Ce regard c'est celui de Jacques Higelin, à la une de Libération.

Le chanteur et poète nous a quitté hier à l'âge de 77 ans. Il nous regarde droit dans les yeux oui, avec ses mèches de cheveux blancs qui retombent sur le front, habillé d'une veste mao, la main posée à plat sur le torse. Image en noir et blanc, comme un rappel de ces années 1970 et 1980 qui l'ont révélées avec des tubes comme Champagne, Tombé du ciel, Pars.

En 2010, Jacques Higelin avait accepté d'être le rédacteur en chef d'un jour de Libé. Il avait répondu à une interview en évoquant la mort, sans peur, sans crainte :

« La mort c'est désagréable que pour ceux qui restent, c'est une déchirure de voir souffrir un ami. Mais certains sont d'une noblesse, d'une dignité exemplaire », « Regardez Jacno, Fred Chichin, Bahsung...  avec Alain, on a eu la chance de se voir et de parler ensemble toute une nuit. C'était vraiment un très beau mec, un ange. »

« Un très beau mec, un ange », c'est l'image aussi qu'on gardera de Jacques Higelin, « parce qu'on avait oublié, que le grand Jacques à la voix cassée vieillirait comme tout le monde », écrit le Républicain Lorrain, « à force d'être éternellement adolescent, hirsute et bondissant. » 

SA VOIX A LUI, RESONNAIT AUSSI DANS NOS POSTES DE RADIO.

Celle de Franck Bauer, le dernier speaker de Radio Londres. Il s'est éteint ce vendredi à l’âge de 99 ans et son portrait est à lire sur le Monde.fr.

« Ici Londres, les Français parlent aux Français », cette petite phrase - petite et immense à la fois, par sa portée- il l'a répétée pendant la Seconde Guerre mondiale pour résister à l'ennemi allemand. « J'étais le PPDA de l'époque », disait Franck Bauer, résistant jusqu'au bout. Il était présent à toutes les grandes commémorations, notamment en 2010 à Londres, pour le 70ème anniversaire de l'Appel du Général de Gaulle.

RESISTER, NE PAS CEDER, LE MOT D’ORDRE DES CHEMINOTS

Avec un nouvel épisode de grève qui démarre dès ce soir, en pleine vacances scolaires pour la zone A. Grève aussi à Air France. Résultat, ça se corse sérieusement pour les hôteliers. 

Dans le Parisien, les professionnels du tourisme affirment que les pertes pour le mois d'avril s'élèveraient à 150 millions d'euros.

Le journal Le Monde, lui, donne la parole à des familles de cheminots et on apprend que le débat a même gagné les cours de récrés, avec des élèves de cheminots victimes de « Sncf bashing ». 

Dans l'école… et dans la rue aussi pour Séverine qui habite près de Strasbourg : «Quand je me suis rendue à la médiathèque, il y a trois semaines, j’ai été agressée parce que j’étais cheminote» raconte-t-elle. Même constat amer pour Claudette, à Somain dans le Nord. petite-fille, fille, femme et mère de cheminot : «Quand quelqu’un râle contre les retards à la SNCF ou contre les cheminots, ça bout littéralement à l’intérieur», avoue-t-elle.

Alors guerre des classes, guerre de l'image, guerre des nerfs, qui cédera ?

«Le président Emmanuel Macron paraît décidé, non seulement à tenir son cap mais à laisser son gouvernement en première ligne pour, tel Jupiter, regarder les choses de haut. Juge-t-il les organisations syndicales assez affaiblies ? Ou bien veut-il, à la manière de Margaret Thatcher, montrer sa détermination, au risque d'affrontements brutaux ?», s'interroge le Télégramme.

Revenir en première ligne, fixer et tenir un cap...  tiens, tiens, est-ce que ce ne serait pas une bonne idée pour le parti socialiste qui se réunit en plein congrès ce week-end à Aubervilliers ?

«Un congrès pour solder l'échec de 2017», annonce le Figaro.

C'est le moment de la renaissance, promet Olivier Faure dans Libération. Le député de Seine-et-Marne qui sera officiellement nommé premier secrétaire, s'explique  oui, il y a eu des déçus, un sentiment de trahison pour certains militants, «orphelins de cette gauche qui savait articuler indignation et solutions». Mais non, le parti socialiste n'est pas mort. 

Dans le Monde, on apprend qu'au moment de se rendre à ce congrès, l'élu, «tiendra serrée sans sa poche la lettre de Nassima, une militante de sa circonscription». Dans ce courrier, elle lui a écrit ces mots : «M. Faure, certains disent que vous êtes un “bébé-Hollande”, une “rose sans épine”, que vous êtes sur des décombres, que le parti finira comme le Parti communiste… Je préfère croire que vous nous surprendrez.»

LA SURPRISE ETAIT DE TAILLE À LA PRISON DE FRESNES

Le récit est à lire dans le Parisien. Un homme est incarcéré à Fresnes depuis septembre dernier. Il est suspecté d'avoir voulu faire exploser un immeuble du 16ème arrondissent de Paris avec des bonbonnes de gaz. Et on apprend que depuis sa cellule, grâce à deux smartphones cachés sous son matelas, il parvenait à se connecter régulièrement à son compte Facebook. Il y partageait «des photos de famille», des recettes de cuisine, comment faire de bonnes crêpes par exemple et au passage des textes islamistes et des images de tortures commises à la prison d'Abou Ghraib en Irak, par les Américains en 2003.

L’histoire prêterait à sourire tant elle est surréaliste, mais elle en dit long sur l'état des prisons dit le quotidien, avec 1 surveillant pour 140 détenus à Fresnes. Preuve du boulot qu’il reste à faire, malgré la réforme pénitentiaire présentée par le président Macron, le mois dernier.

IL Y A DES CHOSES QUI NE BOUGENT PAS. PAS BESOIN DE REFORMES, DE TRANSFORMATIONS

C'est le miracle des livres sauvés de Bagdad, lire dans Courrier International. Depuis 2003 et toutes les destructions qu’a connue l’Irak, la bibliothèque Al Qadiriya, l'une des plus grandes de la capitale irakienne, est toujours debout avec plus de 80 000 ouvrages intacts. Des corans et autres manuscrits scientifiques qui datent de plusieurs siècles. Même le groupe État islamique n'a pas réussi à détruire les lieux, pourtant synonymes d’offense pour lui.

«Ils disent qu'ils sont musulmans, mais nous représentons les musulmans et l'Islam depuis des centaines d'années et regarder le résultat aujourd'hui ? Nous sommes encore là, et eux où sont-ils ?», demande fièrement le directeur de la bibliothèque.

Pourtant aujourd'hui, la salle de lecture est souvent vide. Les étudiants et les professeurs l'ont abandonné et préfèrent internet. Alors que nous n'avons «même pas d'adresse électronique», explique le directeur, un peu désabusé.

Après avoir survécu aux invasions mongoles du 13ème siècle, aux guerres du 21ème siècle, à la terreur de Daech, cette bibliothèque disparaitra-t-elle finalement, à cause d'internet ?

On ne l'espère pas ! Que les livres sauvés de Bagdad restent dans les rayons, que les lecteurs reviennent les feuilleter un jour... pour faire durer le miracle d'Al Qadiriya.

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.