Dans la Provence, la Croix ou l'Humanité revient le même mot, "habitat indigne", et l'effondrement de deux immeubles à Marseille raconte un problème politique, l'abandon des pauvres ou leur effacement, jusqu'à la colère. Pole Emploi, dépassé, multiplie les erreurs administratives, très bonne enquête de l'Express.

Des proviseurs en stage commando...  

Une quarantaine de proviseurs et principaux de collège de l'académie de Versailles en treillis dans le Parisien, encadrés par des gendarmes au camp militaire de Beynes, dans les Yvelines, portant un brancard tels des infirmiers sur le champs de bataille, mais heureux d'être en chambrées avec parcours du combattant et lever des couleurs à 7h30... Tout ceci pour se former à la GESTION DE CRISE, la CRISE PAROXYSTIQUE, attentat, tuerie de masse, ou tout simplement intrusion de parent virulent ou élève violent qui craque...   Et voilà donc l'Education nationale au diapason de ces patrons, le Monde le racontait il y a un an, qui parfois jouent aux commandos...  Mais cette conversion s'inscrit dans un moment politique, quand l'uniforme doit protéger des écoles supposées assiégées... La nomination d'un gendarme comme proviseur adjoint du lycée Maurice Utrillo de Stains a provoqué une grève des enseignants, rappelle le Parisien., qui se fâche dans dans son éditorial, l'armée n'a rien à faire ici... Donc pas d'armée, d'accord, mais tout de même, quid de la police et le débat avance... Un syndicaliste policier invite les enseignants à ne plus vivre "dans le monde des bisounours"...  

Et cette petite phrase raconte aussi un moment idéologique quand, la gauche, à laquelle les enseignants sont assimilés, est accusée de refuser la brutale réalité du monde. Le très à droite l'Incorrect dénonce "la gauche imbécile", qui ne sait pas que nos banlieues sont en état de guerre (entre autres)... A gauche accusée, on plaide. "Etre de gauche ne veut pas dire que tu as raison. C’est l’inverse, on doit prouver que nous avons raison, après on dira que c’est de gauche», argumente le philosophe Raphael Glucksmann en Une de Libération, il fonde un parti d'idées, Place publique, avec notamment l'économiste Thomas Porcher  un ancien karateka... Est-ce l'ambiance ?     

Cela dit, il n'y a pas que la gauche naïve à réprouve l'entrée de la police à l'école. L'Opinion dénonce ainsi à sa Une "la trop simple tactique du gendarme", et rappelle que les professeurs du mouvement "pas de vague" ne réclamaient pas la police mais qu'on les entende... L'opinion, qui est de droite, c'est-à dire libéral...  

A la Une de l'Indépendant, une scène de la vie familiale. Lundi dernier, un collégien de 13 ans a essayé d'étouffer sa mère, qui ne le laissait pas sécher les cours et voulait lui confisquer sa console de jeu. Faut-il dans nos maisons, installer les gendarmes... 

Il n'est pas que la violence qui mine l'école. A Carpentras, c'est dans Vaucluse matin, un faux plafond de plaques de polystyrène et de rails métalliques s’est effondré sur une classe ce CM2 à l’école Nord B, boulevard Alfred-Rogier. Il n'est pas que les écoles que l'effondrement menace. Dans Vaucluse matin encore, l’église abbatiale de Sénanque menace de s’effondrer et pourrait mettre en péril tout le chef d'oeuvre....    

Et on parle encore de l'effondrement de deux immeubles à Marseille... 

Qui sont à Marseille un drame qui s'incarne dans ces visages de que montre la Provence, Fabien artiste peintre au visage maigre et au sourire en attente, ou Sherif de brune tendresse, les disparus du 65 de la rue d'Aubagne, qui est tombé comme une catastrophe annoncée. Sophie avait quitté l'immeuble le dimanche au soir pour se réfugier chez ses parents, elle ne pouvait presque plus ouvrir sa porte, Abdelghani est parti un plus tôt  que d'habitude ce lundi matin, en entendant le cri cric des murs qui bougeaient, il allait chez le syndic quand l'immeuble s'est effondré, à peine était-il parti...   Tout le monde savait; le site MarsActu en insiste, la Provence accuse un laisser aller fatal et collectif, tous accusés, architectes bailleurs copropriétaires et politiques... En 2015, un rapport sur le patrimoine immobilier de Marseille estimait à 100.000 le nombre de marseillais exposés à des risques dans 40.000 appartements, et ce qui est à Marseille un drame est une tache nationale. 

Le mot "habitat indigne" se retrouve dans la Provence et l'Humanité, la Croix rappelle d'autres effondrements à Elbeuf, Ajaccio, ou Romans sur Isère, il y a en France 400.000 logements indignes occupés dit Christian Mourougane de l'Agence nationale pour l'habitat. Et nous avons un problème politique, celui de la pauvreté que l'on abandonne ou que l'on masque. Libération, allant à Marseille a constaté que le bas de la rue d'Aubagne, près de la belle Canebière, est rénové et avenant, c'est en haut de la rue, plus loin des regards, que se préparait l'effondrement. 

Est-on loin de la colère de l'essence qui aujourd'hui fait la une du Figaro comme celle du Maine Libre, elle a rattrapé Emmanuel macron en itinérance mémorielle, ou est-ce le même sujet, des insouciances d'en haut jusqu'au moment de la colère?    

Et des couacs de l'administration pour finir...

Qui ajoutent sans doute aux sensations d'abandon, quand bien même on sourit à la une du Courrier de l'Ouest devant la surprise  de Claude Huberdeau de Andard, qui, ayant envoyé un courrier de réclamation à orange, a reçu 168 fois la même réponse, 168 lettres postées le 25 octobre... Sur chaque enveloppe était marqué « Ensemble préservons l’environnement »

On sourit moins en lisant le très bon dossier de l'Express, qui raconte ce que subissent les chômeurs de la part de pole emploi, dépassée par la complexité d'un marché du travail, où des chômeurs travaillent aussi en cdd et en missions, Pole emploi ne sait plus comment indemniser ou comment récupérer des sommes trop perçues, données à tort ou pas à des chômeurs de bonne foi... Les litiges, en 2017, s'élevaient à 1 milliards d'euros, et les 6 premiers mois de 2018, Pole emploi a commis un million d'erreurs administratives, un million de mauvaises réponses qui usent les nerfs du bon peuple, qu'il enfile ou pas ses gilets jaunes...

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