Le Figaro, le Monde, racontent l'arrestation de Xu Zhandrun qui pointait la dérive totalitaire de la Chine. Mediapart raconte les marchandages de l'armée quand il faut indemniser des civils que nos soldats blessent dans leurs missions. Ennio Morricone sublime de colères et de Vaffanculo!, dans Télérama et Libération,

On parle de courage ce matin... 

Et la Croix, qui est souvent un journal rare par sa curiosité des autres, est allée en Inde voir des frères humains, ces intellectuels qui osent encore contester le nationalisme qui s'est emparé du pays sous le premier ministre Modi... C'est une université de sciences sociales à New Dehli qu'on disait rouge et dont les fresques murales chantent les révolutions d'antan et fustigent le capitalisme, les castes, le patriarcat, les inégalités, mais ces graffitis palissent et la fac est menacée par des étudiants proches du parti au pouvoir ; ce sont des artistes que le cinéma censure mais qui parlent sexualité, identité transgenre, amours intercastes sur des plateformes de streaming ; ce sont des écrivaines et écrivains qui osent témoigner pour les musulmans mis à l'index ; c'est la grande écrivaine Arundathi Roy qui peste contre le temps perdu, on a abandonné dit-elle la réécriture de l'histoire aux nationalistes et maintenant ceux-ci triomphent et censurent, menacent, crient au blasphème et arrêtent des étudiants... L'Inde se situe à la 140e place sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse, mais loin des devenus une agence de publicité du pouvoir, des dissidents étudient l'œuvre de Amji Ambekar, qui fut le père de la constitution indienne et le leader des Dalits, les intouchables : Ambekar est mort en 1956, il ne trichait pas avec la brutale identité de son pays et il est une espérance aujourd'hui pour ceux qui restent, auxquels la Croix donne deux pages, et nous ici une minute un peu plus pour ceux qui espèrent en Inde...

Dans le Figaro, sur les sites du Monde et de Libération, vous lirez le nom d'un universitaire dont le domicile hier a été encerclé par dix véhicules et vingt hommes en uniforme, et c'est ainsi que Xu Zhangrun, écrit le Figaro « a été avalé par l'opaque machine à broyer les âmes de la Chine communiste »... Ce professeur de l'université Tsinghua était une des dernières voix dissidentes en Chine, en 2018 il avait analysé dans un long texte la dérive totalitaire du régime de Xi Jinping, on l'avait interdit d'enseignement, il écrivait quand même :  cet homme hilare en chemise à manche courte dont la petite photo illumine le Figaro avait préparé une trousse de toilette pour le jour où on viendrait le prendre. "Au moins ils n'ont pas encore arrêté Xu Zhangrun", disait-on chez les intellectuels chinois quand on voulait espérer, on lit cela dans le Monde... C'est fait. La police a dit à son épouse qu'il était arrêté pour avoir fréquenté des prostituées, calomnies banales des régimes totalitaires. 

Voilà donc des courages là-bas, et nous, allons-nous bien? L'Humanité nous rappelle que nous connûmes des héros et nous invite au souvenir de Raoul Galataud, ouvrier typographe  et fondateur du maquis FTP de l’Ardèche, mort samedi avant ses 100 ans... 

Nous lisons aussi des courages de maintenant, que nous ne devinons que trop tard. 

A Bayonne, me disent le Parisien et Sud Ouest  Philippe Monguillot rêvait à un simple bonheur, il était chauffeur de tram-bus et un gars bien, il était à un an de la retraite qu'il imaginait dans ses Pyrénées au volant d'un camping-car, il est descendu dimanche soir se confronter à des passagers incivils et a été frappé à la tête et laissé en état de mort cérébrale.

Une des brutes de Bayonne avait un pitbull en laisse. Dans le Bien Public, je lis la peur que font rêgner d'autres molosses, des American Staff, quand leurs maitres ne savent pas les contrôler,  Sylvie a été mordue en mars par un chien qui a secoué son bras, touchant son tendon, elle a fait une septicémie, une cicatrice mauve la lézarde, elle en fait des nausées, des crises d'angoisse.

Dans Nice-Matin une maman Michèle Capedvielle se souvent de son fils Jean-Christophe qu'elle avait élevé seule après son veuvage, renait un garçon qui avait été scalpé dans l'accident de voiture qui avait tué son père, il avait grandi pour être garagiste, dévoué aux autres, il est mort poignardé le premier juin dans une querelle de voisinage... Parfois il est simplement brave de vivre... 

On parle d'autres accidents dans Mediapart...

Et on parle des indemnités que l'armée française verse à des victimes, mais après avoir négocié âprement, quand nos soldats font des dégâts humains dans les pays que nous assistons...  En septembre 2015 Aurore Zengaïs, fonctionnaire au ministère des affaires sociales de la République centrafricaine,  eut juste le temps de crier "Jésus"   avant de tomber de scooter, un blindé français lui avait fait une queue de poisson, elle se retrouva ensanglantée le genou bousillé... Madame Zengaïs  a reçu de la France 4 131 euros et 9 centimes après des mois de palabres, nous voulions lâcher 3 811 euros au départ... En échange elle ne porte pas plainte, c'est un arrangement... Vous en lirez d'autres, et vous saurez comment on protège nos sous dans Mediapart...

C'est un article dérangeant, fort bien fait, il heurte notre innocence.

 Les Echos nous réveillent pareillement,  en racontant comment un gigantesque projet gazier de Total au Mozambique, 23 milliards de dollars, aucun groupe privé n'a jamais investi  autant dans le continent, passe mal auprès des populations ; l'exploitation du gaz chasse des familles de leurs villages, exacerbe les tensions  dans des régions déjà touchées par le djihadisme.

Dans le Figaro, un homme interpelle notre indifférence et nous alerte sur  une vieille basilique, désormais un musée à Istanbul, que le président turc Erdogan veut transformer en mosquée. Jean-François Colosimo est le patron des éditions du Cerf, un chrétien orthodoxe à la tête d'une maison de catholiques dominicains, il nous dit l'histoire de Sainte-Sophie, Ayasophia tant admirée, qui dans l'Empire byzantin se voulait le point focal de l'humanité... La France doit-elle parler ?

Et on se souvient d'un musicien...

Et quand les morts ont du génie, les journaux en ont du talent, et deux journaux qui aiment se payer de mots se font plaisir ce matin avec Ennio Morricone, l'Equipe et Libération, évidemment... 

« Il était une fois dans l'ouest » titre l'Equipe avec un look western, cela parle de football et du stade rennais dont le prodige Eduardo Camavinga est convoité notamment par le Real Madrid, et il est bon brut et tonitruant, Camavinga poursuit l'Equipe en pages intérieures... Pas mal les amis...

Libération lui tire sur fond orange, la revenante la verte et le tonitruant, avec un grand Castex au-dessus de ses recrues Roselyne Bachelot, Barbara Pompili et Me Dupond-Moretti : c'est la meilleure des unes politiques en ce matin où nos vedettes gouvernementales nous fixent par paires, par brelans, par carrsé parfois ou dans un triste alignement de vignettes Panini aux unes des journaux... 

Mais la politique ne doit pas nous distraire de Morricone , dont vous lirez les splendides hagiographies dans le Monde, Libération le Figaro et sur le site de Télérama. Il était capable de sublimes mauvaises humeurs, il se battit un jour me dit Télérama  avec un journaliste qui l’avait confondu avec son ami réalisateur Sergio Leone ; un autre jour, de mauvais poil, il refusa les questions et dit "vaffanculo" à un reporter de Libération, Guillaume Tion, qui l'en aima plus encore, sa musique était "passionnément énervée". Libération me dit aussi Edo Nganga qui fut maitre de la Rumba à Kinshasa, Congo, le bantou rythme  et vit, Grazie.

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