(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : pour solde de tout compte

(Bruno Duvic) Le soldat attend que l'on décharge les soutes de l'Airbus A340. C'est le petit matin, il fait un froid glacial dans le hangar. Personne pour l'accueillir. Il peste : « même pas un café chaud... »

Mardi matin à l'aube, à l'aéroport de Metz, le 1er régiment d'infanterie de Sarrebourg était le premier à rentrer d’Afghanistan en France après la visite de François Hollande à Kaboul. "L'Afgha", comme disent les militaires, c'est fini. Ils rentrent accompagnés d'un mélange de fierté et d'un goût d'inachevé.

11 ans de guerre, 83 morts dans les rangs français, 1 million 300.000 Euro dépensés chaque jour l'année dernière pour cette guerre. Et en Afghanistan, des Talibans toujours là et un pays modernisé mais fragile.

Pour Le Parisien-Aujourd’hui en France , Bruno Fanucchi a accompagné ces soldats de la base de Surobi au tarmac de Metz. Il y a ceux qui sont contents de retrouver leur famille, ceux qui auraient voulu prolonger l'aventure, ceux qui parlent de l'adrénaline quand on tire une roquette, de la peur au ventre quand on traverse une « killed zone », et de la mort qui a frappé des camarades et qui vous a frôlé.

Sur le chemin du retour, ils doivent s'arrêter à Chypre, décompression dans un hôtel, débriefing avec des psys. Ils apprennent à se re-civiliser, à voir des enfants courir, des gens vivre et parler normalement. On les met en garde contre ces images qui vont tourner et retourner dans leur tête.

Un soldat rentré il y a 4 ans, seul survivant d'une embuscade, regarde aujourd'hui encore dans les fossés quand il est au volant.

Une autre retraite fait la Une ce matin...

Retraite à 60 ans, retour partiel. L'Humanité crie victoire : « Première brèche dans la réforme Sarkozy ». « Il faut maintenant aller plus loin », dit Marie-Georges Buffet.

Le Figaro crie casse-cou : « Retraites : la France tourne le dos à toute l'Europe ». L'éditorial parle d' « hérésie économique ».

Le solde de tout compte concerne aussi les comptes publics...

Peut-on tenir à la fois les promesses et les cordons de la bourse ? "Déficit, fiscalité : l'équation de Hollande se complique", titrent Les Echos . D'autant que dans le même journal, le ministre du Travail Michel Sapin promet des moyens supplémentaires pour l'emploi : les contrats aidés en particulier et pôle emploi.

Pour Pierre-Antoine Delhommais dans Le Point , la France vit une nouvelle drôle de guerre : « Au milieu d'une zone Euro à feu et à sang, elle vit dans l'attente et la crainte d'une attaque des marchés financiers.

(...) Pour divertir les Français et soutenir leur moral, Jean-Marc Ayrault choisit de multiplier les messages symboliques (...) En revanche, rien n'est annoncé pour redresser les comptes publics et la compétitivité du pays, rien n'est fait pour dissuader les marchés financiers de passer à l'attaque. »

Un des gradés du gouvernement Hollande, Pierre Moscovici, ministre de l’Economie, contre-attaque, dans les colonnes de Libération. "Nos engagements budgétaires seront tenus, réforme discale, maîtrise de la dépense publique". Et à François Fillon qui dénonçait hier la politique désastreuse de François Hollande dans Le Figaro , il répond : "Le bilan de Fillon, c'est 600 millions de dettes en plus".

Comment réduire la dépense publique ? En se voulant exemplaire, le nouveau pouvoir aiguise les exigences. Comme le 4 août 1789, Le Nouvel Observateur veut abolir les privilèges. Ceux des députés en particulier. La voie est étoite entre une saine exigence et le tous pourris. L'Obs essaie de l'explorer en soulignant que des efforts d'économie ont été fait : plus de prêt immobilier à des taux très bonifiés pour les députés, et leur régime de retraite s'aligne petit à petit sur les règles en vigueur pour tous les Français.

Et il y a d'autres efforts à faire. Pour L'Obs , Sophie des Déserts empile les indemnités et les avantages dont bénéficient les députés : crédit collaborateur, crédit informatique, forfait téléphonique, frais de taxis, carte SNCF, billets d'avion...

Le député vert François de Rugy se souvient de cette petite dame qui a poussé un matin la porte de sa permanence nantaise :"Je voulais juste vous dire que vous gagner en un mois ce que je gagne en une année"

A 4 jours des législatives, c'est donc l'heure des règlements de comptes

Solder les comptes des années passées... Dans Le Point , sous la plume d'Anna Cabana, voici Rama Yade, en campagne dans les Hauts de Seine. "Tiens, elle existe encore !" dit un électeur, "Dans quinze ans vous serez le prochain précédent", prédit un autre.

En soufflant la fumée des Marlboro Light qu'elle grille l'une après l'autre, la star déchue du sarkozysme, qui a face à elle un candidat investi par l'UMP, Manuel Aeschlimann, lâche quelques confidences à propos de son mentor : "des gens comme moi étaient prêts à sauter de 7 étages s'il nous le demandait. (... )Mais qui va entretenir la légende de Sarkozy ? Il n'y a pas de génération Sarkozy"

Règlements de compte. Dans ces hauts de Seine, cœur de Sarkoland et de l'affaire de l'Epad la directrice de cabinet de Patrick Devedjian s'apprête à publier un roman à clé raconte Le Nouvel Observateur . Un livre où il est question d’un monarque et du dauphin.

Des figures de naguère reviennent à la Une. Cécilia Sarkozy en couverture de VSD . Elle veut reconquérir la France

A gauche, solder les comptes du passé, c'est raconter la saga des Strauss Kahn. On en parle dans un instant sur France Inter. C'est également dans Le Point .

Mais la bataille du moment oppose les deux gauches, comme le titre Politis . Celle qui est rassemblée autour de François Hollande et celle qui a pour figure de proue Jean Luc Mélenchon. Enjeu des législatives : le rose pâle aura-t-il besoin du rose vif pour former un bouquet majoritaire ?

Il y a des divergences majeures sur le fond : le Smic, l'Europe... Et il y a des combats acharnés sur le terrain. Rue89 raconte la violence du face à face entre le communiste François Asensi et son ancien attaché parlementaire, l'écologiste Stéphane Gatignon en Seine-Saint-Denis. Chez les écolos on parle de Brutus contre César.

Et en football, les Bleus attaquent l'Euro avec le souvenir de la dernière coupe du monde

Peut-on solder cet épisode désastreux de l'histoire de l'équipe de France ? Les insultes à la Une de la presse, la grève des millionnaires et la défaite piteuse au premier tour...

L'Equipe consacre 2 pages à la campagne de réhabilitation menée par la Fédération française de foot, car l'épisode de Knysna a fait du tort à tout le football français.

Le mieux serait de remporter l'Euro. « Ils peuvent aller loin », titre le quotidien sportif ce matin à la Une. Mais cela ne suffirait pas. « Il y faudra la manière ! » exige le président du club de St Etienne qui travaille justement sur l'image des footballeurs. Aujourd'hui, cette image, il la résume en une formule inspirée de Jacques Séguéla : "ne dites pas à ma mère que je suis dans le football. Elle me croit pianiste dans un bordel".

A demain

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