Vivaldi et dance-floor électro pour fêter Jeanne à Orléans, la République du Centre. Quand un milliard va à Notre-Dame, la maman de Emy se demande combien vaut sa fille, Actu76. Dans une cave parisienne dorment 70.000 pages miraculeuses, les archives d’un géant des mathématiques, Alexandre Grothendieck: le Monde

Un film est apparu, miracle de Lourdes, qui fait de la Croix un journal heureux. 

Vivaldi et dance-floor électro pour fêter Jeanne à Orléans, la République du Centre.  Quand un milliard va à Notre-Dame, la maman de Emy se demande combien vaut sa fille, Actu76. Dans une cave parisienne dorment 70.000 pages qui sont peut-être un trésor de l’esprit, les archives d’un géant des mathématiques, Alexandre Grothendieck: le Monde.

On parle de miracles ce matin...

Et on parle de Lourdes en une de la Croix, pour un miracle profane, un film est apparu, qui montre, quel joli titre en une, "l'invisible dans la lumière", et ce film "il crie Dieu", a dit un prêtre en le découvrant... Le film s'appelle Lourdes, comme la ville, il est en salles demain, réalisé par deux documentaristes, Thierry Demaiziere et Alban Teurlai, qui ont simplement posé leurs caméras près des malades, des pèlerins et des bénévoles de Lourdes, et avec délicatesse filmé  Benjamin, petit garçon victime d'une maladie rare frotter le nounours de son frère contre la Grotte des apparitions... On voit dans Lourdes « des mains tendues, qui touchent, qui caressent, qui implorent », et la maman de Benjamin, le petit garçon au nounours se demande, comment « une personne athée » a pu filmer aussi bien un encensoir ou l'étole d'un prêtre... Le miracle est alors celui de l'art et de la rencontre de la confiance, et d'un journal ce matin heureux... 

A Orléans où s'ouvrent ce soir les Fêtes johaniques, ce sont autour du Mystère d'autres rencontres plus surréalistes que nous montre la République du Centre, puisqu'il s'agit ici d'illuminer la cathédrale Sainte Croix dans un son et lumières, et d'entendre le Gloria de Vivaldi... mais en même temps d'organiser « le plus grand dance floor du monde », 40.000 personnes qui guincheront electro, Jeanne s'y retrouvera bien... 

Il faut bien la foi et il faut bien la fête pour supporter le reste, lire dans les Echos et le Figaro comment, d'un tweet contre la Chine, Donald Trump fait trembler les bourses, lire dans le Parisien, loin de Lourdes et d'Orléans, que le monde du handicap, 12 millions de personnes en France, a perdu foi en la politique: 89% des handicapés n'ont pas confiance dans le gouvernement pour mieux prendre en compte leur situation, sondage de l'association des paralysés de France...  

En Normandie, loin d'Orléans et de Lourdes, Béatrice Hadiba se bat et désespère à la fois, lis-je sur le site Actu 76...  « Quand j’ai vu en si peu de temps un milliard d’euros de dons pour Notre-Dame, je me suis vraiment demandé combien vaut la vie de ma fille ? » Emy, 31 mois, souffre de la maladie de Sandhoff, qui détruit son système nerveux, et son espérance de vie ne dépasse pas quatre ans... Sauf, dit la maman à tenter un traitement expérimental aux Etats-Unis, mais il faudrait un millions d'euros, elle est sur internet où l’on espère: certains touchent les murs d'une grotte, d 'autres lancent des cagnottes pour quêter le miracle.

On veut dans nos journaux hater un miracle politique et des décisions pour la vie sauvage menacée, "un million en espèces à perdre", dit Libération champagne, suivi par le Figaro, Midi libre, l'Humanité, Ouest France qui ont suivi le Monde, dans ces requiems à la nature, ailleurs, dans le courrier picard une plainte monte contre les prix du carburants repartis à la hausse. Nous souffrons de plusieurs choses à la fois. 

Une lycéenne est dans Paris-Normandie.

Qui témoigne des enfants qui souffrent, quand le Progrès fait sa une sur un môme de dix ans harcelé et cailllassé à Villeurbanne et ses tourmenteurs ne sont guère tourmentés.

Caroline, elle se bat, lycéenne d'Evreux, son oncle dit-elle était pédophile, elle veut devenir policière, et elle est partie en guerre contre les « sex-addicts » amateurs de petites filles; sur internet, elle a prétendu avoir douze ans, un quadragénaire lui a proposé un rendez-vous. Elle y est allée avec un ami, ils ont filmé l'homme, c'était en avril, la vidéo a été vue un million de fois, la police a demandé à Caroline de retirer son film mais l'homme aurait perdu sa femme et son travail, et elle se sent coupable d'avoir montré son visage, dit-elle à paris Normandie. « Je voulais lui faire prendre conscience. Je ne pensais pas que ça irait aussi loin. Je voulais que ça reste cantonné à Evreux, je pensais pouvoir tout contrôler»

Elle aura appris tôt qu'on ne maîtrise rien, pas même ses bonnes vengeances. 

Et on parle d'amour pour finir...

Qui est la chance du chanteur Marc Lavoine, 56 ans, aimant et aimé d'une femme qui n'a plus vingt ans depuis trois ans... Lavoine est la figure masculine d'un portrait séduit, écrit par un homme, d'une jeune écrivaine, Line Papin, 23 ans, qui vit près de Notre-Dame et dont le dernier livre s'appelle « les os des filles », elle a connu le Vietnam, et l'anorexie et la beauté de l'art et donc Marc Lavoine qui lui offre des dessins crayonnés à la Cocteau, et qu'elle a rencontré ici, à France inter, sommes-nous émus?  

Elle est dans Libération  qui fait sa Une sur des alchimistes de l'escroquerie qui volent des milliards aux Etats européens dans des manipulations de TVA sur les téléphones portables et les pommes de terre... On peut préférer l'alchimie de l'écriture de Line Papin, qui dis "j'écris pour vivre, je vis pour écrire"... Ou l'alchimie de Proust, qui écrivait couché, au lit, et dont un manuscrit inédit est exposé à la maison de tante Léonie à Illiers Combray, des épreuves des Jeunes filles en fleur qu'il reprenait et obscurcissait de son écriture, c'est dans l'Echo républicain, pour le printemps proustien. . 

Et puis, écoutez cela. Dans notre monde de bruit, il est dans une cave à paris, soigneusement emballées dans des cartons entoilés, 70.000 pages qui sont peut-être un trésor de la pensée; ce sont les archives d'Alexandre Grothendieck, qui fut un géant des mathématiques et un homme tourmenté par l'histoire, le Monde le raconte dès ce matin sur son site, dans un de ces articles qu'il ne faut pas abandonner, Grothendieck écrivait les nuits sans relâche et entre aout 1992 et aout 2014 quand il mourut, noircit et dessina, "des maths accompagnées de dessins, une divagation céleste et beaucoup de colère", que pour l'instant nul n'a su explorer dans son fouillis, et le mystère repose alors, ou un miracle peut-être.

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