Le sort des migrants à nouveau au coeur de la presse ce matin

Alors qu'on se demande en France comment assurer de meilleures conditions de vie aux exilés, Le Monde s'intéresse ce matin à ceux que l'on n'a pas pu sauver, ceux qui sont morts en essayant de rejoindre l'Angleterre (il y en a eu dix depuis le début du mois de juin). Tout l'enjeu devient alors de les accompagner pour leur dernier voyage. Les associations et les communautés font tout pour organiser des funérailles, où se mêlent migrants et membres épars de la famille.

La reporter Julia Pascual raconte ainsi comme un Erythréen installé près de Cholet a fait six heures de route pour assister aux funérailles d'un jeune homme de 17 ans, mort noyé dans un bassin de rétention du tunnel sous la Manche : "C'est comme notre frère. Un jour, moi aussi j'étais comme lui."Au Secours catholique, Mariam Guerey raconte elle son travail pour assurer la "dignité" des défunts : "Les musulmans préfèrent inhumer les corps en France, les catholiques et les orthodoxes tiennent à les rapatrier". Elle dit se souvenir de chacun d'entre eux.

L'Humanité tente de décrypter les raisons de ces exils... Et pour le journal, les pays riches et en particulier les membres de l'Union européenne sont pleinement responsables : "fauteurs de guerre, semeurs d'exil". Chloé Rébillard évoque l'exemple libyen à travers le portrait de Yacoub Salah, ancien guide touristique aujourd'hui réfugié dans l'ancien lycée Jean-Quarré à Paris, qui dénonce l'intervention française en 2011 qui a bouleversé sa vie et qui l'a poussé à l'exil. Le jeune homme conclut avec amertume : "C'est l'Europe qui nous a mis dans cette situation, nous n'avons pas le choix. Ils pensent que nous sommes là pour ruiner l'économie, alors que Sarkozy a détruit la Libye, il en a fait un désert." D'ailleurs s'il obtient le statut de réfugié, il est déjà prêt à repartir, en Tunisie ou en Algérie.

"Ce n'est pas la bombe atomique qui a poussé le Japon à capituler"

Titre un peu provocateur ce matin sur Slate qui relaye un article de Ward Hayes Wilson, spécialiste britannique du désarmement nucléaire. Il revient sur une longue polémique entre historiens sur les véritables raisons de la capitulation japonaise. Beaucoup affirment en effet qu'elle arrive soit trop tard, trois jours après Hiroshima, soit trop tôt, quelques heures avant Nagasaki. L'analyse évoque aussi de nombreux autres indices souvent ignorés par les livres d'Histoire, comme la progression de Staline sur l'autre front ou le fait que le pays était de toute façon presque entièrement ravagé, bombe atomique ou non. Passionnant.

Les plus riches fuient de plus en plus la France

C'est la une des Echos, qui s'inquiète de l'accélération de l'exil fiscal... Le quotidien s'est procuré les chiffres du nombre de départs parmi les contribuables les plus "contribuants", si l'on peut dire. +40 % entre 2012 et 2013 (la dernière année pour laquelle les chiffres sont connus) chez les Français dont le revenu fiscal de référence est supérieur à 100.000 euros, +15 % de départs chez ceux qui payent l'ISF. Alors faut-il pour autant se ruer sur Twitter pour y poster des messages assassins assortis du hashtag #HollandeDémission ? Pas vraiment, puisque toujours selon les Echos, si l'on remonte encore un peu plus dans le temps, on constate que cette accélération des départs démarre en fait en 2011, après l'adoption de mesures d'austérité. En cinq ans, les départs ont été multipliés par trois.

Partir (en vacances), c'est mourir (politiquement) un peu

C'est Le Figaro qui nous inspire sur le sujet ce matin. En plus de s'interroger sur les "vacances secrètes de Hollande" , "sujet tabou" sur lequel le président aurait même refusé de répondre aux journalistes pendant son déplacement en Égypte, le journal pique notre curiosité avec ce titre : "les étés meurtriers des présidents" . Pour Philippe Goulliaud et Anne Rovan, François Mitterrand était sans doute le dernier président à pouvoir partir en vacances sans polémique.

Jugez plutôt :

  • Été 95 : les photos de Jacques Chirac à Brégançon, "bermuda rayé, chaussettes noires et chaussures de ville suscitent l'ironie".
  • 2003 : Le même se repose en famille au Canada en pleine canicule meurtrière, et son image dans l'opinion en prend un sacré coup.
  • 2007 : Tout juste élu, Nicolas Sarkozy part aux États-Unis, dans une station huppée près d'un lac, un écart que ne lui pardonnera pas non plus l'opinion.

Des erreurs que les chefs d'État commettent systématiquement en début de mandat. "Quand les présidents arrivent au pouvoir, ils ont toujours le sentiment, à juste titre, que les vacances sont bien méritées. Mais la fonction ne s’arrête pas avec les vacances." Décryptage signé Franck Louvrier, ancien conseiller en communication de Nicolas Sarkozy.

Suivre la Ligue 1 a-t-il encore un intérêt ?

Deux quotidiens en font leur une aujourd'hui : Le Parisien et Libé... Le second s'intéresse notamment à ces prêts toxiques de joueurs entre des clubs de plus en plus laminés financièrement : "Une gestion de court terme qui précarise les footballeurs et pervertit la compétition". Libé parle carrément d'une "balle dans le pied" du foot français, rongé par l'argent-roi.

Ce n'est pas nouveau, certes, mais c'est aussi une sorte de mauvais cliché, pour Laurent Nicollin, président délégué de Montpellier, qui dit en avoir assez qu'on lui rebatte les oreilles avec "les valeurs du rugby". "Il n'y a pas plus de valeurs que de beurre au cul", lance le digne fils de Louis Nicollin... "En sport de haut niveeau, on ne connaît qu’une seule valeur : la victoire. Et le public le comprend comme ça : quand un joueur perd, il gagne trop de pognon et il va aux putes. Et quand il gagne, il n’y va plus ?"

De son côté, Le Parisien, qu'on peut pourtant difficilement accuser d'hostilité envers l'équipe de la capitale, montre des signes de lassitude face à ce club devenu "trop fort pour la Ligue 1" . Il est même allé chercher l'un des meilleurs ennemis de l'équipe de Zlatan pour en parler, le président de l'Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas, quelque peu blasé par une compétition dominée sportivement et financièrement par Paris. "Aujourd'hui, je ne vois pas qui peut revendiquer de battre le PSG sur un championnat entier", se désole-t-il, avant d'ajouter : "La place de dauphin devient comme un titre de champion de France".

Bref, si on nous avait dit il y a trois ans que tous les clubs de Ligue 1 deviendraient des Poulidor, on ne l'aurait sans doute pas cru.

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