Pour rajeunir, il faut manger comme dans un village de Calabre, dit l'Obs (en résumé). les journalistes de MariClaire ont testé leurs enfants aux molécules dangereuses: tous contaminés! Le Figaro analyse l'absentéisme au travai des français. La Voix du Nord raconte ces maires qui démissionnent submergés par leur tâche.

Et on nous parle de vin ce matin...

Car c'est la saison des  vendanges, et dans Midi Libre une GROSSE MACHINE bleue de trois mètres de hauteur s'avance majestueusement dans le domaine de Nicolas Pistre à Cazedarnes, et la machine coupe les grappes avec douceur et sépare le fruit de la feuille, les vendanges sont le temps des vendangeuses, s'en plaindra -t-on quand ailleurs se perpétue la misère des travailleurs de la vigne, et l'Humanité, avec talent, raconte comment la pauvreté croupit à l'ombre des châteaux du Bordelais.

C'est la saison des vendanges et des guides. A la Une de celui de Paris-Match sourit le chanteur Bon Jovi, qui dans les Corbières, s'est associé à un vigneron pour inventer un rosé pour le marché américain, ains Baptisé, "Dive in the Hampton waters"... Ainsi est nommé le fruit de notre sol...

C'est la saison des guides, et ATTENTION, c'est la semaine du Spécial Vins du Point, qui comme chaque année annonce l'espérance du nectar par le plaisir des mots et du sens. Par exemple, cet article, "Dépasser le diocèse", pour se réjouir de la montée du Saint-Véran, en Saône-et-Loire, comme d'un revanche sur l'histoire:  "Les côtes de Beaune et de Nuits dépendaient depuis le Moyen Age du diocèse d’Autun; et le Mâconnais de celui de Chalon. Ce dernier, grâce à son port fluvial, jouissait des richesses qu’apportait la Saône. Autun, enfermé dans son Morvan, trouve dans l’aménagement de Beaune et de Nuits,  pour y planter de la vigne, les moyens de se développer… D’où la multiplication des grands et premiers crus dans le 21 et la plus modeste gloire des vins du 71."

Mais. le vin n'est pas dans le Point qu'une invite à l'intelligence. Il est aussi un combat. "Défendons le vin contre les pisse-vinaigre", charge le patron du journal Etienne Gernelle, dans un exercice de style populiste où sont fustigés le "parti du bien", la "brigade de la répression du vice", les "croisés prohibitionnistes"... Comprenez les scientifiques de la revue britannique "The Lancet" qui a publié une étude exhaustive sur les dangers du vin, dès le premier verre, car le vin, pour le foie, n'est que de l'alcool... Mais Gernelle fait barrage...

Et pour faire bon poids, le Point, va tester un symbole de la prudence alimentaire, l'application pour smartphone Yuca, qui permet de scanner vos courses pour savoir si elles sont saines ou déséquilibrées et polluées d'additifs. Ce phénomène de société mais... un jeu d'amateurs dit le Point, qui sème et dont l'algorithme élimine systématiquement le beurre, le miel et le chocolat, même bio.

Et le Point prend le contrepied d'inquiétudes qui, ailleurs, se sont imposés.

Et un autre hebdomadaire veut nous empêcher de vieillir en mangeant mieux

L'Obs EN FACE qui nous invite à écouter un bel homme, il ne fait pas ses 50 ans, Walter Longo, professeur de biologie et gérontologie à l'université de Los Angeles, qui nous dit ceci.  "Il est prouvé qu'on peut rajeunir les muscles, le pancréas ou le cerveau des souris en variant leur régime alimentaire",

Et des souris à l'homme, le pas est franchi et il faut donc manger MOINS et MIEUX,

Exclure les protéines animales, fini la viande, même la blanche, fini le fromage, très peu de lait, pas beaucoup d'oeufs, juste du poisson, mais surtout des légumes, des légumes secs, des céréales, des fruits secs et des légumineuses, des lentilles et des aubergines grillées... et c'est efficace, dit l'Obs, contre le diabète, le cancer, alzheimer, les maladies cardiovasculaire...

Nous sommes loin des agapes que j'imagine au Point, et serait-ce ici que se réinvente le débat politique, entre une droite qui demande qu'on la laisse en paix et une gauche prométhéenne mais  ascétique, où l'on traque le perturbateur endocrinien et on dénonce les aliments transformés?

Mais en même temps, Valter Longo se réclame du village de sa maman, Molochio en Calabre, où vivait Salvatore Caruso mort à 110 ans, le vétéran de l'italie, et c'est le régime de ce terroir et d'autres coins heureux de la planète où les centenaires prospèrent, qui inspire ses recettes. Et nous convergeons donc. Le terroir est la clé, contre l'hygiénisme dans le Point, contre la mort et la modernité qui la charrie  dans l'Obs...

Et cette crainte de périr en mangeant, ou simplement en vivant et respirant un monde empoisonné,  travaille la société...

Le journal Marie-Claire met à contribution de beaux enfants sages, les enfants des journalistes de la rédaction photographiés dans leurs chambres heureuses, mais les textes rendent sépulcrales ces photos innocentes. Ces enfants ont été testés sur leur exposition aux molécules toxiques. Sasha, 4 ans, est contaminé au titane, Isaure 13 ans a été exposée à l'uranium naturel, comme Violette qui a 8 ans et Marpessa, douze ans, Octave, 5 ans, contaminé par l'étain. Jolis enfants, en prison, en poison, les nôtres.  Sur le site The Conversation où murissent les débats de fond, un chercheur en biochimie au CEA et père de famille, Jérôme Santolini, raconte son combat contre les barquettes en plastiques imprégnées de bisphénol, où, à la cantine, étaient réchauffés les repas de ses enfants...

Les arrêts maladie des Français pour finir.

C'est pour le Figaro un baromètre annuel et une polémique qui peut monter ce jour, car nous sommes de plus en plus absent 17,2 jours d'absence pour maladie ou accident du travail en 2017, contre 16.8 en 2016... Quand des entreprises traquent les fraudeurs, quand Edouard veut limiter les dépenses de l'assurance maladie, le Figaro donne des clés: dans le commerce, la santr, l'industrie se multiplient des troubles musculo-squelettiques, on porte trop de charges trop lourdes, dans des entreprises où l'on se sent peu impliqués, une bête de somme, et en plus, on vieillit...

Ce n'est pas joyeux, la lassitude. Elle apparait dans deux belles pages de la Voix du Nord, qui montre des hommes et des femmes dévouées au bien commun qui renoncent: les maires démissionnent, toujours plus nombreux, écrasés par la charge de la collectivité et le sentiment de leur impuissance. Michel Arnould de Monchaux-sur-Ecaillon rêvait la nuit de sa mairie, il revit. On lui souhaite un vin joyeux sur fond d'aubergine grillée, longtemps.

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