Abandon d’animaux, renouveau du champagne rosé… Tauromachie,… La presse bronze… C’est l’été… Nos journaux semblent être écrits avec une plume trempée dans un flacon de monoï. L’actualité du jour étant plate comme la Côte d’Opale… Arrêtons-nous toutefois sur le rocher coupant qu’est le non-lieu rendu dans l’affaire des frégates de Taïwan… Une décision qui crée un vrai malaise dans les colonnes, à l'image de ce qu'écrit par exemple François Ernenwein dans LA CROIX : "Cette affaire d'Etat restera une illustration inquiétante de ce que la juge Eva Joly essayait de dénoncer : le blocage politique des enquêtes". Oui, reprend Patrick Chabannet dans le JOURNAL DE LA HAUTE MARNE, l'enterrement de cette affaire est un fait grave... La justice a renoncé car elle sent bien qu'elle ne pourra jamais briser le fameux secret défense, ce silot d'opacité au coeur de la République... Malaise. Le malaise... Il a régné en toile de fond pendant des mois à l'approche des jeux olympiques de Pékin... et jusqu'à ces derniers jours, avec l'annonce notamment de la censure partielle des sites Internet pendant ces olympiades. Mais en cette veille de cérémonie d'ouverture, à une journée du top départ, on aborde le sujet différemment dans la presse... Ce qui devait être dit ayant été dit sur la situation politique de la Chine et l'obsession sécuritaire qui entoure ces jeux, les journaux s'intéressent maintenant à la compétition proprement dite... Avec L'EQUIPE bien sûr qui, sous le titre convenu mais efficace de "Ruée vers l'or", nous rappelle l'objectif des athlètes français : obtenir plus de médailles que les 33 rapportées d'Athènes il y a 4 ans... Autrement dit, conserver son rang de 7ème nation olympique... Bref, rester au "septième ciel" comme le titre LE FIGARO. Voilà pour l'actualité. Et puisque c'est comme ça, avec le concours des quotidiens et des hebdomadaires, je vous emmène dans les coulisses d'endroits aussi divers que le sont les sujets d'été. A commencer par les JO justement... avec LE FIGARO qui nous présente des athlètes au pays des merveilles. Oui, à Pékin, les sportifs, parait-il, sont conquis par le village olympique. Loin de toute agitation, les athlètes ont débarqué dans un espace qui leur est entièrement dévoué... un village grand comme une ville, pour nomades de luxe... deux par chambre, un restaurant énorme... on dirait un hall de gare, témoigne la joueuse de tennis Alizé Cornet. C'est vrai, souligne Laurence Schreiner, du FIGARO, pour les béotiens, l'ébahissement est réel. Là où d'habitude nous avions un bénévole pour 3 athlètes, raconte Franck Dumoulin, champion olympique du tir en 2000, ici, il y a deux ou trois bénévoles pour un athlète. Dumoulin sait de quoi il parle : c'est un grand villageois... Pensez donc : il a connu cinq villages olympiques. C'est bien simple, ajoute le directeur de l'équipe de France de tir, Michel Bury : ce sont les plus belles installations qu'on ait jamais eu aux jeux. Et puis il y a le côté midinette des sportifs français, ceux qui pratiquent des disciplines que la télévision ignore ou presque... Là, au village olympique, ils croisent les stars, logées à la même enseigne pour une fois... Mais bon : avoir Rafaël Nadal comme co-locataire, le voir tous les jours et papoter avec lui, c'est génial... Ils veulent tous une photo à côté de lui... Lui, parait-il, est très gentil, bien qu'un peu petit... ce qui évidemment n'a aucune importance, car cela ne l'a jamais empêché d'être gentil... Et de toute façon, c'est le judoka Teddy Riner qui relève ce détail... Evidemment, lui, c'est un géant. En tout cas, il s'éclate, Teddy Riner... à tel point qu'il va changer la date de son billet retour pour rester en Chine jusqu'au bout des jeux. Il y a aussi un agent d'ambiance dans la délégation française, nous raconte L'HUMANITE, c'est Gaël Monfils, qui connait tout le monde dans tous les sports, ou presque... C'est lui qui présente un tel à un tel... Très à l'aise, comme il l'a été sur les courts de Roland Garros cette année. Autre coulisse, celle des arènes. et là, c'est moins enthousiasmant... C'est LE POINT qui se penche sur l'état des taureaux de combat... Plus impressionnants qu'avant, mais aussi beaucoup plus dociles... Et pour cause, ils sont aujourd'hui élevés comme des bêtes de scène, ce qui garantit le spectacle, mais qui pour les puristes, est une ineptie... La corrida risque de perdre son âme, disent-ils. Les taureaux ne font plus peur, ils font de la peine... On n'assiste plus à des combats mais à des ballets, estime le chroniqueur taurin, Antonio Lorca. Alors, une corrida light, avec des choses qui ressemblent à des cornes mais qui ne sont pas des cornes en fait... C'est ce qu'on appelle "l'Afeitado", une pratique qui consiste à scier la pointe des cornes pour leur en mettre des artificielles et réduire ainsi le risque pour le torero. La femme du toréro peut donc dormir sur ses deux oreilles... le taureau est moins dangereux... Alors il y a ceux qui veulent le défendre face à cette partie de plus en plus inégale contre l'homme... Les aficionados de cette catégorie, on les appelle les "toristas", en opposition, nous explique LE POINT aux "toréristas", qui eux, n'ont d'yeux que pour le toréro. Bon, mais si les vrais amis des taureaux, c'était tout simplement les anti-corridas ? y compris les éleveurs. ça, c'est plus étonnant... mais c'est ce que revendique par exemple Magalie Somade qui en élève pour les courses camarguaises, là où il n'y a pas de mise à mort... C'est une sorte de tauromachie durable, avec des taureaux recyclables... et pour les meilleurs d'entre eux, une fin d'existence garantie dans les paturages, leur arène naturelle. Allons maintenant avec L'EXPRESS dans les coulisses de l'arène politique... L'Elysée. Allons en cuisine, où c'est "calmes plats", au pluriel... comme tous ces plats que l'on sert au président, et que l'on cuisine avec un état d'esprit qui est celui du chef, Bernard Vaussion, qui déteste le bruit et les éclats de voix... Il n'aime que le calme, la précision dans le travail, et une pincée d'humilité. Car il ne s'agit pas que de préparer les dîners d'Etat où la gastronomie française montre ses plus beaux atours... On a une réputation à tenir... Le chef cuisinier a aussi pour mission de servir les repas quotidiens de Monsieur le Président... et ce n'est pas facile de satisfaire chaque jour le même client, sans lasser, ni se répéter. Bien sûr, cet article est l'occasion de rappeler les goûts culinaires de chaque président... où l'on apprend que le général de Gaulle ne crachait pas sur une boite de sardine à l'huile... que son successeur, Georges Pompidou, détestait le potage et qu'il signa l'arrêt de mort de la soupe en entrée... on découvre aussi que Giscard surveillait sa ligne, et qu'il a introduit la nouvelle cuisine à l'Elysée... Mitterrand lui, était très foie gras... Chirac lui, très charcuterie... Quant au président actuel, il est volontiers émincé... de volaille ou de poisson. Légèreté et portion individuelle, le repas doit être expédié en 1 h et demi maximum... comme quoi Lénine avait tort : l'Histoire ne repasse pas les plats. Restent les légendaires dîners d'Etat... la fameuse réputation à tenir... là on n'est plus tout à fait dans la simplicité... comme ce 5 avril 2004, où la reine d'Angleterre a dû laisser infuser une crème de brocoli, avant d'avoir le droit de toucher à son foie gras d'oie à la gelée de Sauterne, et à sa caille farcie aux morilles fraîches, braisée au champagne... Que du bonheur ! Tiens, qu'est-ce que le bonheur ? C'est l'art d'être heureux, nous disait Epicure, l'homme de la semaine dans le NOUVEL OBSERVATEUR qui lui consacre sa Une et son dossier. Comment connaitre le bonheur dans un monde déliquescent... Non par l'exhaltation de la débauche et du laisser-aller, comme on le croit souvent à tort quand on cite Epicure, mais un édonisme maîtrisé qui invite à la construction de soi. Vous le voyez, c'est plus jouisseur que le stoïcisme... Mais moins radical que le cynisme... En d'autres termes, le commandement d'Epicure, ce n'est pas "jouir sans entrave"... non, c'est "jouir sous contrôle"... une sorte d'éthique de la prudence, ou un pragmatisme de la satisfaction, voire un ascétisme du juste milieu... Est vrai ce qui me plaît, ne désirant que le possible... LE NOUVEL OBSERVATEUR nous explique que tout cela constitue un excellent antidote contre les poisons du monde moderne... C'est vrai qu'à y regarder de plus près, les préceptes du dieu grec sont plus que jamais d'actualité dans cette société qui ressemble à un grand bal des égos, et qui exacerbe les désirs. ça veut dire qu'il y a dans son enseignement, la recherche de sobriété dans la manière de vivre, la prudence face à l'assouvissement des désirs, ou encore une sexualité libérée de toute culpabilité certes, mais mesurée... il y a aussi un côté "vivons heureux, vivons caché". Quand on sait que cet enseignement a été dispensé il y a 2.300 ans, on se dit finalement que le bonheur n'est pas une idée neuve.

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