Ce sont des terminaisons en « eur », qui définissent une façon d’être… Alors … Rassembleur ou séducteur, Dominique de Villepin ? Rassembleur, répond "Le Figaro", séduit par la prestation du Premier ministre hier soir, sur France 2. Bruno Jeudy retient le sourire et le ton courtois de Villepin… Un nouveau style, écrit-il… Et puis un exercice de pédagogie. Tiens, parlons-en de la pédagogie. Avant l’émission, écrit Maurice Ulrich dans "L'Humanité", un mot magique courait dans les milieux dits informés : pédagogie. On pouvait dès lors inférer qu’il n’était question en aucune manière, pour le chef du gouvernement, d’infléchir en quoi que ce soit la politique menée, mais d’expliquer aux Français combien elle était belle et bonne. Oui, reprend Christian Digne dans "La Marseillaise"… Ses envolées quasi littéraires sur le modèle français, sa dialectique entre l’équilibre et le mouvement, possédaient une certaine allure… Quel dommage qu’il y ait un tel écart avec la politique qu’il conduit… L’ampleur de ce fossé lui ôte toute crédibilité. C’est peut-être la définition de ce que "Le Parisien" appelle "le séducteur"… S’efforçant de dépassionner, de dédramatiser, de rassembler... Il a tenté de se faire comprendre de la droite comme de la gauche, écrit le journal. Le problème, pour le Premier ministre, c’est que les sceptiques restent nombreux… Si l’on en croit en effet le sondage BVA que publie "Le Figaro"… 42% des Français estiment que Nicolas Sarkozy est le meilleur candidat UMP à la Présidentielle… Ils ne sont que 34% à lui préférer Dominique de Villepin… Comme aurait dit son prédécesseur à Matignon… La pente est raide. Et vous savez que cette rivalité Sarkozy-Villepin met une sacrée pression sur les chaînes de télé… Oui, c’est "Le Nouvel Economiste" qui nous l’explique. Il se dit, dans le microcosme, que le Président et le Premier ministre ont décidé que France 2 et France 3 devront dorénavant faire contrepoids à TF1, surnommée « Sarko TV ». Il est vrai que Martin Bouygues et le ministre de l’Intérieur n’ont jamais fait mystère de leur amitié. Comment ça ? répond Arlette Chabot : si je devais subir ce genre de pression, je claquerais la porte. Il n’empêche que ce fut un beau casse-tête, pour elle, d’organiser la première de cette émission, « A vous de juger ». Ainsi "Le Nouvel Economiste" nous explique que le Premier ministre n’a pas voulu d’Olivier Besancenot comme contradicteur… Au motif que la LCR n’est pas présente à l’Assemblée nationale. Il a aussi écarté Dominique Strauss-Kahn, pas assez représentatif de la gauche aux yeux de Villepin… Ce que les proches de DSK traduisent tout à fait autrement : il n’a pas voulu de lui parce qu’il n’y connaît rien à l’économie. Enfin, si le Premier ministre a suggéré la présence de François Hollande, explique "Le Nouvel Economiste", c’est pour instaurer une sorte de face à face au sommet… Et hop, un coup d’épaule à Sarkozy… Une façon de se poser en véritable patron de la majorité. Maintenant, sur le fond, l'une des questions qui lui étaient posées concernait la Turquie, dont l'éventuelle adhésion à l'Union européenne aura constitué l'un des grands sujets de la semaine... Dominique de Villepin y est favorable... Alors, être ou ne pas être... Telle est bien la question pour les Turcs... Etre ou ne pas être dans l'Union... Qu'en pensent les Turcs ? Eh bien, comme le résume Gungor Mengi dans le journal stanbouliote "Vatan"... Un climat de révolte gagne la société turque devant les atermoiements de l'Union européenne, mais ne met pas fin à leur désir d'Europe. Cette semaine, ils l'ont perçue comme une injustice, une humiliation et une duperie... Mais c'est tout... Rien de plus, écrit notre confrère turc, car nous n'avons aucun prétexte valable pour abandonner notre objectif européen. Les progrès, en termes de démocratie et de libertés, n'ont pas été accomplis pour faire plaisir à l'Union européenne, mais avant tout pour bâtir, pour nous-mêmes, une société honorable... Alors, si l'Europe ne voulait pas de nous, l'Histoire ne s'arrêterait pas... Vous savez, conclut Gungor Mengi, il n'est pas si facile de vouloir construire une démocratie européenne au sein du Moyen-Orient. Et n'oubliez pas, semble-t-il nous dire, que les forces réactionnaires, récalcitrantes au changement, guettent la première occasion de reconquérir l'espace perdu... Un tel scénario ne servirait pas non plus les intérêts de l'Union européenne. Voilà. C'est dit. Mine de rien, parce que pour l'instant, on n'en parle pas beaucoup... Un événement majeur va se dérouler en Normandie : le premier Congrès national sur les pathologies environnementales où, pour la première fois, on va parler ouvertement des cancers professionnels. C'est un sujet très sensible, auquel le journal "La Croix" consacre trois pages entières ce matin... Avec d'abord ce constat : ce type de cancers fait presque deux fois plus de morts que les accidents de la route. Et pourtant, proteste Marcel Goldberg, chercheur à l'INSERM, je n'ai pas le souvenir d'avoir vu un jour un ministre venir au journal de 20 heures pour dire que cette situation était inacceptable, et décréter une mobilisation générale. Pierre Bienveau, bonjour... Vous êtes journaliste spécialiste de la santé au journal "La Croix"... Pourquoi cette chappe de silence, jusque-là, sur le cancer professionnel ? Quels sont les obstacles qui rendent difficiles la prise en charge et la reconnaissance des cancers professionnels... Merci, Pierre Bienveau... Dossier à lire dans le journal "La Croix". Comme le chantait Alain Souchon dans "Foules sentimentales", on nous Claudia Schiffer... On nous Paul-Loup Sulitzer... Bref, on nous abrutit... C'est bien connu : plus on l'est, plus on consomme... La corrélation n'est plus à démontrer. Il y a un métier pour entretenir ça, d'ailleurs : ça s'appelle le marketing. Alors, si vous voulez en savoir plus sur la façon dont on nous classe, à coups d'études de marchés et d'analyses sociologiques, lisez le dossier du "Nouvel Obs", intitulé : "Cocos, bobos, momos and co... Et vous verrez que les consommateurs que nous sommes se divisent désormais en autant de familles que de piquants sur un hérisson... Tout a commencé avec les "bobos", ces bourgeois-bohèmes, qui aiment la voile, Daniel Cohn-Bendit et le vin d'appellation contrôlée... Il y a maintenant les "cocos" : collectifs concrets, qui ont plus de 64 ans... Ce sont ceux qui possèdent le plus de biens... 33% du patrimoine français à eux seuls... Et qui aiment le montrer. Leurs marques de fabrique, selon "Le Nouvel Obs" : croisières en mer, DS, Chirac. Et voici les "momos" : mobiles et moraux... Plutôt jeunes, ils détestent la publicité, la flambe et le gaspillage... Economes, ils se meublent chez Ikea... Leurs icones s'appellent Michaël Moore ou Olivier Besancenot... Ils achètent la Logan à 5.000 euros. Il y a aussi les "yoyos", encore plus jeunes... Téléphone portable à la ceinture, baladeur MP3 autour du cou, baskets Nike... Le "yoyo", comme "young yobbos", a transformé son corps en un hommage ambulant aux marques... Ils aiment David Beckham, MTV et la télé-réalité. Enfin, il y a les "zozos" : "zoom zombies"... Ils ont entre 9 et 15 ans... Ceux-là souffrent souffrent d'une hémorragie chronique du porte-monnaie... Normal : ce sont les parents qui payent. Voilà : si vous vous retrouvez dans l'une de ces catégories... Ce n'est pas forcément bon signe... C'est que vous êtes formaté... Une vraie proie pour ces messieurs du marketing. Bon. Si on changeait de registre. Si on allait dans un endroit qui ne fait pas, ou ne devrait pas faire bon ménage avec le marketing... Le théâtre. Allez, je vous emmène au Rond-Point, avec l'interview que donne, à "Paris Match", son directeur, Jean-Michel Ribes. Voilà un homme de culture, qui a bien joué le coup... Je ne sais pas s'il faut affirmer que le théâtre subit une crise ou non, mais avec sa programmation originale d'auteurs contemporains... Il réussit un petit miracle... Ca marche... Son théâtre ne désemplit pas, et les recettes affluent. Justement, quelle est SA recette ? "Arrêtons de prendre les gens pour des veaux sans curiosité", répond l'intéressé... La preuve avec "Musée haut, musée bas"... Spectacle donné en ce moment au Rond-Point... Une pièce qui parle d'un phénomène de société : la visite d'un musée, mais avec une liberté et une insolence telles que le public est surpris... Le rire naît de ce choc, explique Jean-Michel Ribes... C'est peut-être ce qui manquait au spectacle vivant jusque-là : la rencontre avec l'insolite, le déraisonnable, le surprenant. Bon, mais encore... Il y a le lieu. Trois salles dans un même théâtre... On peut donc exprimer la diversité... Le dénominateur commun étant le culot. "Je n'ai aucune recette, aucune stratégie de marketing", affirme Jean-Michel Ribes... "Les textes sont choisis avec le comité de lecture, sans se préoccuper de l'audimat. La chance qu'on a aussi, c'est d'avoir un restaurant et une librairie, où les spectateurs se rencontrent, discutent des oeuvres. C'est un lieu de vie. Dernière question de "Paris Match" à Jean-Michel Ribes... "Si on vous nommait directeur du Festival d'Avignon ?"... La réponse est claire et courte, nette et précise, presque cinglante... "Je refuserais". Eh bien voilà : Avignon n'aura pas Jean-Michel Ribes... Mais il lui reste Mireille. Mireille Mathieu... L'Avignonnaise a les honneurs de la page "Portrait" de "Libération"... La fameuse dernière page. Il faut dire qu'elle revient sur scène... Alors on en parle... Elle a aujourd'hui 59 ans... En 40 ans de carrière, elle a vendu 122 millions d'albums, avec un seul thème : l'amour, décliné en 38 disques et en 8 langues... C'est ça, Mireille Mathieu : une figure, qui représente toujours, à l'étranger, la France du Général de Gaulle et de la Tour Eiffel. Dans la vraie vie, explique "Libé", Mireille ne sort pas dans les dîners en ville... Alors que fait-elle ? "Je fais des mots fléchés", répond la chanteuse. Mireille possède un répertoire de 800 chansons, mais n'en a écrit aucune... Elle ne sait pas lire la musique... Ne sait pas nager... Pas faire la cuisine... Oui, et à part ça ? A part ça, avoue Jean-Louis Le Touzet de "Libération", impossible de faire son portrait... Tout comme il est impossible de se coiffer à 19 ans comme à 59. Je sais... Se moquer de Mireille Mathieu, c'est facile... Mais que voulez-vous... C'est dans la tradition... Et soyons honnête, ce n'est pas forcément déplaisant. Bon week-end !

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.