La revue de presse du dimanche 7 janvier, par Rosalie Lafarge.

Y a-t-il quelque chose qui cloche au sein de la Commission des comptes de campagne ? A en croire ce témoignage publié dans Le Parisien, sans aucun doute. Cette commission épluche les comptes de campagne des candidats aux élections en France. A la fin, elle valide, elle rejette ou elle corrige. Ce qui permet ou non le remboursement.   

Cette commission a connu fin novembre une démission dite "fracassante" : celle d'un de ses rapporteurs qui témoigne donc aujourd'hui dans Le Parisien. Il dénonce un système "opaque, fort peu démocratique" et "de graves dysfonctionnements". Il en veut pour preuve cette réunion du 20 novembre. Chargé d'éplucher les 52 cartons de factures de Jean-Luc Mélenchon, il a, dit-il, déniché "nombre de dépenses litigieuses".  Un million et demi d'euros qui ne devraient pas selon lui, ouvrir droit à un remboursement.

C'est quand il les détaille à sa hiérarchie que ça se gâte

La commission aurait refusé de tenir compte de toutes ses observations. On lui aurait suggéré de "revoir nettement à la baisse ses propositions de régularisation".  On lui aurait demandé, toujours selon lui, de fermer les yeux. Il ne comprend pas, n'accepte pas, et au terme de cette réunion "longue, houleuse et difficile" pour lui, il claque la porte.  

Son témoignage aujourd'hui, il l'assure, ce n'est pas pour "mettre à l'index le patron de la France Insoumise" mais pour dénoncer ce système qui ne lui a laissé d'alternative "que celle de  se soumettre ou de se démettre". Il a choisi la deuxième option et c'est donc à lire dans Le Parisien.  

Après avoir tenu ses comptes, il faut parfois savoir en rendre, des comptes

Et c'est ce que fait le Premier ministre ce matin dans le JDD.  "Avec notre politique, le travail paie", promet Edouard Philippe en Une. Entretien où l'on apprend, honnêtement, peu de choses. Sur les privatisations, "il y en aura". Sur les éventuelles recettes fiscales supplémentaires, "elles serviront à désendetter la France". 

Sur la baisse annoncée de la vitesse à 80 km heure sur certaines routes, "s'il faut être impopulaire pour sauver des vies, j'accepte".  Sur Notre Dame des Landes, "la décision mûrit". Voilà pour les grands thèmes.

Edouard Philippe, adepte de la boxe

C'est ce qu'on apprend dans Capital. "Les cols blancs montent en force sur les rings" selon le magazine. Les personnalités et les CSP+, comme on dit, sont de plus en plus nombreux à mettre les gants.   

Pourquoi ? Peut-être parce qu'ils y trouvent un lien avec le monde de l'entreprise ou de la politique. Il faut être "rapide, parfois frapper le premier, anticiper les coups, savoir les encaisser" résume un patron. "Cela permet de décharger son stress et son agressivité dans un cadre contrôlé et de ne pas les ressortir au travail" ajoute une chef d'entreprise. 

Le "management abracadabrant" de SFR

Cela enseigne enfin "l'art de l'esquive". Pas inutile pour des négociations ou des débats télé, précise le fondateur d'un cabinet de conseil. Quand on tourne quelques pages de Capital, on se demande si Patrick Drahi n'aurait pas du s'inscrire à la boxe. Le magazine décrypte effectivement la méthode du patron de SFR. 

Un "management abracadabrant" qui a "conduit au fiasco".  "Des méthodes brutales", en plus inefficaces. Et ça se ressent du client au sous-traitant, en passant évidemment par les salariés détaille Capital.  

La famille Urbani règne sur la truffe

La courbe des résultats de SFR est d'ailleurs à peu près l'inverse de celle du clan Urbani. La famille italienne domine le commerce mondial de la truffe depuis 1852. Et le secret de sa longévité, à lire dans Le Point, c'est peut être sa faculté à s'adapter au marché.  

On apprend par exemple, que la truffe blanche est passée dans un sable doré avant d'être expédiée aux Etats Unis. Sinon les Américains la trouvent trop terne, pas assez chic!    

"Santé : ordonnances sous influence"

Gestion des comptes de campagne, gestions de la politique du gouvernement, gestion de son énergie ou encore de son entreprise, il est décidément beaucoup question de gestion dans la presse ce matin ! Qu'en est il de la gestion des relations ?

Demandez aux laboratoires pharmaceutiques, ils maîtrisent. Alternatives Economiques propose ce mois-ci une vaste enquête sur les liens entre les labos et les médecins. Le phénomène n'est pas nouveau, le mensuel le reconnaît lui-même. Mais les données exclusives qu'il publie prouvent son ampleur.

Avec d'abord cette façon qu'ont les labos de "s'immiscer dans les facs de médecine". Ainsi, selon le magazine, presque tous les doyens de faculté ont eu un lien avec l'industrie du médicament entre 2012 et 2016. A des degrés plus ou moins importants : les sommes engagées vont de 20 euros à près de 80 000. 

Les labos investissent la fac, l'hôpital et la politique

Les étudiants sont également ciblés. Ce sont les futurs prescripteurs des médicaments, alors ils sont chouchoutés à coup de fournitures ou de grandes fêtes au château.  

Mais l'omniprésence des labos ne s'arrête pas à la fac, ça continue à l'hôpital où les médecins font l'objet de "toutes les convoitises" à travers un "lobbying agressif, systématique et opaque" souligne Alternatives Economiques.

Cela continue encore en politique, où les 5% de députés médecins ont, pour la plupart des liens déclarés avec les laboratoires.  "Dons de matériel, invitations à un repas, à un congrès", ce n'est "pas de la corruption" rappelle Pierre Chirac, le directeur de la revue médicale Prescrire, "mais c'est une pratique d'influence inconsciente qui arrive aux mêmes résultats".  

Les vieux tweets du nouveau porte-parole de LREM ressortent 

On ne le dira jamais assez, attention à ce que vous écrivez sur les réseaux sociaux ! Cela peut se retourner contre vous. Cela ne fait visiblement pas peur à Donald Trump qui a encore usé de sa gouaille sur Twitter ce samedi, se qualifiant lui-même de "génie très stable", ce qui fait les choux gras de la presse américaine.

Après tout, chacun gère son image comme il veut. Et il croyait la gérer, Rayan Nezzar. Tout juste nommé porte-parole de La République En Marche, il a fait place nette dans ses tweets. Il en a supprimé près de 5.000. Mais Internet garde des traces. Et le site Buzzfeed compile quelques anciens tweets du bonhomme.

Il insulte, et pas à demi mots, Marine Le Pen, Jean-François Copé ou encore une journaliste. Le porte-parole, qui s'est excusé hier, va devoir apprendre à la maîtriser sa parole s'il ne veut pas avoir trop d'ennuis.

Le PSG sur le terrain après quelques jours mouvementés

La gestion d'un effectif, celui du PSG est, cette fois, à la Une de L'Equipe. "Cette fois, c'est l'heure" titre le quotidien sportif. Attendu à Rennes ce soir en Coupe de France, Paris "doit remettre un peu d'ordre dans ses rangs", après une semaine mouvementée selon l'Equipe.  

La gestion de la pression pour les "petits" de cette Coupe de France est elle à la Une de pas mal de titres régionaux. L'Indépendant catalan met à l'honneur le Canet-Roussillon FC, première équipe catalane de l'histoire à se qualifier pour les 16è de finale. Le Maine Libre félicite les joueurs du Mans FC, sortis avec les honneurs hier par Lille. La joie de la Berrichonne de Châteauroux après sa qualification est elle en Une de La Nouvelle république. 

"Sologamie", "couple fissionnel", "algomatching"...

Et on termine par la gestion de nos relations amoureuses !  "Comment s'aimera-t-on en 2018 ?" Vaste question posée par Marianne cette semaine. Pour "éliminer le conjoint sans renoncer au couple", choisissez la sologamie, qui consiste à se marier avec soi-même. 

Si vous avez besoin de "nourrir votre amour de respirations extérieures" (comme c'est joliment dit), optez pour le "couple fissionnel". Ici, "l'autonomie de chacun devient la garante de l'équilibre conjugal". Sinon, faites confiance à "l'algomatching". Grâce aux algorithmes, on va vous trouver le conjoint idéal, notamment en croisant vos données et les siennes sur les réseaux sociaux. Encore faut-il avoir été honnête sur ces réseaux !  

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