question caduque. Nous vivons dans un monde rencontres, de mélanges et de remises en cause.

Echanges de flèches, encore dans L'obs, qui a lancé la semaine dernière l'affaire d'un possible conflit d'intérêt pour Arnaud Montebourg. Bercy a donné mandat à la Banque Lazare de travailler sur la Banque publique d'investissement. Le numéro deux de Lazard France Mathieu Pigasse est également l'employeur aux Inrockuptibles d'Audrey Pulvar la compagne du ministre.

Arnaud Montebourg affirme qu'il n'avait pas connaissance du mandat confié à la banque de Mathieu Pigasse. L'Obs répond que l'information a été confirmée par 3 sources différentes. Et que le conflit d'intérêt potentiel demeure entier.

Vous avez un peu de douceur à nous proposer ?

Oui 3 hommes dans un lit sous la même couette et l'air béat. C'est page 9 de Paris Match. Page 10, l’un des 3, un certain Patrick C. ressent le besoin de se recoiffer.

Mais qui sont ses hommes, mystère.

Patrick vous nous direz si Laurent Bazin, l'homme de la matinale de RTL ronfle.

Et si Bruce Toussaint, confrère d'Europe 1 vous a laissé de la place sous la couette.

Les trois vedettes des matins de la radio. Ils réveillent 10 millions de Français. Alors pour Paris Match, ils ont accepté de poser dans un lit ensemble.

Et voyez comme ces garçons sont étranges, ils se glissent sous la couette en costume et chemise.

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