... affirme un chercheur français, François Képès, qui parle dans "Le Journal du Geek", dont le Figaro et les Echos font leur miel. Le Monde publie une belle lettre de médecins à Denise, qui a laissé la réanimation aux jeunes. La Provence raconte les hooligans russes qui ont saccagé la vie de Andrew, supporter anglais.

On parle de l'ADN... 

L'acide désoxyribonucléique, cette macromolécule présente dans toutes les cellules et qui porte notre identité génétique... Et qui pourrait porter aussi la mémoire informatique de la planète... 

Toutes les données produites par l'humanité depuis sa création, soit 33 zeta octet (le zeta, c'est un suivi de 21 zéros), pourraient êtres codées dans des molécules ADN dans des capsules qui tiendraient dans une fourgonnette... 

Ce qui est beaucoup moins volumineux que ces entrepôts que l'on doit refroidir à grand coût énergétique, où l'on conserve nos données sur des bandes magnétiques, des disques durs, des mémoires flash et qui au train où nous allons occuperont un millième des terres émergées , en 2040... 

Sauf si l'ADN vient prendre le relais. Et c'est ici qu'il nous faut entendre un scientifique nommé François Képès, il a co-signé un rapport de l'Académie des technologies de France en octobre dernier, mais c'est ce matin que les Echos et le Figaro font leur miel de ses travaux. Allez les lire, lisez aussi l'interview lumineusement pédagogique que Képès a accordé en novembre à l'excellent Journal du geek, en ligne, lisez aussi dans nos archives des explications signées les Echos encore et Usbek et Rica, je résume, soyez indulgents. 

1/ L'ADN est un miracle de sobriété, de stabilité, de performance, il se conserve à 25 degrés, il est stable sur des dizaines de milliers d'années. 

2/ L'ADN est fabriqué de briques de composé azotés qui s'enchainent, adénine (A), cytosine (C), guanine (G) ou thymine (T), c'est l'ordre de leur enchaînement qui dit nos informations. 

3/ Les données informatiques sont codées dans un langage binaire, une suite de 1 et de 0. On peut traduire ce code dans le langage de l'ADN... On obtient une suite de A de C de G et de T... 

4/ une fois cette traduction faite, on sait créer à partir de cette suite un ADN de synthèse correspondant à la séquence numérique initiale. On stocke l'ADN obtenu dans des capsules, et quand on en a besoin, on va décoder, ce que l'on a créé. 

Des chercheurs ont déjà codé dans de l'ADN de synthèse le chef d'oeuvre du cinéma muet français, « le Voyage dans la lune de Mélies ». Mais la technique de l'ADN est couteuse et lente... Sauf qu'elle progresse de manière exponentielle, et d'ici dix ans, François Kepes nous le dit, les données scientifiques, la culture, même les informations sensibles liées à la sécurité seront inscrite dans des grains de poussières azotées conservées à l'abri de l'humidité... 

On parle aussi de Denise... 

Et même on lui écrit, à Denise, au-delà de sa vie, une belle lettre que publie le Monde, signée de trois médecins réanimateurs et d'un sociologue des hôpitaux de Paris, qui grace à elle réfléchissent aux acharnements médicaux. 

Denise est une femme âgée qui en mars dernier s'est présentée aux urgences atteinte du SARS-CoV-2 et qui a refusé la réanimation... "Vous ne vouliez pas occuper cette dernière place dans le service, vous vouliez la laisser à vos enfants et à vos petits-enfants. Vous aviez besoin de tellement d’oxygène que vous vouliez être sûre qu’il en resterait pour tout le monde." Denise a été hospitalisée dans un service généraliste, les médecins réanimateurs passaient la voir. « Nous n’oublierons jamais la sérénité et la douceur de vos grands yeux noirs. Nous n’oublierons jamais que vous nous avez demandé d’aller nous occuper des patients qui avaient des chances de s’en sortir. Votre sourire était celui de toujours." 

Comme chaque jour un être rachète ce monde atroce que nos journaux racontent, ils n'en sont pas coupables. 

La Provence raconte ces deux hooligans russes, un prof de sports et un guide de haute montagne, qui vont être jugés à partir d'aujourd'hui pour avoir ruiné la vie de Andrew, surnommé "Pépé", un chauffeur livreur de 54 ans venu soutenir l'Angleterre à Marseille pendant le championnat d'europe 2016, qui était engourdi par l'alcool et faisait des gestes de paix quand la charge est venue sur lui, qui l'a laissé tel une poupée molle, sauvé par l'héroïsme d'un CRS nommé Patrice Martin, qui lui a pratiqué un massage cardiaque. Mais Andrew n'est plus que son ombre. 

L'Equipe a retracé l'histoire de Doudou Faye, qui jouait au football sur un terrain de sable où l'on apprend la technique, dans une équipe appelée le petit Marseille à Saly, au sud de Dakar; au Sénégal, il est mort sur un bateau de migrants et puis jeté à l'eau au large de la Mauritanie, son père avait payé pour soin passage 250000 CFA, 380 euros, il faisait le pari que Doudou arrivé en Europe serait protégé par des associations humanitaires puis repéré par un club. Le père est en prison, il est pêcheur mais il n'y a plus assez de poisson, la pêche ne rapporte rien, Doudou le savait. 

Le rugby nous pardonnera, dont les jeunes du XV de France ont été braves et beaux, de vrais coqs, en Angleterre et aux Unes de l'Equipe, de Midi olympique de Sud-Ouest, « de vrais coqs »… Mais c’est le football qui nous ramène à notre condition ce matin, d'êtres brutaux ou pitoyables, joyeux aussi pourtant. 

Dans Nice-Matin et Var Matin, une vedette du journalisme sportif, Laurent Paganelli,se souvient de belles années quand il jouait à Toulon dans une équipe où l'on faisait la fête la veille des matches, on buvait aussi bien, on enfermait les responsables d'un club de vacances où l'on organisait le stage d'avant saison, cela fait envie, ces gamineries... 

On parle enfin de granite... 

Qui est une fierté de Bretagne, mais aussi du Tarn, mais que l'on néglige en France pour construire nos trottoirs, on importe le granite d'Espagne du Portugal de Chine et d'Inde, la ville de Paris et la RATP sont ingrates envers 700 entreprises françaises qui protestent, c'est dans Ouest-France, et c'est une fracture de plus dans ce pays. 

Il faut lire ce matin, c'est de la politique fine, les inquiétudes de deux chercheurs, Pierre Rosanvallon dans Libération et Philippe Portier dans l'Opinion, sur les glissements de notre République.
« Il y a des tendances ilibérales dans l'affirmation des valeurs républicaines » dit Portier, singulièrement sur la défense de la laïcité qui témoigne d'une volonté de contrôle par l’Etat.

Rosanvallon, lui, dit que la France se rapproche d'une « démocratie à tendance technocratique matinée d'un penchant liberticide ». Le pouvoir  Président Macron, dont la légitimité électorale issue du premier tour de 2017 est faible, imposerait des normes sans admettre ses limites... Lisez, c'est plus subtil qu'un résumé, et doutez. 

Lisez aussi sur le site du Monde la construction politique et commerciale du général de Villiers, auteur de best-sellers et oracle espéré flanqué d'une communicante, qui facture ses conférences sur l'étoffe d'un chef 5000 euros la pièce... 

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