gérard depardieu fait l'éloge de la russie
gérard depardieu fait l'éloge de la russie © reuters
Il y a un an, il n'était question que de ses excès : son passeport russe, son exil fiscal, son gros bide et son goût pour le pinard... Un an plus tard, sur la scène du théâtre Antoine, Gérard Depardieu est aux côtés d'Anouk Aimé, dans[ "Love letters", lecture d'une correspondance amoureuse. ](http://www.franceinter.fr/evenement-love-letters) [Dans Le Figaro, Armelle Héliot raconte l’une de ces soirées parisiennes où un artiste renoue pleinement avec son public – qui ne l’a jamais vraiment abandonné. ](http://www.lefigaro.fr/culture/2014/01/06/03004-20140106ARTFIG00514-gerard-depardieu-joue-les-prolongations.php) C'était dimanche soir. Le spectacle vient de s'achever, deux roses ont atterri sur la scène aux pieds des comédiens. Armelle Héliot raconte la suite. « La salle s'est mise debout après un petit moment de flottement, signe que chacun est submergé d'émotion. Il a "cueilli" le public, Gérard Depardieu. Les quatre dernières minutes de love letters ont été un sommet bouleversant de l'art dramatique, de l'art de l'interprétation, de l'art du partage. Les bravos fusent de toutes parts. Les spectateurs acclament et [Anouk Aimée](http://www.franceinter.fr/emission-jour-de-fred-anouk-aimee-relit-les-love-letters) et le comédien, qui se baisse pour ramasser les fleurs et les tendre à sa partenaire. Il dit "merci, merci", les rappels se succèdent. Ils se tiennent par la main. On ne veut plus les lâcher. Un dimanche soir à 20 heures, veille de rentrée scolaire, pas un strapontin n'est libre au Théâtre Antoine. Le grand public est là. Depardieu peut avoir déclaré qu'il est un peu las du cinéma, il demeure l'interprète à la voix douce, qui illumine chaque nuance de ce qu'il lit (…), libre et époustouflant. » Une soirée au théâtre... Pour le partage et l'émotion ou pour la barbarie ricanante ? L'expression est de Christiane Taubira à propos de Dieudonné. « Rideau pour Dieudonné ? Dieudonné, le silence ? Interdit à St Herblain ? »
dieudonné dans le collimateur du ministère de l'intérieur
dieudonné dans le collimateur du ministère de l'intérieur © reuters
**Les titres sont à la Une de [_Sud Ouest_ ](http://www.sudouest.fr/2014/01/06/juppe-demande-l-interdiction-du-spectacle-de-dieudonne-a-bordeaux-1421055-3.php), de _La Provence_ et de _Presse Océan_ , assortis de points d'interrogation.** Faut-il interdire un spectacle a priori, au risque de se faire retoquer par les juges, au risque aussi de la victimisation, de la publicité, de la censure et de la confusion entre morale et droit ? Les éditorialistes pèsent les arguments ce matin mais ils suivent plutôt le gouvernement dans le bras de fer engagé avec Dieudonné. ["La croisade contre Dieudonné, écrit Hervé Cannet dans _La Nouvelle république du centre Ouest_ ](http://www.lanouvellerepublique.fr/Toute-zone/Actualite/24-Heures/n/Contenus/Articles/2014/01/07/Les-clefs-de-Valls-1748862)(faut-il vraiment parler de croisade au passage ?) teste aussi l'ensemble de la société sur sa capacité à réagir face à la barbarie ricanante." "S’il représente un danger pour notre République, il ne doit pas se soustraire à nos lois, quitte à le faire taire", tranche Yann Marec dans _Midi Libre_ . Et il ajoute un adverbe très lourd : "définitivement". [Jean-Louis Hervois, _La Charente Libre_ : "Parce qu'elle est vulnérable, il arrive que la démocratie se grandisse en bousculant ainsi le droit aux entournures"](Jean-Louis Hervois, La Charente Libre) Cela dit, pour Philippe Marcacci dans _L'Est Républicain_ , "il y a quelque chose de terrible à imaginer ce provocateur, condamné pour antisémitisme, brandir la flamme de la liberté d'expression au-dessus de l'autel de la République."
Une libé - 07.01.2014
Une libé - 07.01.2014 © Radio France
"Antisémitisme, le business de Dieudonné", titre [_Libération_ , ](http://www.liberation.fr/)qui décrit comment il organise son insolvabilité pour échapper au fisc et aux amendes. Il n'apparait pas dans les statuts de l'entreprise qui produit son spectacle, pas de rapport avec sa maison d'édition, pas de trace à la Sacem ou la société des auteurs. "Aucun élément de solvabilité à son nom", explique le président de la Licra. Bercy a la possibilité de réclamer une contrainte judiciaire, autrement dit convertir les amendes en jours de prison, "cela pourrait ne pas tarder", selon le journal. Dans Libé encore, on n'apprend qu'il n'est pas propriétaire mais locataire du théâtre où il se produit à Paris. Et les propriétaires étudient les possibilités de mettre fin au bail. Fermer le Théâtre de la main d'or ? « Je ne mets aucun véto a priori », répond Aurélie Filipetti, la ministre de la Culture, dans _Le Parisien_ . De quoi étoffer son profil de bateleur anti-système. Est-ce vraiment le cas ? « Dieudonné n'a pas eu à se plaindre du système, estime le politologue Jean-Yves Camus dans Sud Ouest. Ce sont les tribunaux administratifs, composés de hauts fonctionnaires, qui ont jusqu’à présent retoqué toutes les interdictions dont il a fait l’objet. Le fisc n’a pas non plus été très sévère avec lui. Quant à ses soutiens, sportifs ou show-business, ils n’ont pas non plus beaucoup souffert du système… Le geste de la quenelle, ajoute le politologue, doit être analysé par les lieux où il est réalisé. Lorsqu’il est produit dans un mémorial de la Shoah, on ne peut pas parler d’un simple geste antisystème. L'auditoire de Dieudonné se retrouve sur la croyance dans une théorie du complot qui explique tout par l’action des juifs. - Avant Dieudonné, d’autres humoristes sont allés très loin dans la provocation, lui fait valoir Sud Ouest… Réponse de Jean-Yves Camus : - Quand je regardais les sketchs de Desproges, je n’ai jamais pensé une seconde qu’il était antisémite. Il n’y avait pas cet effet de redite. Les gens qui vont voir un spectacle à la Main d’Or ne viennent pas entendre des blagues sur les Chinois. **Dans la presse également, pour François Hollande, une nouvelle année commence**
françois hollande jugé "sympathique" par les français mais reste impopulaire
françois hollande jugé "sympathique" par les français mais reste impopulaire © reuters
Est-il devenu social-libéral comme le pensent certains après ses vœux aux Français dans lesquels il proposait un pacte de responsabilité au patronat et évoquait des excès et des abus dans les dépenses sociales ? Pour [_L'Humanité_ , nous avons à l'Elysée, « Un président socialiste sans socialisme ». ](http://www.humanite.fr/politique/depuis-les-voeux-le-ps-fait-profil-bas-556327) « Comprendre François Hollande »… C'est le dossier de la revue _Charles_ , dont le nouveau numéro sera demain en kiosque. Il contient notamment une longue interview de l'ami Jean-Pierre Mignard. Sur pas moins de 30 pages, ce compagnon politique et personnel de François Hollande retrace le parcours intellectuel de ce président qui pense qu'on ne peut pas gouverner contre l'opinion. Le voici à la croisée des chemins. - François Hollande, explique Jean Pierre Mignard, c'est le président d'une société apaisée et donc riche. Lorsque la France va à peu près bien, qu'on distribue les richesses produites, on peut être un bon président social démocrate, mais ça c'était avant. Aujourd'hui François Hollande se retrouve dans une société socialement fracturée. Ce n'est pas la période pour laquelle il s'était préparé à gouverner. Il y a de mauvaises humeurs dans l'opinion, il ne faut pas toutes les satisfaire. Il ne s'agit pas seulement d'être un grand médiateur, il faut aussi dire la vérité à la société, la mettre en face de ses responsabilités. - En sera-t-il capable ? - Sa présidence se joue là. Il dispose pour cela de considérables capacités de résilience. Dans ce dossier de _Charles_ , ceux qui ne connaissent pas parfaitement la carrière du chef de l'Etat trouveront de quoi réviser utilement et agréablement. Témoignages de son ancien chauffeur, de camarades et d'adversaires de campagne en Corrèze, et petit abécédaire qui recense les surnoms et les bons mots du président. Définition de François Hollande selon Manuel Valls, « c'est un bouchon, quoi qu'il arrive, il flotte ». Et anecdotes, comme celle de la nuit où la police l'a embarqué. C'était en 1971, le jeune Hollande projette de partir en Grèce avec des copains au volant d'un fourgon Peugeot J7. Mais il n'y a pas de volant sur la camionnette. Qu'à cela ne tienne. Dans une rue abandonnée, accompagné de deux amis, il se sert sur l’épave d'un vieux J7 abandonné dans une rue de Paris. La patrouille passe. Une nuit au poste. C’était la jeunesse d’un président normal. A demain !
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