Patrick Cohen : A la Une ce matin, les chrétiens d'Orient... Bruno Duvic : Une image pour poser le décor : c'est dans une église de Turquie, un groupe d'enfants. Les pèlerines blanches cachent des cheveux noirs et bouclés, les enfants sont réunis autour d'un grand livre, ils apprennent l'Araméen. Les chrétiens d'Orient, c'est 2000 ans d'Histoire comme on dit sur France Inter. Un fil rouge entre les récits bibliques et l'actualité. 14 millions de personnes, entre Egypte et Iran, Istanbul, Bagdad et Jérusalem. Ils sont catholiques, orthodoxes, fidèles au pape ou non. On les appelle les coptes, les syriakes, les maronites, les melkites, les chaldéens. Ils peuvent être des témoins de paix, mais leur disparition n'est pas un scénario impossible. En Irak, leur nombre a été divisé par trois, et même cinq, en vingt ans, selon les chiffres. A Jérusalem, ils pourraient être réduits à quelques milliers dans les années à venir. En Turquie, ils représentaient 20% de la population au début du 20ème siècle... 0,1% aujourd'hui. Chrétiens d'Orient, ils sont à la Une de La Vie, du Pèlerin et de Témoignage Chrétien cette semaine, à quelques jours d'un synode qui réunira les évêques de la région à Rome. Qu'est-ce qui les menace ? Le contexte de guerre, le fanatisme, l'obscurantisme, l'autoritarisme des régimes politiques, mais aussi leurs propres excès et divisions parfois. Et pourtant, à lire les reportages et les témoignages dans les trois hebdomadaires, on se dit que le fossé pourrait être comblé. Ce village d'Egypte, par exemple, où est allé Pèlerin. Il est divisé en deux quartiers : les chrétiens au nord, les musulmans au sud... la police patrouille dans la région. Mais dans le même village, dans la maison d'un chrétien copte, on trouve un tapis de prière : pendant le ramadan, il a rompu le jeûne avec une famille musulmane. "L'islam est notre milieu" dit le primat de l'Eglise grecque melkite dans Témoignage Chrétien. "C'est le contexte dans lequel nous vivons et dont nous sommes historiquement solidaires, nous comprenons l'islam de l'intérieur. Quand j'entends un verset du coran, c'est une expression de la civilisation à laquelle j'appartiens". On comprend que ces hommes et femmes ont un rôle précieux à jouer pour faire progresser l'esprit de paix... Ce rôle est même capital pour le directeur de l'œuvre d'Orient qui soutient les chrétiens de la région. Ils portent dans leurs traditions la distinction entre la sphère politique et la sphère religieuse. Résumé dans le document de travail préparé par le Vatican avant le synode, à partir de dimanche. "L'Histoire a fait que nous sommes devenus un petit reste, mais nous pouvons aussi par notre comportement, devenir une présence qui compte". Patrick Cohen : L'actualité en France à travers la presse : deux sujets de commentaires... Bruno Duvic : Les retraites d'abord... Beaucoup d'éditos sur le sujet. On en parle depuis 8h20 sur France Inter... Je vais vite... En synthèse, à l'heure où la menace de grève reconductible se précise, les commentateurs soulignent que les syndicats jouent un jeu très risqué, et déjà les premiers grognements apparaissent. "Il ne faudrait pas que les Franciliens et les autres subissent une grève des transports imposée par ceux qui ont des régimes de retraite autrement avantageux que le leur" écrit, par exemple, Jacques Camus dans La République du Centre. "Ce serait une double peine". Patrick Cohen : Deuxième sujet de commentaire : Jérôme Kerviel... Bruno Duvic : C'est intéressant parce qu'hier, dans la foulée du jugement du tribunal de Paris, la presse était unanime pour dire que la peine (5 milliards d'euros de dommages et intérêts) était absurde. Plus de nuance aujourd'hui, notamment dans Le Monde, La Croix et Les Echos. D'abord, les trois journaux soulignent que le tribunal n'a fait qu'appliquer le droit. La Croix, par exemple... A partir du moment où les juges reconnaissent la responsabilité du prévenu et les torts causés à sa victime, ils doivent le condamner à verser la somme correspondant aux préjudices. On peut donc contester le droit mais en l'état actuel il est comme cela. La justice française, ajoute Le Monde, a dit que jusqu'à preuve du contraire, le métier de trader à ses règles, ses devoirs et même sa déontologie. Valérie de Senneville est sur la même ligne dans Les Echos. Elle ajoute un commentaire : "Oui, le jugement est inattaquable, mais sur le plan du raisonnement juridique, mais il pêche par manque de pédagogie. La justice rate alors une de ses missions essentielles : celle de l'exemplarité du châtiment". Patrick Cohen : A la Une également : Facebook... Bruno Duvic : 500 millions d'amis, un film et un fait divers... Le fait divers est en dernière page du Monde. L'histoire de deux étudiants colocataires à New York. Le premier s'appelle Tyler. Un soir, il demande à son coloc de lui laisser sa chambre. Tyler a un rendez-vous galant, il se trouve que c'est avec un garçon et qu'il n'a pas envie que ça se sache. Mais avant de quitter sa chambre, le colocataire branche sa webcam. C'est ainsi que le tout-Internet a pu suivre en direct les activités de Tyler et de son invité. La scène s'est produite à deux reprises. Comme il se doit, écrit Corinne Lesnes dans Le Monde, l'histoire s'est terminée par une mise à jour sur Facebook : "Je saute du pont Washington, désolé". Facebook, 500 millions d'amis, et un film sur son fondateur qui sort la semaine prochaine. Le magazine Books en profite pour consacrer un dossier aux réseaux sociaux et en particulier à celui-ci. Un long article retrace l'histoire du concept d'amitié. On commence par l'amitié antique, exceptionnelle, exclusive et parfois érotique... L'amitié à la Montaigne, là encore très forte (parce que c'était lui, parce que c'était moi). Mais au fil des siècles, l'amitié s'est à la fois élargie et affaiblie. On a eu des cercles d'amis comme une deuxième famille devenue presque plus importante que la première, comme dans les séries "Friends" ou "Sex in the city". A l'heure de Facebook, le cercle est devenu un nuage. L'information remplace l'expérience. On connaît le nom des frères et sœurs de nos amis, on sait qu'ils n'aiment pas les araignées, mais on ne les connaît pas vraiment, il n'y a pas de place ou de temps pour cela sur les réseaux sociaux. Patrick Cohen : Encore une histoire intime à New York pour finir... Bruno Duvic : Les punaises de lit envahissent la ville. Ce sont des bestioles qui avaient disparu grâce au DDT, mais ce produit est maintenant sur la liste des insecticides interdits. Alors, c'est la plaie... Dans Le Nouvel-Observateur, Philippe Boulet-Gercourt raconte qu'un logement sur quinze est infecté à New York. Les grands magasins, les écoles, les hôpitaux sont touchés. Et les autres grandes villes américaines commencent à être gagnées. Il paraît que ces punaises provoquent des démangeaisons à devenir dingue, mais elles ne trimbalent pas de virus ou de maladies. Comme ça se passe à New York, évidemment les avocats et les psys s'emparent de l'affaire. Un thérapeute précise tout de même au New-York-Times : "Une fois que le patient est parti, j'inspecte soigneusement le divan". A demain !

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