Et si ce matin, on riait ?... Mais avec un rire particulier... un rire de résistance... Hitler avec un nez rouge... à moins que ce ne soit Mao, Staline ou Castro... 4 Unes différentes pour le même numéro de Télérama cette semaine... "Rire pour conjurer ses peurs... Rire contre le pire"... Toute une série de conférences au Théâtre du Rond-Point, à Paris... Et le prétexte donc, pour l'hebdomadaire, de se pencher sur ce qui fait que l'homme a toujours raillé le pouvoir... Aujourd'hui, on se marre en douce, de Pékin à Téhéran... Hier, c'était les "anekdoty" en URSS... ou les blagues chuchotées dans l'Allemagne nazie, comme cette petite annonce : "Echange une peinture de Van Dyck contre une grand-mère aryenne"... Télérama qui note qu'aujourd'hui, en Occident, le rire de résistance agonise tranquillement, grignoté peu à peu par un rire tiède de pur divertissement... Alors tout de même, au fil des pages, vous croiserez la Brigade Activiste des Clowns... la BAC de Paris... ou encore les Clowns à Responsabilité Sociale... autrement dit les CRS de Clermont-Ferrand... Il y a aussi ces intermittents du spectacle qui, depuis 2003, organisent des manifs de droite... défilés au second degré de sympathisants de gauche déguisés en bourgeois, et qui crient les arguments de l'adversaire plus fort que lui... des slogans du style : "Moins d'oiseaux, plus d'autos" ou "Courage Fillon"... Et en même temps... En même temps, ce dernier slogan n'est pas forcément si ironique que cela... Ce matin, vos journaux poursuivent l'examen des six premiers mois de Présidence Sarkozy... Et Le Figaro note : "Une hyper-Présidence qui bouscule les ministres"... Dans le même registre, Libération... moins politiquement correct... titre : "Le gang des potiches"... Le journal constate que les ministres sont nombreux à être marginalisés... "Sarkozy, voleur de portefeuilles"... Dernier vol en date... Hier, au Guilvinec, Nicolas Sarkozy est allé rencontrer les pêcheurs mobilisés contre la hausse du gazole... A ses côtés : Michel Barnier, le ministre de la Pêche... "dans le rôle de la carpe"... Michel Barnier qui a essuyé les foudres du Président de la République, rapporte Le Canard Enchaîné... "C'est Fillon qui voulait Barnier au gouvernement... Moi, j'ai toujours dit qu'il était trop mou... On en a aujourd'hui la preuve"... Et Laurent Joffrin analyse dans Libération que "jour après jour, le cercle des ministres disparus s'agrandit... Cette omniprésence du Président ne déplaît pas à l'opinion, constate Joffrin... Mais attention aux difficultés politiques... Déjà, les rumeurs de remaniement se répandent... On ne donne pas cher de l'avenir des ombres qui nous gouvernent"... Et l'éditorialiste conclut sur cette mise en garde : "A force de miner ses soutiens, on ne trouve plus rien sur quoi s'appuyer"... Dans Nice Matin, Marc Chevanche ne dit pas autre chose... "Aujourd'hui, l'hyperactivité présidentielle apparaît comme le pendant de la non-réactivité ministérielle... L'inconvénient, c'est l'exposition au risque... A court terme, il semble dissipé... On l'a vu à la criée du Guilvinec : Nicolas Sarkozy arrive sous les huées et part sous les vivats... A long terme, il faudra voir"... Oui, il faudra voir... puisque s'ouvre maintenant "le temps des épreuves"... "Sarkozy : le temps des épreuves"... C'est la Une du Figaro... qui explique que le chef de l'Etat doit maintenant faire face à une montée de la contestation contre sa politique... Le journal liste un début de mouvements dans les facs... la discorde qui s'installe entre la France et le Tchad... et puis bien sûr les fortes concessions faites hier aux marins-pêcheurs... Et le problème, sur ce dossier, c'est d'abord, comme le constate Ouest-France, que "les pêcheurs en veulent plus... Après le départ de Nicolas Sarkozy, les marins ont aligné les chiffres... Et pour eux, le compte n'y est pas"... Mais le problème, c'est surtout, comme le note Le Républicain Lorrain, que le gazole, eh bien c'est "une bombe à retardement"... Le quotidien explique que les taxis, les routiers, les agriculteurs, mais aussi les consommateurs de base, suivent avec inquiétude l'envolée des étiquettes... Confirmation dans Le Figaro Economie... "Les taxis et les routiers tentés par la contestation"... Et L'Humanité a fait les comptes : "Ceux qui trinquent de la hausse du pétrole se comptent par millions"... Là, ce serait plutôt : "Où sont passés les millions ?"... A la Une d'Aujourd'hui en France-Le Parisien, le rapport de la Cour des Comptes sur les banlieues... Un rapport qui doit être rendu public aujourd'hui... et dans lequel l'institution ne mâche pas ses mots... "L'argent injecté dans les quartiers difficiles depuis 5 ans n'a pas porté ses fruits... En cause : les lourdeurs de l'administration, des dispositifs trop compliqués, et des subventions qui arrivent souvent trop tard"... Aujourd'hui en France qui a interrogé Fadela Amara, la secrétaire d'Etat à la Politique de la ville... "Ce rapport est de bon conseil, dit-elle... C'est vrai que les associations qui arrivent à s'en sortir sont celles qui sont riches, et que c'est le parcours du combattant, chaque année, pour renouveler les demandes de subventions... J'ai envie, poursuit la ministre, de signer avec elles des conventions pluri-annuelles afin de se concentrer sur le travail de fond"... Autre dossier, par si éloigné... celui du logement... avec cette enquête du Figaro qui explique que l'hébergement d'urgence coûte chaque jour un million d'euros à l'Etat... une somme faramineuse, pour des résultats mitigés, constate le journal... Avec par exemple le portrait de Sita... Cette Malienne vit à Aubervilliers avec son mari et ses 3 enfants, dans un hôtel insalubre, depuis 9 ans... Et pourtant, note Le Figaro, Sita et son mari gagnent 2.000 euros par mois... Le logement... Les Inrockuptibles en dresse également un état des lieux cette semaine... et constate : "La France à la rue"... Parce que les chiffres sont là : "La France compte toujours 3 millions de personnes très mal logées et 6 millions en réelle situation de fragilité"... Ironique, Charlie Hebdo, sur le même thème, revient sur les familles de mal-logés qui occupent les trottoirs de la rue de la Banque, à Paris... et titre : "Mal-logés : une tente enlevée, dix de replantées"... Et tiens, Charlie Hebdo... En couverture : un dessin de Jul... "L'Arche de Nicolas"... un Nicolas Sarkozy portant sur son dos Claude Allègre... et cette bulle : "Pour adopter un socialiste, pas besoin de l'accord de la famille"... Parce que six mois de pouvoir pour le Président... c'est aussi six mois d'opposition pour la gauche... Et La Dépêche du Midi pose la question : "Où est passée la gauche ?"... "Le PS et la gauche n'ont toujours pas retrouvé leurs marques... La refondation semble encore loin, alors que les partis qui la composent restent divisés", explique le quotidien de Toulouse... La Dépêche du Midi qui liste pêle-mêle "ces dossiers qui divisent la grande famille... l'ouverture pas digérée... l'absence au Grenelle de l'Environnement... l'impréparation des municipales... l'absence de ligne claire sur la réforme des retraites ou le Traité européen... A l'évidence, note Jean-Pierre Bédeï, l'éditorialiste de La Dépêche, un décalage profond s'est creusé entre la gauche et la société"... Six mois après... Ben tiens, pour lui... c'est six mois après son départ de l'Elysée... "La nouvelle vie de Jacques Chirac" s'affiche en Une de VSD... L'hebdomadaire nous explique sa métamorphose, et comment il a surmonté sa déprime... Et sinon, dans les journaux... Eh bien, l'absent, toujours très présent... Les Echos ne sont pas en kiosque ce matin... comme hier... Les salariés du journal protestent toujours contre le rachat par LVMH... Et du coup, un seul grand titre en Une de La Tribune... le quotidien concurrent des Echos, qui, lui, appartient actuellement à LVMH... j'espère que vous suivez... un seul grand titre donc : "La presse économique en danger"... Alors on en parlait déjà hier... Ce qui fait tiquer les rédactions, c'est que Bernard Arnault... l'homme le plus riche de France, patron de LVMH... se trouve dans la situation d'organiser à sa guise le paysage des quotidiens économiques... Une situation surréaliste que Le Figaro Economie évoque lui aussi... "Un big-bang dans la presse économique"... avec, entre autres, une interview du directeur général du groupe Arnault, qui défend les garanties apportées à la rédaction des Echos... "C'est le meilleur système d'indépendance au monde"... Le problème, note La Tribune, c'est que "les industriels français s'aiment en patrons de presse"... Et dans La République des Pyrénées, Jean-Marcel Bouguereau dénonce cette affaire "typique des rapports incestueux qu'entretient en France le monde de la politique, de la finance et de la presse"... L'éditorialiste qui rend hommage aux journalistes des Echos, qui ont "tous fait front depuis des mois pour préserver leur indépendance, et qui n'ont pas fini de mener bataille, même s'ils viennent de perdre la première manche"... Et pour finir... "Obsèques à la sauvette à Pékin pour une icône du mouvement de Tiananmen"... C'est l'histoire de Bao Zunxin... Cet historien, icône intellectuelle d'une génération d'étudiants, dont les prises de position avaient influencé le mouvement de 1989, est mort il y a une dizaine de jours... Une mort naturelle... Il a brutalement succombé à une hémorragie cérébrale... Ses obsèques avaient lieu samedi dernier... Et les autorités ont permis des funérailles publiques... une permission accordée à la seule condition qu'il ne soit fait aucune référence aux événements de Tiananmen... Et en même temps, pour être sûres que la consigne sera respectée, les autorités ont empêché la plupart des amis de Bao Zunxin de se rendre à la cérémonie... Certains n'ont pas eu le droit de sortir de chez eux... D'autres ont été arrêtés quelques heures... Un photographe japonais, venu assister aux obsèques, a été obligé par la police d'effacer tous les clichés sur son appareil numérique... Et des brochures relatant la vie du disparu ont été saisies par les policiers... Des obsèques à la sauvette... Les Chinois arriveront bien à en faire une histoire drôle... Bonne journée...

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.