(Nicolas Demorand : "Un sujet écrase tous les autres, ce matin : le Sommet de Copenhague")... C'est la Une de presque tous les journaux. Encadrés, reportages, pages spéciales : il y en a tellement qu'il faut faire un choix, trouver un angle... Alors on regarde la carte de Libération sur les émissions de carbone. Les pays sont représentés sous forme de cercles : - cercle bleu : elles ont diminué depuis vingt ans. C'est le cas de l'Union Européenne ; - cercle rouge : elles ont augmenté. Et le plus gros cercle rouge, c'est la Chine : émission en hausse de 153% depuis 1990. C'est le premier émetteur mondial de CO²... "A cause de la pollution, témoigne un habitant dans La Croix, dans certaines villes, la nuit, on ne voit plus la Lune". Cauchemar écologique... Libé et Le Figaro rappellent quelques tristes réalités. Les deux-tiers des cours d'eau sont souillés. On recense des centaines de "villages du cancer". Une centrale à charbon ouvre toutes les semaines. Alors d'où vient cet optimisme qui pointe à la Une des journaux économiques (La Tribune et Les Echos) au moment de l'ouverture de Copenhague ? Un peu des engagements de Pékin, qui dit vouloir réduire l'intensité carbone de son énorme croissance. Beaucoup des Chinois eux-mêmes. "La société sera le moteur des changements", dit l'homme qui est présenté comme le pionnier de l'écologie chinoise dans Libération... Et la société, ce sont aussi les hommes d'affaires. L'avantage, avec l'Empire du Milieu, c'est que tout y est monstrueux : la pollution mais aussi l'aptitude au changement. Témoin, cette entreprise visitée par Le Figaro... Il y a vingt ans, elle était spécialisée dans les taxis et la location de véhicules tous plus pourris les uns que les autres. Aujourd'hui, c'est l'un des fleurons de l'industrie verte dans le pays. Elle mise notamment sur des algues qui capturent le carbone. Déjà, la Chine est devenue le plus grand marché au monde pour les centrales au charbon propre, ou en tout cas le moins sale possible. Elle est déjà leader mondial du chauffe-eau solaire. Et dans dix ans, elle veut l'être pour toutes les technologies propres. Alors la Chine, acteur-clé dans l'écologie dans les années à venir, pour le meilleur et pour le pire... acteur-clé à Copenhague, où elle fera valoir un argument, qui est détaillé dans Terra Eco, le mensuel du développement durable. Oui, la Chine pollue, mais c'est pour fabriquer nos jouets, nos téléphones portables ou nos jeans. Terra Eco reprend une enquête du quotidien britannique The Guardian. De l'extraction des matières premières jusqu'aux magasins européens en passant par les usines chinoises, la toile ou la fermeture-éclair d'un jean parcourt 65000 km, plus d'une fois et demie le tour de la Terre. Alors, dans les négociations, Pékin mettra certainement en avant le concept de "justice climatique". Les Occidentaux honnêtes ne peuvent que reconnaître la pertinence de cette idée. Propos d'un conseiller britannique : "Si notre empreinte écologique a diminué ces dernières années, c'est parce que nous avons délocalisé notre industrie. La méchante Chine et la méchante Inde font exploser leurs émissions, mais c'est parce qu'elles fabriquent nos trucs". Et pour finir sur ce dossier, citons le dessin de Charb dans L'Humanité. Rien à voir avec la Chine. Un Suisse qui a l'air de yoyoter dur pointe le doigt vers une mosquée : "Faut interdire les minarets. Ils sont pointus : ils percent la couche d'ozone"... (ND : "Bon, à part ça, les garçons en prennent encore plein la figure. La semaine dernière, ils étaient accusés de ne rien faire à la maison. Ce matin, ils sont nuls en classe")... C'est un sujet qu'on avait déjà évoqué il y a quelques semaines. Le Parisien-Aujourd'hui y revient en détail. Du CP à la terminale, les garçons ont des résultats nettement moins bons que les filles. Vous trouverez tous les chiffres, à tous les âges, dans Le Parisien. Je vous en donne un seul : au Bac, le taux de réussite est de 57% pour les garçons, 71% pour les filles. C'est un phénomène que personne n'avait vraiment étudié. L'historien Jean-Louis Auduc a tout simplement épluché les statistiques de l'Education Nationale. Et il publie un livre intitulé "Sauvons les garçons". Quelles sont les raisons du déséquilibre, selon Le Parisien ? Les petits garçons turbulents, les petites filles plus sages. Mais d'autres facteurs relèvent quasiment de la psychanalyse : - D'abord, allongez-vous sur un divan : c'est la faute du père, pas assez présent à la maison. Son fils n'a donc pas de modèle de travail masculin, et quand papa daigne jouer avec lui, c'est pour faire du foot plutôt que de la grammaire. - Deuxième explication : allongez-vous sur un banc d'école, et vous verrez que la plupart des adultes, dans la cour de récré et dans la classe, sont des femmes. La maîtresse, l'infirmière, les dames de la cantine, etc. L'école est un monde féminin. - Dernier élément d'explication, selon Le Parisien : à l'adolescence, les filles sont plus matures, et les garçons travaillés par leurs hormones. A l'âge où il faut commencer à réfléchir à l'orientation, ils ont plutôt le nez dans le décolleté de leurs voisines. Comment atténuer ce déséquilibre ? "Il ne faut surtout pas revenir sur la mixité, dit Jean-Louis Auduc, mais il faut réfléchir à des moments séparés. Les séances de lecture, par exemple, qui pourraient être animées par un homme pour les petits. Même chose pour les heures de soutien scolaire". (ND : "Le 49ème Congrès de la CGT s'ouvre aujourd'hui à Nantes")... Oui, c'est un sujet important, alors que la deuxième partie du quinquennat de Nicolas Sarkozy sera marquée par une nouvelle réforme des retraites. La CGT, c'est le plus grand et le plus ancien des syndicats français : plus de 650000 adhérents revendiqués en 2007. Pour Patrick Apel-Muller dans L'Humanité, "l'opinion de la grande centrale syndicale française est précieuse quand le pays souffre durement d'une crise suscitée par les pouvoirs que se sont octroyés les financiers avec la complaisance des pouvoirs politiques". La plupart des articles tournent autour de la figure de Bernard Thibault... "Thibault le réformiste" pour La Tribune. "L'homme qui voulait changer la CGT" pour Libération : "c'est celui qui accepte le compromis, ce qui ne veut pas dire compromission". "CGT : silence, on mue", titre Libé, qui souligne la rupture de la centrale avec le Parti Communiste. Décryptage d'un spécialiste des questions sociales : "Elle s'est rendu compte qu'elle risquait de sombrer avec lui. Mais le problème, c'est qu'elle est devenue idéologiquement orpheline et doit se construire une nouvelle matrice politique". Pour Laurent Joffrin, "c'est l'âge du réalisme, qui prépare un syndicalisme moderne". Pour Le Figaro, l'un des enjeux, dans les années à venir, ce sera de séduire les jeunes et le secteur privé, notamment les PME. Et puis ce Congrès, c'est aussi l'occasion de présenter le programme de la CGT. Je vous cite trois des quatre revendications évoquées : - regrouper les différents régimes de retraite dans une maison commune ; - élaborer un nouveau statut du travail salarié, pour cumuler et transférer les droits acquis au fil des expériences ; - et puis créer un pôle financier public, pour soutenir les PME, le logement social ou encore les transports. (ND : "D'autres informations glanées dans la presse")... La pétition pour refuser le débat sur l'identité nationale, toujours à la Une de MédiaPart. A 8 heures ce matin, 22625 personnes l'avaient signée. Quand le Parlement fait appel à un cabinet privé pour élaborer une loi... C'est dans Le Parisien. Ironie de l'histoire, ce cabinet a participé au texte de simplification du droit. La gauche trouve étrange cette petite privatisation du Parlement. Réponse du député UMP Jean-Luc Warsmann, auteur de ce texte : "Si l'on veut renforcer les pouvoirs du Parlement, on est obligé d'avoir recours à des cabinets extérieurs". Et puis, à 18 jours de Noël, La Provence relate un nouvel épisode dans l'affaire des iPhone qui implosent ou explosent étrangement. Sur plainte d'une victime, le Tribunal de Commerce de Cannes a nommé un expert indépendant pour y voir plus clair sur ces bugs. L'iPhone sera l'un des produits vedettes de Noël cette année encore. Autre star au rayon jouets : le Playmobil. Le magazine Capital raconte ce mois-ci la saga Playmobil, première marque de jouets en France. C'est un enfant de la crise. Son créateur a inventé cette figurine de 7 cm et demi au moment du choc pétrolier, dans les années 70. Il fabriquait alors de gros jouets, et les petits Playmo étaient moins gourmands en plastique. Aujourd'hui, il se vend plus de deux milliards de figurines dans le monde. Le Playmobil bénéficie d'un effet "deuxième génération", selon Capital. Autrement dit, des parents nostalgiques offrent à leurs enfants un jouet qui n'est plus de leur âge. Parmi les secrets de la firme : ses brevets... celui qui fait que le Playmobil est quasiment incassable, par exemple. Dans cette entreprise d'origine allemande, tout le savoir-faire est resté en Europe : pas de délocalisation en Chine. C'est une exception dans le domaine du jouet. Le site de fabrication des personnages est tout de même à Malte : européen mais pas cher. Dans cet article de Capital, on apprend encore que les panières installées dans les allées des magasins de jouets et où l'on trouve des figurines à pas cher s'appellent les "sèche-pleurs". Pour éviter la crise à la caisse parce qu'on a refusé au petit dernier le château Playmobil, trop cher, on lui achète un petit bonhomme. C'est toujours ça de pris pour le chiffre d'affaires. Et puis l'inventeur du petit jouet, Horst Brandstätter, est toujours aux commandes. Et il est dans l'air du temps, c'est-à-dire écolo : avec les tonnes de déchets plastique laissées par ses usines, il fabrique des jardinières. Après le château et le bateau de pirates, bientôt le compost Playmobil... Bonne journée...

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