Le milliardaire subjugué par Adam a perdu six milliards, Libération, Financial Times, New York Times. Les irakiennes animent la révolte du peuple, le Monde. Les secrets des souffleurs au théâtre, le Figaro. Des volontaires cherchent dans la forêt des morceaux de méta qu'un Airbus a perdu en vol, l'Yonne républicaine.

On parle d'un milliardaire...

Un milliardaire japonais qui vient de perdre un paquet de milliards, 6 milliards de dollars en trois mois me dit le Monde, il lui en reste encore, à Masayoshi Son, mais il est affiché pour ses mauvaises affaires à la une du Financial times et égratigné en profondeur dans le New york times, et dans Libération, tout ça pour la confiance aveugle qu'il avait placé dans un homme à la beauté vulgaire, trop convainquant trop charismatique trop gourou, qui s'appelle Adam Neumann, un ancien officier de l'armée israélienne au physique de surfeur et à la soeur mannequin qui avait créé aux Etats unis un réseau de bureaux  connectés modernes et planants qui faisaient du bien disait-il, des bureaux où chaque locataire "n"importe quelle start-up à 2-3 employés pouvait se griser de l'illusion d"avoir des bureaux à la Google, avec une tireuse à bière à chaque étage, PlayStation tous les 2 mètres, tables de ping-pong et cuisines stylées". C'est si joliment dit dans Libération qui tire en une le portrait de Neumann, baratineur sublime qui faisait du skate dans ses locaux, et qui me dit le new York times, entrainait ses cadres à vider les fonds des bouteilles de bière en gambadant sur le toit sans balustrades de son immeuble new yorkais...

Masayoshi Son, patron de Softbank, ne pratiquait pas ces excentricités joyeuses mais il avait le flair, il avait commencé à 22 ans dit Libération en important le jeu Pacman au japon, il avait investi dans la plateforme chinoise Alibaba, il était devenu le financier de ces start-ups qui deviennent licornes. En 2017, Adam avait fait visiter ses locaux à Masayoshi,  et après dix minutes, Masayochi avait dit banco pour un premier investissement de 4,4 milliards dans We work, les deux hommes dit le New York Times aimaient tous deux citer Maitre Yoda, « Sentez-vous la force », 4 milliards en dix minutes, « un type parle avec Adam dix minutes et lui donne 4.4 milliards, c'est juste dingue » dit-on dans la tech maintenant que tout est tombé. Bref.

L'été dernier, We work qui ne gagnait pas un sou, a voulu entrer en bourse mais la bourse a crevé la bulle, mis We Work dans sa nudité, adam neumann a démissionné, et Softbank a remis au pot 9 milliards pour sauver We work qui ne vaut plus rien, et au passage, Adam Neumann a récupéré un milliard 70 millions pour la reprise de ses actions dit le Financial Times. Hier à Tokyo, Masayochi Son, devant des investisseurs, s’est dit plein de remords mais il ne change rien à sa stratégie, je lis dans la presse anglo saxonne que des investisseurs ont ri.

Rirons nous aussi, nous autres gens ordinaires, contribuables dont monsieur Darmanin ministre veut repérer les fraudes sur nos réseaux sociaux, il s'en vante dans le Figaro, petits impétrants propriétaires qui perdront bientôt me disent les échos le prêt à taux zéro, oui nous rirons de cette démesure, nous dont les vantardises toutes simples consistent à acheter pour os salons des faux Monet tellement réalistes que fabrique à Montrouge l'entreprise Muzeo que le Parisien nous présente. Oui nous allons sourire et prendre même avec bonhommie la faconde d'un beau parleur de dimension française, qui sort un livre et raconte ses belles histoires dans le point , et pose frimeur, en karatéka balançant un free kick, mais à la face de qui, Alexandre benalla qui dans la tchatche, comparé à Adam neumann est un gentil joueur français..

Une avocate parle dans l'Obs...

Et cette femme est l'antidote et le contraire de tout ce que je viens de décrire. Elle s'appelle Nasrin Sotoudeh, elle iranienne, elle défend dans son pays les démocrates qui contestent le régime et les femmes qui se dévoilent, elle est emprisonnée, ce n'est pas la première fois, depuis juin 2018, elle passera possiblement les douze prochaines années de sa vie en prison, et l'Obs lui a fait passer des questions auquel elle répond, écoutez la voix de cette femme. "Vous savez en Iran, que l'on vive a l'extérieur d'une prison ou l'intérieur, on est toujours enfermé, je ne peux pas regretter ma liberté, puisque la société iranienne ne fait pas l'expérience de sa liberté. »

En Irak, le Monde le raconte dans un beau reportage  les femmes jusqu'ici en retrait de la société montent au front des manifestations  contre le pouvoir, elles dissimulent leurs visages derrière leurs bandanas, sont protégées par la foule disent -elle et changent leur propre sort en changeant leur pays qui depuis 2003, insidieusement, les marginalisait, elles sont les soeurs de Nasrin l'iranienne qui aurait mérité en famille une vie apaisée. Elle vient Nasrin d'une famille imprégnée de livres, sa maman récitait ds poèmes iraniens, elle se souvient qu'autrefois, quand elle était libre, elle avait écrit ceci sur le livret d'une pièce de théâtre, "j'envie les scènes des théâtres, que ne puis-je troquer nos tribunaux contre tes scènes, la vie n'est qu'un jeu, mieux vaut la traverser en jouant", et en dépit de cette nostalgie de la légèreté, elle s'est battue, Nasrin Sotoudeh qui éclaire notre matin.

C'est en pensant à l’amour du théâtre de cette militante que vous lirez un article faussement léger et génial du Figaro sur le monde disparu des souffleurs, ces hommes et ces femmes qui d'une petite loge sous la scène supplée et aux mémoires soudain défaillantes des comédiens, on les cache derrière le rideau désormais mais leur existence nous rappelle nos fragilités magnifiques, cette peur d'oublier qui vient de l'enfance dit Philippe Caubère, cet oubli qui tétanise le grand denis Podalydes qui sur la scène du théâtre français, pétrifié d'oubli n'entendit pas le souffleur et passa derrière le rideau pour relire son texte, le public crut à jeu de scène.

C'est dans le Figaro un sourire, vous en verrez un autre en apprenant dans une enquête minutieuse comme un mouvement d'horlogerie que la réunification allemande a eu une conséquence éminemment positive. Elle a relancé en saxe l'industrie de la montre de luxe, faite de rigueur et de style. Ne boudons pas.

Et de la poésie pour finir...

Et le curieux destin dans le figaro encore un homme qui fut l'ami et le modèle de Drieu la Rochelle et qui avait ce luxe, homme libre, de vouloir "devenir un grand mort", les yeux noirs de Jacques Rigaut dont nous reste quelques mots  et qui se tua en 1929 vous suivront ce matin. Vous préférerez j'en assure, dans la Croix et Charlie hebdo, aimer Christophe Tarkos, lui aussi mort tôt à 40 ans, en 2004, mais qui écrivit un si joli poème, « le petit bidon » et d'autre mots de joie. Vous lirez aussi de Cioran, des inédits que le Point dévoile, vieux de 7 décennies,  "Qu'est que l'âme. Tout ce qui en nous refuse de participer au monde."

Il faut au contraire en être du monde. Dans l'Yonne républicaine, j'apprends que hier, sous la pluie dans le Tonnerrois, 200 volontaires ont passé leur mercredi à fouiller la forêt pour retrouver des morceaux d'un Airbus aA 320 qui les avait perdu en vol en juillet dernier.  « On prend souvent l’avion, donc on aime quand même bien savoir ce qu’il se passe quand il y a une avarie », ont dit ces sages, ces dévoués. 

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