Et on parle d'un archange russe dans Libération...

Qui semble en photo une jeune brute barbue et tatouée mais pétrie de douceur, "beau poupin et angélique" dit Libé est Kantemir Balagov qui a 26 ans et nous vient du Caucase, de Balkarie, il est cinéaste et ce n'est pas seulement Libération mais toute la critique cinématographique qui salue la venue d'un artiste...

"Tesnota une vie à l'étroit" sort aujourd'hui, "un choc visuel", dit La Croix... Le film tourne autour de l'enlèvement, dans les années 90 d'un couple de fiancés juifs dans un Caucase travaillé par l'islamisme, quand en Tchétchénie des djihadistes égorgeaient des soldats russes et la jeunesse regardait ces massacres dans une fascination morbide....

Balagov se raconte dans Le Figaro, dans le Monde, dans les Inrockuptibles et dans Libération donc... Un fils d'ouvrier qui ne savait du cinéma que la violence sur des VHS piratées, avant d'entrer dans une école fondée par un maitre du cinéma russe, Alexandre Sokourov... "Il a tout de suite compris que j'avais lu deux livres dans ma vie, il m'a appris à lire", dit Balagov à Libération, mais Sokourov invitait aussi ses élèves à  tirer au fusil ou à la mitraillette lit-on dans le figaro : « Tirer avec une arme laisse le temps de réfléchir »...

Et c'est ainsi que nait un cinéaste qui nous force à contempler son étrange pays... 

La Russie dont le cinéma bouillonne quand la politique se glacifie. 

Une élection présidentielle s'approche, promise à Vladimir Poutine...  Le Monde raconte dans une série d'articles les jeunes années de Poutine.... Cet agent du KGB forcé de refaire sa vie à Leningrad, quand l'union soviétique s'effondrait autour de lui, et qui reconstruirait ses certitudes à Moscou... L'Express raconte la jeunesse russe que Poutine a fabriqué, des enfants à l'air sérieux, imprégnés de patriotisme et parfois de soumission : "On n'a pas besoin de liberté, nous avons nos parents, le directeur a l'école et le président au Kremlin"... 

Dans le Figaro, l'archange Balagov dit ceci... "Je me considère comme apolitique. Je lis les journaux mais il est dangereux chez nous d'avoir un avis tranché sur ce qui doit être et ce qui ne doit pas être. J'essaie de m'abstraire de ça pour écrire." 

L'âme est sa liberté,  est-ce suffisant?...

On parle d'antisémitisme dans les journaux...

Cet antisémitisme qui hante aussi le film de Balagov, il est ce matin une question lancinante parce que Le Figaro consacre deux pages au diner du CRIF, ce rendez-vous des institutions juives... Le CRIF qui distribuera aux convives une brochure sur l'antisémitisme de Céline, dont Gallimard veut toujours publier les pamphlets... Le CRIFdénonce aussi le bouillon de culture d'internet : "Le web est une cocotte minutes où se développent les pires horreurs, les pires préjugés contre les juifs"... 

Il y a le passé célinien, le web, et les horreurs du monde. 

L'Express revient sur une nuit d'avril 2017 où une femme juive est morte, frappée et jetée par la fenêtre de son appartement, à Paris, dans le XIe arrondissement et  on cherche dans les méandres du meurtrier  la part de la folie et d'un antisémitisme lié à l'Islam intégriste... La justice a fini par le reconnaitre.

Un mal se réinvente il habite des âmes. Dans Télérama, le peintre Gérard Garouste n'en finit pas d'expier ce père qui s'était enrichi pendant l'occupation en spoliant des biens juifs... L 'interview -très forte-  parle du mystère de l'artiste : "Un tableau est un alibi, rien d'autre qu'une croute qui cache un discours"… Et des consolations d'un homme, Garouste qui est bipolaire et heureux et est devenu juif...

Comment est-on fidèle? 

La Croix raconte comment l'Eglise catholique accompagne les musulmans qui décident de la rejoindre, ces catéchumènes venus de l'islam qui nécessitent une attention particulière...

Pendant ce temps, à Hollywood, un acteur français  devient un héros de l'Amérique, et Tahar Rahim fait  la Une de Télérama... Il incarne un personnage réel, un agent de la CIA, d'origine libanaise, qui avait failli empêcher les attentats du 11 septembre 2001... Et Rahim y cherche une fidélité. Le véritable agent, Ali Soufan, aime la poésie. Tahar Rahim a voulu que son personnage soit religieux. "J'ai proposé qu'il y ait un véritable face-à-face entre ceux qui n'ont rien compris à l'Islam et un homme qui en connait le sens noble" dit Rahim à Télérama. Mais il refuse de dire si lui-même est pratiquant.  "On n'insiste pas pour rien, en France pour que les pratiques religieuses demeurent dans la sphère privée..." Nous laisser deviner ou nous en moquer est une fidélité !

Les malheurs du  PS font les unes du Figaro et de Libération...

Avec jubilation dans le Figaro, et déploration dans Libération, mais c'est le même sujet d'un monde que le pouvoir a abandonné après l'avoir abimé.

Dans Midi Libre, on parle du Procès  en appel pour abus de confiance du sénateur Navarro, autrefois patron de la fédération de l'Hérault du PS, et on ressent le poids des vengeances et des facilités d'autrefois... Pendant ce temps la Provence interroge en majesté le sénateur frontiste Stéphane Ravier, qui veut la mairie de Marseille... Les temps changent...

On parle donc politique et pouvoir, ce pouvoir qui est un souci... 

Le Canard enchaîné raconte qu'à l'Elysée, on s'inquiète du prélèvement de l'impôt à la source, qui doit entrer en vigueur l'année prochaine, et pourrait agacer les contribuables...  

Dans le Parisien, on nous dit qu'à l'Elysée encore, on regrette l'obstination du Premier ministre à limiter la vitesse à 80 km/h au risque de plomber la popularité du président.

Mais selon le Canard enchaîné, un compromis se dessine...  Et ceci devrait rassurer le pays. 

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.