Complexe Jean-Marie Lustiger, paradoxal. La presse rend unanimement hommage ce matin à cette personnalité "abrasive" comme le qualifie Le Figaro. Une première messe a été célébrée hier soir en la cathédrale Notre-Dame. C'est un "destin français" qui s'éteint titre l'éditorial du Monde daté d'aujourd'hui. "Le cardinal Lustiger restera jusqu'à la fin un paradoxe vivant" et nombreux sont les éditorialistes qui soulignent le parcours inédit, les positions tranchées de Jean-Marie Aaron Lustiger, cet archevêque juif d'origine, converti à 14 ans, qui aura tant oeuvré pour le rapprochement entre les deux religions. "Fils à la foi de l'Ancien et du Nouveau Testament" écrit encore le Monde. "La liberté dérangeante du converti" titre pour sa part Jean-François Bouthors dans Ouest France : "Là où d'autres auraient voulu plus de souplesse, de discrétion, le cardinal de Paris tranchait, bousculait, obligeait à se situer écrit-il, on était pour ou contre lui, tant il était singulier". "Vous pouviez échanger avec lui, mais vous ne le faisiez pas bouger d'un iota" se souvient pour sa part Frédéric Lenoir, le directeur du Monde des Religions dans les colonnes du Parisien Aujourd'hui en France. "Son langage était rude parfois" concède également Jules Clauvart dans Nord Eclair, mais Jean-Marie Lustiger était un lanceur de ponts, un pontife, etymologiquement. Histoire de rappeler que la religion a pour but de RE-LIER les hommes, quelles que soient leurs doctrines et leur croyances. La Croix, prise de court hier par les délais de bouclage, consacre évidemment aujourd'hui une édition spéciale à la disparition du cardinal Lustiger. "Cet homme qui ne pouvait laisser personne indifférent" résume Michel Kubler. Sept pages hommage, sept pages portrait où l'on revoit Jean-Marie Lustiger priant devant le camp d'Auschwitz en 1983, là où sa mère avait été déportée et tuée par les nazis, où l'on revoit également Jean Marie Lustiger, 10 ans plus tard, en train de bénir des forains de la Foire du trône, dans un manège d'Auto Tamponneuses, parce que le père Lustiger, c'était aussi "le curé des parisiens" rappelle Ava Djamshidi dans Le Parisien, justement. Une cascade d'images, c'est aussi le souvenir que garde Didier Pobel dans le Dauphiné Libéré. "Des images graves, apaisantes, réconciliantes", comme autant de trace de cette "cardinale conscience". Même l'Humanité salue la mémoire d'un "archevêque engagé", rappelant que comme son ami intime, le pape Jean-Paul II, l'homme de foi avait lutté "avec acharnement contre le communisme", mais il avait également fustigé le néopaganisme du Front National, souligne Michel Noblecourt dans le Midi Libre, qui conclue : "Derrière son christianisme virulent, le cardinal incarnait un humanisme universel." Ce qui laisse espérer à Etienne de Montety dans son édito du Figaro que l'Eglise catholique, et plus généralement la société française, saura faire fructifier l'héritage de Jean-Marie Lustiger, lui qui, "en créant il y a 20 ans un séminaire à sa manière, a donné naissance à une génération de prêtres surnommés drolement les "lulu's boys" :ça ne s'invente pas. Complexe Laure Manaudou, peut-être pas tant que ça. Torturée, certainement, difficile de caractère, difficile en tout cas de comprendre ce matin comment on en est arrivé là. Pourquoi a-t-elle été exclue, brutalement, de son club italien de LaPresse, à peine trois mois après l'avoir rejoint ? Alors il y a bien sûr l'Open de Paris, à moitié raté et surtout, un comportement curieux, méprisant, distant. Vos journaux en tout cas s'interrogent. Certains lui trouvent toutes les excuses du monde :"Elle est belle. Elle est aimée. Elle pèse un million d'euros par an. Amour gloire fortune, beauté. Elle a tout pour être heureuse. Que veut-elle de plus ?" se demande Bernard Revel de l'Indépendant. "Vivre peut-être", avance-t-il. "C'est une gamine, elle a tout juste vingt ans..." partie en Italie vivre son premier grand amour, découvrir la liberté, "face à ces entraineurs qui ont un chronomètre à la place du coeur". Bernard Revel concède : "On comprend qu'elle doute". Plus sévère, Michel Vagner dans l'Est Républicain, déplore : "Quel gâchis ! Comment la natation française qui doit tant à sa plus grande championne a pu en arriver là... ?". A un an de l'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin, "il faut sauver la soldate Manaudou" assène-t-il à plusieurs reprises dans son édito. "SOS Manaudou" titre aussi L'Equipe, à qui le président de LaPresse, Marco Durante a accordé une interiew dans laquelle il explique les raisons de la rupture. Dur Marco Durante, excédé, stigmatisant le comportement de la nageuse, assurant que dans ces conditions, "elle ne pourra pas faire de très grand jeux". "Il y a une chance sur un million que Laure comprenne et c'est à cette seule condition qu'elle peut revenir" affirme-t-il. "Mais qu'elle comprenne quoi au juste ?" s'emporte Libération. "Qu'il faut être poli avec les copines ? Qu'il faut regarder ton coach quand il te parle ? On se fout du monde" tonne Grégory Schneider qui fait porter la faute, toute la faute à Durante. "Complètement inconnu auparavant dans le monde de la natation écrit-il. "Son club LaPresse est en réalité une agence de droits d'images sur laquelle on a greffé à la hate une pseudo structure sportive". Libération qui prend donc fait et cause pour la jeune championne, soutenant la thèse défendue par l'avocat de la nageuse, thèse selon laquelle elle aurait été abusée et manipulée dans la signature d'un contrat de droits à l'image. C'est également à lire dans le Parisien, qui espère en une : "Laure, reviens !", qui espère le retour de la nageuse dans un club français et pourquoi pas Canet en Roussillon, tiens, trois mois après son départ. "La petite maison à côté de la piscine Europa est toujours à sa disposition" assure l'article : "les dirigeants du club devaient la rencontrer ces jours-ci", mais la décision finale appartient à Philippe Lucas, son ancien entraîneur. Avance, prudent, le maire de Canet : autant dire que la partie n'est pas gagnée. "Ma vie, c'est l'boulot" : c'est Christian Moulinero qui le dit en page 3 du Parisien. Christian Moulinero a 60 ans, il a été mis à la retraite d'office, et voulait continuer à travailler jusqu'à 65 ans et il n'est pas le seul dans ce cas. C'est ce que révèle un sondage CSA publié par le quotidien c'est d'ailleurs le dossier du jour. 63% des personnes interrogées sont favorables à ce qu'un salarié puisse travailler après 65 ans s'il le souhaite, sans grande surprise, plus du côté des cadres et professions libérales que du côté des employés et nettement plus chez les sympathisans UMP que chez les socialistes. Vous connaissez nécessairement Monsieur Spock, ce sympathique extra-terrestre aux oreilles pointues et au teint palot qui a fait les heures de gloire de la série Star Trek. Et bien le Spock nouvelle génération qui arrive ne va peut-être pas emporter tout votre enthousiasme. C'est à découvrir dans les pages Saumon du Figaro. Spock, c'est le nom d'un nouveau moteur de recherche spécialisé dans la recherche de vous, de nous, de profils personnels en fait. Imaginez en gros une sorte de Google, vous tapez par exemple Thierry Steiner, pourquoi pas, ou Nicolas Martin, et hop, une fiche avec tous les renseignement que le moteur aura pu collecter sur cet individu. C'est un constat simple qui est à l'origine de ce projet : un tiers des recherches sur le net concernent des personnes. Le site, qui devrait être lancé aux Etats Unis dans quelques semaines, annonce qu'il proposera dès son ouverture plus de 100 millions de fiches individuelles. Alors vous vous dites peut-être que légalement, ça ne va pas passer, que ça devrait être interdit pour la protection de la vie privée et tout ça et bien pas du tout, déjà parce que selon la législation américaine, les moteurs de recherche ne sont pas considérés comme responsables du contenu qu'ils fournissent nous explique le Figaro, et également parce que les renseignements collectés viendront des sites auxquels les internautes ont déjà fourni des renseignements, comme des sites personnels. VOS sites, blogs, ou myspace par exemple. Vous apprécierez toute l'ironie du hasard en découvrant cette une sur votre vie privée bientôt sur Internet. Juste au-dessus d'un encart publicitaire pour les DVD du Figaro Mag, chaque samedi en supplément, c'est la collection Hitchcock. James Steward y tient un immense téléobjectif : c'est l'affiche du film "Fenêtre sur Cour", dans lequel Steward espionne chez son assassin de voisin d'en face. En espérant que le dévoilement de votre intimité ne vous pousse pas au meurtre... Une revue de presse signée Nicolas Martin

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