Echange d'amabilités entre Valls et le New York Times. la stratégie d'Altice/SFR. et les hommes Les Républicains photoshopés à la Une de Libération

8H30 la revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence par une réponse, du berger à la bergère.

En l’espèce, de Manuel Valls au New York Times

Colère du premier ministre à la lecture vendredi d’un article du quotidien américain intitulé « Regards changés et langues déliées ». Un article dit il hier qui donne une « image insupportable, car fausse de la France » accuse t il dans une tribune publiée sur le site du Huffington post. « Ce que je conteste écrit le premier ministre, ce n’est pas que la France, comme tous les pays connaisse le racisme, c’est que la journaliste donne la parole à des femmes de confession musulmane en prétendant que leur voix serait étouffée, et ce pour dresser le portrait d’une France qui les oppresserait ». « Le New york Times aurait pu interroger l’immense majorité des femmes musulmanes qui ne se reconnaissent pas dans une vision ultra rigoriste de l’Islam ». Manuel Valls accuse le journal d’avoir suscité ces témoignages à la suite d’un événement scandaleux organisé en France accuse t il, ce camp d’été dit décolonial, interdit rappelle t il aux personnes à la peau blanche, cette initiative prosélyte qui a pour objectif dit il de revenir sur deux principes fondamentaux de notre pays, l’égalité hommes/femmes et la laicité.

Alors ce matin, le New York Times répond au premier ministre français. Il ne s’agissait effectivement pas d’une enquête de terrain explique la porte parole du journal, mais d’un appel à témoignages, lancé en europe le 22 août dernier, avant donc ce fameux camp décolonial, mais au moment où la France se divisait sur cette histoire de Burkini, et où l’Allemagne elle-même envisageait de légiférer sur le port du voile. Le New York Times qui affirme donc avoir strictement reproduit les témoignages de quelques 1200 femmes. Reste que ces témoignages vont tous dans le même sens : celles de femmes qui se disent « humiliées par la France », parce qu’elles portent le voile. L’une d’elle allant jusqu’à dire : « J’ai peur un jour de porter une lune jaune sur mes habits, comme l’étoile de David pour les Juifs il n’y a pas si longtemps. », une autre affirmant « qu’être musulmane en France, c’est vivre dans un régime d’apartheid », une autre défendant encore l’idée que le burkini est un « instrument de libération de la femme. »

« Quel incroyable retournement s’offusque manuel Valls, qui répète son credo : le burkini « n’est pas une tenue de bain anodine, c’est une provocation..Le corps des femmes n’est ni pur ni impur, il est le corps des femmes. Il n’a pas à être caché pour protéger de je ne sais quelle tentation » conclut il. Titre de sa tribune à lire sur le Huffington post, « En France, les femmes sont libres ». Une réponse au New York Times donc, sans doute aussi à tous ceux qui dans son camp, ou pas, ont profité de la décision du conseil d’état pour affirmer, y a plus de débat, on a gagné

Dans la presse également ce matin Hélène, l’Europe qui monte au créneau pour défendre les consommateurs européens

Les Echos racontent ce matin comment Bruxelles n’a pas l’intention de se laisser flouer par Volkswagen dans l’affaire du Dieselgate. Hier la commissaire européenne à la protection des consommateurs a mis un gros coup de pression sur constructeur allemand en l’accusant d’avoir transgressé deux directives européennes : la tricherie sur les émissions pollluantes des moteurs diesel tient selon elle de la pratique commerciale déloyale, et enfreint les règles communautaires sur les ventes et garanties. Si Bruxelles n’a aucun pouvoir de sanction, elle appelle les Etats membres à obtenir réparation, promettant d’y veiller, et les consommateurs à porter leurs dossiers devant les tribunaux. Volskwagen a déjà versé plusieurs milliards aux automobilistes américains mais refuse de faire de même pour les quelques 8 millions et demie de véhicules affectés en europe, s’abritant jusque là derrière les failles et la complexité des lois en vigueur. Et bien la Commission relève la tête et se met en position de défense des consommateurs. Assez nouveau pour être relevé.

Dans la presse, rubrique « éco » beaucoup d’articles sur l’absorption totale de SFR par Altice, quand Aujourd’hui en France/le Parisien s’intéresse plus à votre plan social Michel Combes. Le journal qui nous explique que Patrick Drahi, pressé, se découvre une « fibre sociale » en proposant des indemnités de départ volontaire très au-dessus de ce qui se fait habituellement, 2 mois et demie de salaire par année dans l’entreprise, une jolie et surprenante fleur dit le journal, quand on connait la réputation de chasseur de coûts intransigeant de votre patron. Dans le Monde diplomatique, charge plus globale, plus dure, et plus complexe à résumer aussi je vous l’avoue, sur cet empire que vous êtes en train de constituer, empire qui opère une convergence entre télécoms et medias, puisqu’on peut désormais télécharger sur son smartphone, un certain nombre de journaux. Titre du Monde diplo « quand les tuyaux avalent les journaux ». Le mensuel souligne que cette convergence que vous présentez comme « allant dans le sens de l’histoire », cache en fait des enjeux très terre à terre. Ca va de la petite manip fiscale faite sur les factures téléphones auxquelles vous appliquez le taux de Tva , plus bas réservé à la presse, à la facilité que ça vous donne de relavoriser vos offres tarifaires. Mais le Monde diplo affirme, c’est que cette convergence est surtout et peut être avant tout, un outil d’influence. Comme Jeff Bezos, patron d’Amazon a racheté le Washington post pour peser sur le pouvoir fédéral, patrick Drahi serait entré au capital de Libération pour obtenir les bonnes grâces de François Hollande. Auparavant écrit le journal, patrick Drahi trainait la sale image du « résident suisse » à qui Montebourg alors ministre avait quelques questions fiscales à poser disait-il, et bien Drahi a vite saisi qu’il n’était pas idiot de sauver un quotidien proche du pouvoir quand on prépare la consolidation des télécoms en France ». Bref stratégie nouvelle, mais des visées vieilles comme le monde capitaliste sous-entend le Monde diplomatique

On termine avec l’actualité politique Hélène…

Conjuguée à l’actualité judiciaire ce matin.

Retour sur la bombe Cahuzac au premier jour de son procès, « mon premier compte en suisse c’était pour financer la campagne de Rocard a-t-il affirmé. Celui qui a ouvert ce compte en 1992, Michel Péninque dément dans Mediapart avoir jamais entendu parler de cela, «c’est du vent total dit il à Marine Turchi « ridicule : il met de l’argent, il n’y touche pas pendant quinze ans, et ce serait pour financer Rocard ? un compte ouvert quatre ans après la présidentielle de 1988 où Rocard voulait se présenter ? Je pense qu’il se venge » conclut Péninque. En attendant, celui qui est désormais un conseiller officieux de marine le pen se réjouit : Ce n’est pas nous qui le payons, Cahuzac, mais merci, ça fera 100 000 ou 200 000 voix de plus pour Marine le pen! «

Photomontage amusant à la Une de Libération: Libé a détourné une photo de « les Républicains » comme on dit, où l’on ne voyait que des hommes s’avancer, sûrs d’eux vers leur destin, tous en costume cravate. Et bien Libé a grossièrement photoshopé tous ces troncs masculins cravatés en les surmontant de la tête de…nathalie Kosciusko-Morizet. « Faut il sauver NKM ? une seule femme leur manque et tous sont embêtés » titre le journal, NKm toujours à la peine pour réunir ses parrainages en vue de la primaire

Enfin pour le plaisir, et pour ceux qui ont raté ou qui se fichent de la rentrée de Canal Plus hier, je vous conseille les inénarrables Isabelle Roberts et Raphael Garrigos qui sur le site Les jours, nous en font un compte-rendu façon zapping…beaucoup de SCRTCHH…puisque selon la nouvelle stratégie de Bolloré, le grand journal commence en crypté, un « océan d’auto complaisance eldinesque « pour qualifier la prestation du successeur de Yann barthès, des guignols restés scotchés à 1991 avec Chirac et Stallone dans le Grand journal, même la présence de Dédé, André Manoukian leur idole n’a pas suffi à les dérider. Ca donne pas forcément envie de regarder la télé, mais le récit vaut la peine !

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