C'est une grande claque dans la figure que nous envoie ce matin le quotidien La Provence... "La cité et ses salariés de la drogue". Quand les trafics sont gérés comme des entreprises ordinaires, et même modèles. Témoignage d'une mère de famille... "J'élève ma fille seule. Vous croyez que je vais cracher sur 200 € par mois ?". Alors oui, cette dame, qu'on appelle une "nourrice", accepte de rendre des services aux trafiquants de drogue du quartier. C'est le réseau de Castellas, à Marseille. L'affaire a été jugée le mois dernier. Epilogue attendu le 22 octobre. Oui, le trafic de stups, dans les cités, fait surtout vivre le boss et ses lieutenants, mais il permet à d'autres d'améliorer leur quotidien. Et que peut-on leur dire quand cette économie parallèle se développe dans les endroits où l'exclusion atteint des sommets ? Aveu terrible du procureur de la République Jacques Dallest : "C'est une réalité sociale et économique face à laquelle nous sommes impuissants". Réalité qui dynamite le travail des acteurs sociaux. Renversement des valeurs. Voici Mamadou, un Black longiligne de 20 ans. "Un réseau, c'est comme une entreprise, à part qu'elle est illégale. Quand tu bosses pour un réseau, il y a des horaires à respecter. C'est carré. Tu pointes, t'es poli avec les clients, tu fais ton job. Si t'arrives en retard, ta paie est ponctionnée. Le soir, si ça va bien, t'as une prime sur ton salaire". On ne dirait pas mieux au MEDEF. "Les dealers sont nos pires ennemis, dit une travailleuse sociale. Nous, on se bat pour proposer un autre modèle, mais la lutte est disproportionnée. Eux, ils leur offrent des ressources immédiates. Et en plus, les gamins se sentent enfin valorisés dans ces entreprises très capitalistes". Très capitaliste en effet, l'entreprise d'Ali Rahrah, l'un des boss présumés du réseau de Castellas. Il a été interpellé dans une villa de la banlieue aixoise. Dans les coussins de son canapé, il y avait 8.000 €... une paille à côté des 20.000 planqués dans une roue de secours. "Le problème, reconnaît Yacine, 18 ans, c'est que si t'as plongé, t'es mort : qui va embaucher quelqu'un qui sort de prison ?". Alors faut-il ou pas accepter les 200 € et le règne des dealers ? Conclusion de Mamadou : "Moi, je suis content que les dealers soient là : quand ma mère va prendre le bus, quand quelqu'un la touche, ils interviennent : ils assurent la paix. Mais si mon petit frère est recruté par un réseau, je l'étrangle". C'est à lire, ce matin, dans La Provence, le quotidien de Marseille. Et dans les autres journaux, Bruno, un sujet qui fait beaucoup parler... "Bingo !", titre le quotidien gratuit Métro. L'Assemblée examine aujourd'hui le projet de loi qui autorise les jeux d'argent sur Internet : poker, courses de chevaux et paris sportifs. Si le texte est adopté, un clic et tu claques ton fric. "L'Etat pousse au clic", titre Libération. Question : est-ce qu'on ne pousse pas les accros au jeu un peu plus près de la falaise ? Libé présente les arguments de la majorité... Petit 1 : Eric Woerth, ministre du Budget... "Il y a 25.000 sites illégaux aujourd'hui. Ils mettent en danger les mineurs et les personnes les plus fragiles". Petit 2 : Jean-François Lamour, rapporteur du texte... "L'objectif est de protéger les consommateurs. Les sites légalisés seront contrôlés et encadrés". "Autant couvrir de pavots tous les jardins de France", répondent deux députées socialistes. Le jeu, selon ces deux femmes qui sont également médecins, agit de la même manière que les drogues chimiques. Deux témoignages sur ce point dans Libé... Mourad, 31 ans... "J'avais ouvert des comptes sur 17 sites différents. Je ne faisais qu'accumuler les pertes, jusqu'à 4.000 € par jour. Stéphane, 42 ans, qui avait quasiment un tapis vert comme matelas à langer... A 5 ans, il savait jouer au poker, grâce à sa grand-mère qui combinait des brelans avec Omar Sharif ou le baron Empain. Il évoque la puissance du jeu à distance sur Internet : "Ca devient permanent. Même plus besoin de s'habiller pour aller jouer. Comme il y a toujours un décalage de temps pour encaisser vos gains, vous les avez déjà réinvestis avant même de les avoir retirés". Alors gros coup de colère de Maurice Ulrich, dans L'Humanité... Libéraliser les jeux pour mieux les encadrer lui inspire une phrase de Michel Audiard : "Un tel air de faux-cul, c'est presque de la franchise"... "Augmenter le chiffre d'affaires des jeux, c'est un moyen non négligeable de faire rentrer de l'argent dans les caisses de l'Etat. Mais les casinos des robes du soir, des smokings et des suicides romantiques sur la plage au petit matin, c'est terminé : le jeu est massivement aujourd'hui une drogue de pauvre". Un personnage qui fascine, à la Une du Parisien-Aujourd'hui et de L'Express... Qui est vraiment Eric Besson ? Quatre pages d'enquête dans Le Parisien... Dossier de dix pages et couverture dans L'Express... Conclusion commune : c'est le chouchou du Président, l'homme qui s'empresse d'exécuter la moindre volonté de Nicolas Sarkozy. "Ce type, c'est une lame", dit de lui le chef de l'Etat. C'est aussi l'homme qui ne sourit jamais, et qui se rêve Premier ministre. On apprend tout de même qu'il a assez mal vécu sa nomination au ministère de l'Immigration. "J'étais déjà Judas. On me demande d'être Marcel Déat". Déat, c'était un socialiste passé à la Collaboration sous le régime de Vichy. Dans L'Express, vous trouverez les bonnes feuilles du livre que son ex-épouse s'apprête à publier. Elle raconte comment la politique passe avant tout le reste. Même le jour du divorce, Eric Besson a fait avancer le rendez-vous chez le juge parce qu'il était appelé au Congrès de Versailles. "Ceux qui disent qu'Eric Besson n'a jamais été de gauche ont en partie raison", écrit Sylvie Brunel. "Pied-noir élevé dans une famille méditerranéenne, préoccupé par un désir d'ascension et d'intégration sociale, il a reçu une éducation catholique et bien-pensante. Il a toujours aimé le monde de l'entreprise, et toujours cru à la nécessité d'un chef". L'éditeur Jean-Paul Enthoven qualifie Besson de "social-démocrate nietzschéen". Conclusion de l'ex-épouse Sylvie Brunel : "Mon mari a lié son destin à celui qui lui ressemble tant". On a repéré un dangereux réseau de contrefaçon de DVD, Bruno... Oui, il sévit au 55 rue du Faubourg Saint-Honoré. Le boss s'appelle Franck Louvrier, chargé de com' de Nicolas Sarkozy. Et l'atelier clandestin est à l'Elysée. Le Canard Enchaîné raconte cette semaine comment les services de la Présidence auraient dupliqué 400 DVD d'un portrait de Nicolas Sarkozy, diffusé en juillet dernier sur France 5 : portrait tout à la gloire du chef de l'Etat, selon Le Canard. Il aurait été distribué lors de la conférence des ambassadeurs. Quoi qu'en dise Franck Louvrier, toujours selon Le Canard, aucune autorisation n'aurait été demandée. Pas de mention du producteur sur les DVD-copies. A l'heure de la loi Hadopi, ça fait mauvais genre... Nouvelles technologies, Internet et téléphone portable... La presse, ce matin, est encore pleine de scandales plus ou moins grands... Selon Rue89, les mots de passe de plus de 10.000 utilisateurs de Hotmail ont été publiés sur le Web cette semaine. Selon Nice Matin, deux Varois auraient escroqué près d'un million d'utilisateurs de portables grâce à une technique d'appels surtaxés. Alors les nouvelles technologies vont-elles tout brûler ? Internet va-t-il provoquer la disparition des livres en particulier ? Interview, sur ce thème, d'Umberto Eco, dans Télérama... "Plus que le livre, c'est une part de notre culture qui est menacée", selon le maestro italien. "Le grand problème de notre époque, c'est le filtrage. Il y a un personnage de l'écrivain Borgès qui est hypermnésique : il se souvient de tout. Et, du coup, c'est un fou ou un idiot. Internet, c'est le scandale d'une mémoire sans filtrage. Une des grandes fonctions de la culture, c'est d'imposer un savoir partagé par tous. Il existe une sorte de Larousse encyclopédique admis par tout le monde. Internet peut signifier la mise en miettes de ce Larousse, au profit de 6 milliards d'encyclopédies : chacun la sienne. C'est la différence entre le doux vertige que donnent deux verres de whisky et celui que procurent deux bouteilles de whisky. Le Web, c'est le coma éthylique assuré". Alors je ne sais pas si la soeur Marie-Odile, qui vit dans un couvent de Clarisses, carbure au whisky. En tout cas, le Web, elle est pour. Grâce à GoogleEarth, elle a pu revoir sa Bretagne natale et la maison familiale, vingt ans après être entrée dans les ordres. Le témoignage de la soeur Marie-Odile, c'est le début d'un article passionnant, dans La Croix, sur Internet dans les monastères. Comment le Web déplace les murs et les clôtures, et oblige à intérioriser cette notion de clôture. Les règles de vie diffèrent selon les monastères. Chez les Trappistes de Tamié, les ordinateurs sont éteints après l'office du soir. Ailleurs, on a même mis en place un contrôle parental. Un abbé raconte que ça démange plus d'un frère d'aller voir les résultats juste après un match de foot. C'est pour les nouvelles générations de moines et de moniales que c'est le plus dur. Il faut leur couper l'accès au Net tout doucement, sinon c'est la panique. Il faut donc trouver la juste mesure. Le Web au monastère : ce n'est plus au nom de la rose, c'est au nom de la dose...

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