Et ce deuil traverse toute la presse mais c’est le Républicain Lorrain qui exprime le mieux ce que nous traversons, il ouvre son journal avec une gueule de Johnny superbe et ravagé dans un concert, « La vie sans lui »...

L'accumulation d'articles et de photos et de souvenirs n'est pas une saturation, c'est la preuve d'un pays...  

Un très long article de Slate raconte la France à la bascule, à la fin des années 50, quand l'hexagone résistait au rock n'roll et dansait sur Dario Moreno, mais Square de la Trinité, un grand môme d'un mètre 80 peaufine ses imitations d'Elvis Presley, il n'est pratiquement jamais allé à l'école et les filles trop belles et riches qui dansent le jitterburg le snobent aux boums du  Snackspot Saint Lazare... Mais un jour, Jean-Philippe Smet sera Johnny Halliday... 

On parle de Johnny mais on parle de nous-mêmes, c'est toujours ainsi dans les deuils... 

Les journaux racontent des français traversés par Johnny… comme ce policier qui l'évacua d'un concert dans le coffre de sa voiture en 1974, c’est dans Midi libre...

Rue89, journal internet de jeunes urbains, est attendri par son propre public. "Vos messages privés sur la mort de Johnny sont jolis (et drôles)" ...  Ses lecteurs ont découvert la peine de leur parents, et parfois leur peine, ils ne l'imaginaient pas...

Et les journaux se racontent eux-mêmes...  Le courrier Picard a mis en ligne toute son histoire avec Johnny...  Le Parisien compile ses Unes consacrées au chanteur, et il fut  un temps où le journal s'appelait le Parisien libéré, au titre entouré d'un rectangle orange, et il y avait à la Une un fer à cheval, parce qu'on y parlait des courses de canassons, et puis Johnny et Sylvie qui démentaient leur divorce...  

Libération parle de Libération en esthétisant le disparu dans une photo de concert prise par le grand photographe Raymond Depardon... 

Je n’avais jamais vu ça, quelqu'un qui se mettait torse nu en scène... 

L'Humanité parle de la culture communiste, jadis... L'écrivaine Elsa triolet, la femme de la vie d'Aragon, avait écrit sur Johnny? 

C'est à la der de l'Humanité ce matin et c'était dans les Lettres française en février 1964. Elle était pour!

«Le malheur d'être trop bien servi par les dieux... De quoi lui en veut-on, à ce splendide garçon, la santé, la gaîté, la jeunesse mêmes? C'est la même haine que pour Brigitte Bardot. Et lorsqu'on leur tombe dessus, je reconnais en moi cette colère qui me prenait au temps où l'on essayait d'abattre Maïakovski, et d'autres fois, d'autres poètes... comme le soir où l'on a sifflé «Hernani!» aux Français, en 1952... »

Victor Hugo! Et Johnny?

La comparaison a été faite aussi par une député macronienne... et Thomas Legrand l’a réduite en miette tout à l’heure… Avec moins d’aménité, dans le Figaro, le sociologue Jean-Pierre Le Goff, contempteur de nos temps modernes, fustige  "les nouvelles générations arrivées en politique avec une mentalité d'adolescent désaffilié", et " le mélange et le brouillage généralisé des genres, le relativisme culturel et branché..." 

Voilà comment le Figaro redevient lui-même, mécontemporain grâce à Johnny! 

On parle aussi du Paris-Saint Germain qui a des soucis

Et qui s'est collé le doute en perdant à Munich et l'Equipe s'occupe de son cas...  Et  à ne citer que la litanie des titres, vous tremblez pour la formation parisienne... Le roc a le blues, le Psg a montré des fragilités récurrentes dans le jeu et le collectif, une approche mentale déficiente, vu d'Europe c'était pas jojo, Draxler trop léger, les brésiliens légers comme du vent, et ce titre

« Oh Emery si tu savais »... 

L'entraineur parisien serait déjà remplacé dans la tête de ses dirigeants et "certains" envisageraient même son départ  rapide, dès cet hiver...

C'est toujours impressionnant quand un grand journal s'ébranle et déploie toute sa science contre une institution blessée... et toujours intéressant de voir que l'autre journal référent en matière de PSG, le parisien, fait chorus, contre Emery... et contre le capitaine Thiago Silva, « un capitaine de pédalo », et même contre Neymar... 

Le football est cette activité humaine où la presse exprime sa vigueur démocratique...

Et on s'inquiète de Donald Trump ce matin

Trump qui devrait manger des fibres, dit le New York Times, il est trop accroc au hamburger et il n’a pas d’amis, ce qui l’empêche d’avoir une bonne vision du monde…

Trump qui inquiète, par sa décision de reconnaitre Jérusalem comme capitale d'Israel...  On en parle ici ce matin... 

Si on cherche des explications à ce qui se construit au Proche Orient on peut lire, dans le Monde, une analyse du rapprochement entre l'Arabie saoudite et Israel : une politique de petits pas qui s'abritent aussi dans des lieux de prières...

Ainsi "la visite, le 21 novembre, de la Grande Synagogue de ­Paris par Mohamed Abdelkarim Al-Issa, le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, le bras religieux de la diplomatie saoudienne"… 

Et dans le figaro... une page d'enquête sur "l'alliance explosive" entre Trump et Riyad qui se noue « dans un jeu opaque » et familial. Le Figaro raconte le lien qui s'est noué entre le gendre de Trump, Jared Kushner, promoteur immobilier et juif orthodoxe et sans la moindre expérience de la région et Mohamed ben Salman, le prince héritier saoudien...  Les deux princes trentenaires qui terrifient la communauté des experts et des diplomates de Washington, laissée de côté... 

Le figaro décrit ainsi la méthode Trump..

Non pas l'isolationnisme, mais « la perturbation tous azimuts pour débloquer les problèmes au risque de l'explosion. »

Allumer le feu... 

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