L'autoroute inachevée. Photos de l'Algérie d'aujourd'hui. Les premiers kilomètres sont trompeurs. On croirait rouler sur une autoroute toute neuve, une vraie. Mais les premiers signes arrivent vite. Des hommes réclament de l'eau sur la bande d'arrêt d'urgence. Ils boivent et engueulent Florence Aubenas du MONDE qui fait le trajet sur cette autoroute Est-Ouest censée traverser l'Algérie. C'est très dangereux de s'arrêter. Puis ils se présentent. Ce sont les balayeurs d'autoroute. Ce métier n'existe pas leur dit-elle.Sauf en Algérie répondent-ils. Et tout au long des kilomètres avalées, la journaliste raconte l'Algérie au gré des rencontres. Sur les hauteurs de Constantine, le déménagement sans ménagement, d'un bidonville. Les gens ont été parqués comme des prisonniers dans une ville construite de toute pièce : Ali-Menjeli. Aucun des bidonvillois n'arrive à dormir les premiers jours. Les appartements sont trop grands, trop blancs. On découvre la baignoire dans la salle de bains. Un père raconte qu'il l'a fait remplir et qu'il y est resté toute la journée. Des baignoires, il n'en n'avait vu qu'à la télé jusqu'ici. Depuis, elle sert de réserve d'eau. L'Algérie c'est ça. Les promesses de logement de Boutéflika. La corruption. On ne dévalise pas une banque, on vient y déposer des sacs pleins d'argent liquide. Les Japonais chargés de construite une portion de l'autoroute Est-Ouest, n'y ont rien compris. Le voyage de Florence Aubenas s'arrête donc sur un cimetière d'autoroute. Cliché saisissant.Du cliché Algérien au cliché sarkozyen. Suite de l'interview donnée à VALEURS ACTUELLES. C'est l'été, la saison des cartes postales écrit Isabelle Kicek des ECHOS. Une stratégie dont aura usé ou abusé c'est selon, jusqu'au bout, Nicolas Sarkozy. Après l'homme d'Etat et les livres dans PARIS-MATCH début juillet, après l'homme heureux en famille toujours dans PARIS-MATCH en juillet, on parle politique.Que l'on parle de mon retour, c'est déjà un miracle! dit Nicolas Sarkozy. Vous n'en croirez rien répond Olivier berger dans LA VOIX DU NORD. Au contraire, c'est limpide.Il est trop fort Sarkozy ! Philippe Palat du MIDI LIBRE. Il surgit tel un Zorro hitchkokien pour annoncer... qu'il n'a rien à annoncer.Il n'a rien du vengeur masqué. Raymond Couraud dans L'ALSACE. Il se démasque trop souvent pour surprendre.S'il aime la littérature, Emmanuelle Ducros et Béatrice Houchard de L'OPINION lui suggèrent de relire L'Odyssée d'Homère. Ulysse revient bardé de cicatrices sur Ithaque. Dans son périple, il a affronté les monstres marins, s'est joué du Cyclope... Mais il ne faut pas oublier que ce retour lui prend 10 ans. Et qu'après, il ne se passe plus rien à Ithaque. Preuves à l'appui, L'OPINION brosse les portraits des retours en politique lents comme celui d'Alain Juppé, raté comme VGE, avorté pour Lionel Jospin. En foot, Zidane lui aussi est revenu. Une finale et un coup de boule. Pour L'OPINION la morale de l'histoire est que l'homme providentiel n'existe pas.Audiard avait lui aussi ses mots pour le dire.

Jean Gabin dans Le Président, film d'Henri Verneuil. Les allusions aux dialogues Audiard sont nombreuses ce matin dans la presse.Prenez la décision hier, du Conseil Constitutionnel à propos du Pacte de responsabilité.Paf ! Les tontons flingueurs ont balancé leur mortier en plein sur le pacte écrit Denis Daumin dans LA NOUVELLE RéPUBLIQUE. Dommage, l'allègement des cotisations salariale n'était pas la mesure la plus onéreuse économiquement.Claque magistrale pour LE FIGARO. Une de plus.LES ECHOS redoutent maintenant l'effet domino sur les futures baisses d'impôts.Autre allusion à Audiard, rien à voir.Mais dans ce portrait de Bernard Cazeneuve à lire ce matin, dans LE NOUVEL OBSERVATEUR, on peut lire qu'au mois de juillet lors d'une interview sur France Inter, le ministre de l'intérieur a rendu coup pour coup pour justifier l'interdiction des manifestations pro-palestinienne. Pas de quartier. Il les a éparpillés façon puzzle. Les, c'est nous, les journalistes. Du Audiard dans le texte.On ne sait pas si Bernard Cazeneuve les a éparpillés façon puzzle, mais au 36 Quai des orfèvres, les policiers font grises mine. Dans l'affaire du vol de 52 kilos de cocaïne, la brebis galeuse des stups a été mise en examen titre LIBéRATION.Alain Hamon dans LA DéPÊCHE DU MIDI, s'amuse avec le 36 quai des brumes. A propos de la garde à vue du policier, il niait. Il chiquait comme un voyou... du Audiard encore dans le texte.Ne rien dire est-ce la meilleure défense ? Camille Polloni de RUE 89 a posé la question à des avocats.Je conseille à tous mes clients de ne pas parler dit l'un d'eux. Mais c'est difficile à tenir. Seul 1% y arrivent. Le silence est la meilleure défense. Il lève les soupçons sur la manière dont les aveux sont obtenus. C'est à l'accusation d'apporter les preuves de la culpabilité. L'avocat blogueur Maître Eolas résume l'enjeu par une phrase de Richelieu. Cette fois, c'est pas du Audiard, mais ça aurait pu. Qu'on me donne 6 lignes écrites de la main du plus honnête homme. J'y trouverai de quoi le faire pendre.Il n'en demeure pas moins qu'être flic n'est pas simple. Hommage de Dominique Delpiroux de LA DéPÊCHE DU MIDI.Les policiers fascinent parce que ce sont des hommes ordinaires confrontés à des situations extraordinaires. Etre flic, ce n'est pas seulement un métier. C'est un état. Les deux pieds et les deux mains dans la matière humaine qui souffre et qui suinte. Il faut avoir la tête froide, de solides camarades et sans doute, une vraie foi en la justice et le droit pour mépriser ces sirènes dorées. Il faut saluer ces fonctionnaires pas toujours bien payés, qui ne comptent pas leurs heures et qui, des jours comme aujourd'hui, doivent affronter la trahison dans leur propre camp.Le ripou ça n'étonne personne, a souvent été de la matière première pour les cinéastes. Inventaire à la Prévert du HUFFINGTON POST. Dans le cinéma français, les "ripoux" sont encore aujourd'hui, des cibles traquées par des flics intègres, héritiers d'un Lino Ventura décoré par Charles Pasqua en 1987 pour contribution à "l'oeuvre policière". C'est le cas de Marc Lavoine dans Mains armées de Pierre Jolivet. Certains policiers n'ont de "ripoux" que le nom. Eddy Caplan, héros de la série Braquo est capable de "franchir la ligne jaune" pour laver l'honneur des siens ou venger la mort d'un collègue ou "rééquilibrer" une justice en laquelle il ne croit plus. Il y a le ripou qui fait rire avec la trilogie de Zidi. Et puis il y a le ripou de Georges Lautner. Belmondo dans Flic ou voyou. Dialogue d'Audiard encore et toujours.

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