(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : veaux, vaches, cochons…

(Bruno Duvic) C'est transhumance à l'assemblée nationale... Les élus partent en campagne. Ils étaient réunis pour la dernière fois hier avant les élections présidentielles et législatives. Tweet du sosicaliste Jean Jacques Urvoas, relevé par Le Figaro "A repérer les députés qui prennent des photos, on devine ceux qui craignent de ne pas revenir en juin"

Les législatives ? « Ca va être une tuerie » dit un UMP dans Le Parisie n. Sa prédiction : un tiers seulement de ses collègues de droite seront reconduits.

Et la présidentielle ? "Pratiquement foutu pour Sarko" ajoute un ministre du premier cercle selon Le Canard Enchainé .

De la transhumance à la débâcle, comment l'éviter ? Le président-candidat était l'invité de France 2 hier soir. C'était "l'opération vérité" titre Le Figaro .

En reconnaissant des erreurs (le yacht de Bolloré, son fils Jean à l'Epad), en évoquant ses difficultés personnelles au début du mandat, Nicolas Sarkozy "abat son va-tout, l'humain, l'intime, écrit Philippe Palat dans MidiLibre . Il s'est fait humble, presque attachant, reconquête des électeurs, côté cœur."

Christophe Bonnefoy complète dans Le Journal de la Haute Marne "Nicolas Sarkozy veut ainsi se poser comme celui à qui l'expérience du pouvoir - ses hauts, ses bas - aurait fourni les armes pour rendre la France plus forte.

Combativité intacte estime Patrick Fluckiger dans L'Alsace . « Climat de tension pour le débat avec Laurent Fabius », titre Le Figaro . Mais Fluckiger reprend : le handicap du candidat réside dans une phrase qu'il a prononcée hier 'La seule vérité, ce n'est pas ce qu'on dit, c'est ce qu'on fait. Son problème, c'est que c'est lui qui est aux manettes depuis 5 ans"

Et le chef de l'Etat a beau avoir été relativement discret sur le halal hier, dans la presse ce matin, on n'échappe pas à la boucherie.

"Droite : la grande boucherie", c'est la Une de Libération

Libé relate par le détail la cacophonie dans la majorité depuis que Claude Guéant, puis Nicolas Sarkozy ont repris à leur compte la polémique lancée par Marine le Pen.

La presse satirique s'en donne à cœur joie. "La campagne régresse au stade halal", titre Le Canard enchainé.

Luz, à la Une de Charlie Hebdo dessine côte à côte, les Le Pen et Claude Guéant. C'est « le père, la fille et le Saint Esprit ».

Dessin de Lefred-Thouron dans Le Canard . "Qu'est ce qui me dit que votre viande est halal" demande un barbu à un paysan. L'agriculteur montre sa vache : elle est voilée.

Les journalistes regardent filer le train de la campagne électorale.

Quoi d'autre dans la presse ? Jean-Luc Melenchon plus saignant que jamais. Dans le sondage CSA/20 minutes , il atteint le cap des 10% d'intention de vote.

Encore un sondage, celui de l'institut Ipsos pour Radio France et Le Monde entre autres. 2 Français sur 3 jugent que la campagne n'est pas intéressante.

Autre écho. Les dirigeants européens qui ne voudraient décidément pas recevoir François Hollande. Un rendez-vous avec le Polonais Donald Tusk a disparu de son agenda relève Le Parisien .

Enfin, la question vache de la semaine. C'est dans la courbe des Inrockuptibles qui donne les tendances du moment. Question donc : "Et au fait, t'as des nouvelles d'Eva Joly ?"

Dans la presse également : la caravane européenne…

… toujours à la recherche de la poule aux œufs d'or. Le fisc italien multiplie les contrôles ces dernières semaines pour récupérer de l'argent. Et il a trouvé plus d'un million de maisons fantôme dans la botte. Des maisons qui existent bel et bien, des photos aériennes en attestent, mais elles ne figurent pas au cadastre, elles échappent donc à l'impôt. L'histoire est racontée dans Le Figaro .

Les riches sauvagement agressés en Suisse. Libération explique. Le Parlement durcit les conditions fiscales pour les résidents étrangers. Ils seront désormais imposés 7 fois sur la valeur locative annuelle de leur logement au lieu de 5 aujourd'hui. On est tranquille nulle part...

Les marchés replongent dans le bourbier grec, c'est la Une des Echos . Bras de fer cette semaine avec les créanciers privés. Ils doivent accepter d'annuler 75% de la dette d'Athènes avant demain soir. Inquiète sur l'issue des négociations, la bourse de Paris a cédé 3.6% hier.

Cet écho dans L'Express qui en dit long sur les mentalités allemandes et françaises vis à vis des déficits. Lors d'un colloque récent l'ancien ministre de l'Economie de Jacques Chirac Francis Mer a été apostrophé par un diplomate suédois sur la décision prise en 2003 de ne plus respecter les critères de Maastricht. "La décision prise par Chirac et Schröder était mauvaise" a reconnu l'ancien ministre. Et il ajoute : « Schröder a décidé que c'était honteux pour l'Allemagne, il a lancé l'agenda 2010", la rigueur avant l'heure. Chirac m'a félicité. »

Les vieux contentieux européens, même en football. Novembre 93, la France perd 2/1 face à la Bulgarie à la dernière seconde du match et rate la coupe du monde. L'entraineur était Gérard Houiller, l'un des joueurs vedettes David Ginola, accusé d'avoir fait une mauvaise passe. Depuis Houiller a étalé sa rancœur contre Ginola dans un livre, le traitant de salaud. Près de 20 ans plus tard, l'affaire est aujourd'hui au Tribunal. Ginola a porté plainte pour injure publique et diffamation.

Dans L'Equipe , vous lirez une double page sur cette ténébreuse histoire.

Direction l'Algérie et le Japon pour finir

L'Algérie en un mot. A quelques jours de l'anniversaire des accords d'Evian, vous trouverez un dossier très complet sur cette guerre longtemps taboue dans Ouest France .

A propos du Japon, un an après Fukushima, les écrivains japonais brisent le silence. Les mots que l'on peut lire cette semaine dans Télérama sont réellement marquants. Ceux du prix Nobel de littérature, Kenzaburo Oê, par exemple : "Aujourd'hui, personne ne peut affirmer avec certitude qu'un accident nucléaire ne se reproduira pas"

"Nous sommes entourés de discours fallacieux, dit un autre écrivain. Aujourd'hui encore, on ne sait même pas ce qui se passe dans les enceintes de confinement " de la centrale.

L'envoyée spéciale de Télérama, Marine Landrot écrit ceci : jusqu'à Tokyo, « chacun sait que la radioactivité peut passer par ici, mais un modus vivendi s'est silencieusement imposé, entre acceptation et déni. Beaucoup de Japonais consomment les produits de Fukushima, par solidarité ou par ignorance. »

Briser le silence, chose difficile dans la société japonaise. C'est la mission que se sont donnés 31 auteurs qui ont participé à un recueil intitulé "Ce que murmure la bougie". Des lectures publiques ont été organisées à la lueur d'une flamme.

Et soudain, un cortège d'animaux repassent devant nos yeux, mais dans une lumière d'apocalypse. Le romancier Hideo Furukawa est originaire de Fukushima. Il se souvient de son chat qui s'est mis à tourner à toute vitesse sur les murs de sa maison quelques minutes avant le tremblement de terre.

Depuis l'accident de la centrale, il est retourné sur place plusieurs fois : "J'ai erré dans un monde indescriptible, sans homme, où les chevaux, les chiens, les vaches et les chats sont en train de revenir à l'état sauvage".

A demain.

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