(Nicolas Demorand : "Et ce matin : la culture en temps de crise")... Quelqu'un a-t-il encore des sous pour la culture ? A la Une de L'Humanité, ce matin, un cri d'alarme... Le Salon du Livre Jeunesse de Montreuil, le plus important d'Europe, pourrait perdre les trois-quarts de ses subventions. C'est le Conseil Général de Seine-Saint-Denis, socialiste, qui brandit cette menace. Son président, Claude Bartolone, explique que les finances du département sont en très mauvais état, et que c'est très largement la faute de l'Etat : plus de taxes professionnelles (c'est une grosse perte pour le département), et les compensations sont insuffisantes. Ajoutez à cela l'aide sociale, de plus en plus importante en temps de crise. Vous avez le cocktail qui menace le Salon de Montreuil. On comprend qu'avec une attitude aussi radicale, Claude Bartolone veut faire bouger les choses. L'Huma trouve tout de même cela ambigu : on ne peut pas renvoyer toutes les responsabilités au gouvernement. Par ailleurs, la culture, c'est à peine 1% du budget du département. A travers cette histoire, on voit le conflit entre les collectivités locales et l'Etat. On voit que la culture souffre aussi... "La culture en mauvais état" : c'est le titre d'un article de Télérama... L'hebdomadaire rappelle que seulement 3 à 4.000 personnes ont manifesté contre les baisses de moyens et d'effectifs, il y a un peu plus de huit jours, près du ministère. Mais comment faire valoir ces revendications dans un contexte de récession carabinée ? La culture manque de fonds, aux deux sens du terme : les moyens et les contenus. C'est la critique, récurrente dans la presse, de la société du spectacle. Dans cette veine, on relèvera, dans le même Télérama, un article à contre-courant... L'hebdo s'en prend au sacro-saint "Grand Journal" de Canal+ : le passage obligé de toutes les stars et des politiques en promo. En résumé, ce serait l'incarnation de cette société du spectacle : on fait du bruit et des paillettes avec du vide. Où est passé "l'esprit Canal" ? (ND : "Baisse des moyens dans la culture... et dans l'éducation aussi")... Est-ce qu'on peut faire plus avec moins ? Dans ses pages Contre-Enquête, aujourd'hui, Le Monde passe au crible les réductions d'effectifs dans les écoles, collèges et lycées. Quelles conséquences ? Le Monde rappelle les chiffres : 50.000 postes d'enseignants passés à la trappe en trois ans. Pour obtenir ce chiffre, on a gratté légèrement un peu partout : - des options supprimées ; - la baisse du taux de redoublement ; - moins de tout-petits en maternelle ; - le Bac pro en trois ans au lieu de quatre ; - des étudiants ou des retraités pour assurer les remplacements... Chaque mesure, prise isolément, ne fait pas beaucoup de bruit. Au final, le fameux "mammouth" a tout de même été sérieusement dégraissé, et ce n'est pas fini. Quel résultat (notamment comparé à nos voisins européens) ? Alors ce n'est pas forcément la catastrophe annoncée parfois. En nombre d'élèves par classe, et en ce qui concerne le niveau des élèves de 15 ans, la France reste dans les clous. Ceux qui souffrent le plus de ces coupes budgétaires, ce sont les élèves les plus fragiles. Et les postes supprimés auraient sans doute été utiles dans les zones d'éducation prioritaire. La France compte une part importante d'élèves en difficultés. L'une des particularités de notre pays, c'est le lien très fort entre le milieu social et les résultats scolaires. Précision importante : beaucoup de ces tendances existaient déjà avant les suppressions de postes. Le Monde publie ce dossier alors que s'ouvrent les Etats généraux de la violence scolaire... violence qui devient ordinaire à l'école, selon Le Figaro. Le quotidien s'est procuré un état des lieux dressé par la police. Il relève une banalisation de l'usage des armes par les adolescents dans les établissements scolaires. Que dirait-on en France si les parents qui s'occupent mal de leurs enfants étaient placés en famille 24 heures sur 24 dans un centre sous vidéosurveillance ? Eh bien ça existe en Angleterre. Les Inrockuptibles décrivent les "centres de supervision" inventés par les services sociaux britanniques. Reportage auprès d'un père et d'une mère à la dérive (les précédents enfants de la maman avaient été placés)... Les deux adultes et leur bébé ont passé six mois sous l'oeil des travailleurs sociaux et des caméras. On scrutait comment la mère berçait son bébé, comment elle lui parlait, le baignait, le nourrissait. Au final, la maman a dû rentrer chez elle, mais seule : elle n'a pas convaincu. (ND : "Et le Royaume-Uni, les Inrockuptibles y consacrent un numéro spécial, cette semaine")... UK... United Kingdom... Ces deux lettres n'ont pas fini de fasciner les Frenchies. Pays des punks et des financiers... pays de la jelly infecte, mais aussi de Gordon Ramsay, le meilleur cuisinier du monde... pays où Big Brother est assistante sociale (on vient de le voir), où la violence est inouïe : Manchester est rebaptisée Gunchester. Il y a tout ça dans ce numéro des Inrocks. Il y a aussi la rencontre avec un immigré passé par Calais et qui a réussi à franchir la Manche. Le portrait brossé par Pierre Siankowski est formidable, parce que, au-delà de ce que raconte ce jeune homme, il y a la façon dont le journaliste le décrit... Un jeune type balèze, survêtement noir, vieux portable Nokia à l'oreille, grosses baskets Nike aux pieds... un homme qui marche vite, qui grimpe dans le bus au moment où il démarre. A peine entré, il est déjà assis au fond. A peine assis, il a déjà commencé son histoire. Il parle de son très long voyage, de ses quatre mois à Calais ("J'ai détesté la France")... de la mafia kurde qui l'a aidé à passer et qui, aujourd'hui encore, se rembourse sur son salaire de garagiste. Il s'appelle Walid. Il a 19 ans. Il vient d'Afghanistan. C'est un homme qui cavale sur les trottoirs de Londres sans se retourner. Quand il aperçoit un flic, il s'éloigne du journaliste. Il a l'art de disparaître et de réapparaître au coin d'une rue... un homme qui vit en accéléré, comme si la touche "pause" pouvait lui être fatale. Mais quelques jours après le reportage, Pierre Siankowski a reçu un texto. C'est Walid, à Londres : "J'espère que vous êtes bien rentré chez vous". (ND : "Quoi d'autre dans la presse, Bruno ?") "L'Elysée remue la rumeur"... C'est la Une de Libération ce matin. Vous trouverez encore un flot de commentaires sur la réponse violente de l'Elysée aux ragots sur la vie personnelle du Président. Rachida Dati est soupçonnée d'en être à l'origine. A travers les articles de Libération et du Parisien-Aujourd'hui notamment, on relève que le conseiller de l'Elysée Pierre Charon dit avoir "des éléments matériels" contre elle. Que faut-il comprendre ? Interception de textos ? Ecoutes téléphoniques ? Pas de réponse. Le site Causeur.fr rappelle à quel point tout cela peut donner lieu à des dérives... Sous François Mitterrand, pour empêcher que n'éclate l'affaire Mazarine, des dizaines de personnes avaient été mises sur écoute. Les services spéciaux avaient été mobilisés. Et des magistrats avaient été instrumentalisés. La dérive possible, elle concerne aussi les journalistes. Libération retrace toute l'affaire... comment un propos de bistrot sur Twitter s'est retrouvé à la Une de la presse internationale. Cela pose évidemment le contrôle des sources sur Internet et de la coopération entre les équipes des sites Internet et les rédactions papier. Au Journal du Dimanche par exemple, au coeur de la tourmente, l'équipe du JDD.fr n'est même pas dans les mêmes locaux que la rédaction. En tout cas, selon Le Canard Enchaîné de cette semaine, Rachida Dati est bel et bien "carbonisée à l'Elysée. "Le Président ne veut plus la voir", dit son bras droit Claude Guéant. Le Canard qui lève encore un lièvre cette semaine... Abroger le bouclier fiscal pourrait être inconstitutionnel. Quand Dominique de Villepin l'avait mis en place en 2005, le Conseil avait estimé, paradoxalement, qu'il renforçait l'égalité des contribuables devant les charges publiques. Allez... Nous avons été très sérieux aujourd'hui, Nicolas. Vous m'accorderez bien un peu de foot pour finir... La presse parle beaucoup du quart de finale de Ligue des Champions Lyon-Bordeaux, ce soir. Elle parle aussi du match d'hier : "4-1" pour Barcelone, face à Arsenal. 4 buts de Messi. Il obtient la note de 10/10 dans le journal L'Equipe... le match parfait. L'entraîneur d'Arsenal, le Français Arsène Wenger, a une formule pour résumer son talent : "c'est un joueur de Playstation". "Barcelone, c'est la meilleure équipe d'Europe et le meilleur joueur du monde", dit encore Arsène Wenger. La presse sportive n'est pas connue pour donner dans la demi-mesure... En Espagne, le site du quotidien catalan La Vanguardia parle d'un joueur "sobrenatural" (surnaturel). "Le monde est à ses pieds", peut-on lire sur le site de Marca, autre journal espagnol. Ca se confirme : les dieux du football ont trouvé leur Messi... Bonne journée...

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.