(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : la vaisselle cassée

(Bruno Duvic) Pourquoi eux ? Pourquoi Manuel Valls, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen sont-ils les trois personnalités préférées des Français ?

Question posée par Guillaume Tabard ce matin dans Le Figaro , quelques jours après la publication du baromètre TNS Sofres-Figaro magazine.

« Exigence d'autorité », tout aussi forte dans l'électorat de gauche.

« Cette adhésion, poursuit Tabard, s'accompagne d'une validation du ton. »

Pour réussir en politique, confirme Cécile Cornudet dans Les Echos , « il faut parler haut et fort, dire crûment les choses, saturer l'espace médiatique, quitte à concéder ensuite une expression maladroite ».

Il faudrait donc casser la vaisselle pour réussir

Expression employée hier par François Fillon dans Le Journal du dimanche . Est-ce que cela suffit ?

Beaucoup d'éditorialistes ce matin s'interrogent sur la nouvelle posture de l'ancien Premier Ministre, gendre idéal qui se donne des airs de méchants depuis quelque temps. « Tout ce ramdam en fait-il un candidat crédible à la présidentielle ? On n'y croit pas un seul instant, répond Jean-Michel Servant dans Midi Libre .

Il a beau donner des coups de becs, François Fillon reste un chapon au bal des prétendants. »

Pour Jacques Camus, dans La Montagne , « sa mutation parait trop radicale pour être naturelle ».

« Il a été souverainiste et européen, social et libéral, rappelle Philippe Waucampt dans Le Républicain Lorrain . Nul ne sait vraiment ce qui se cache sous le cheveu soigneusement peigné.»

Tabard reprend sur le trio Valls, Sarkozy, Le Pen. « La dimension d'incarnation est la martingale du succès (…) C'est leur chance. Leur popularité a ceci de fragile qu'elle reste suspendue à des preuves d'efficacité. »

Faut-il casser la vaisselle ? Dans son billet des Echos , Cécile Cornudet met un contrepoint à cette politique en mode fortissimo. Contrepoint joué par Laurent Fabius et Michel Sapin à la télévision ce week-end. « Un ministre est fait pour gouverner pas pour controverser. Il y a aujourd'hui plus de décisions à prendre et plus de pression médiatique. Cela impose d'être réservé et collégial. »

Deux façons d'avancer. La limite actuelle du gouvernement est peut-être de ne pas choisir entre les deux.

A Strasbourg, un campus musulman doit bientôt voir le jour

Pour l'instant c'est un chantier. L'année prochaine, dans le quartier de Hautepierre, il devrait y avoir une faculté, un lycée, un internat. Plus de 10.000 mètres carrés de surface.

Un campus musulman, donc. « L'ambition du projet a un pris tout le monde de court », écrit Bernadette Sauvaget dans Libération . Il se veut un pôle d'excellence pour l'Islam en France et en Europe. L'objectif de départ c'était de former des imams franco-français, des imams issus des générations qui ont grandi en France. C'est un des serpents de mer du débat sur la place de l'Islam en France.

A Strasbourg, l'idée se concrétise, mais avec de l'argent Turc. Car c'est Ankara qui finance le campus. 15 millions d'Euros.

1800 imams aujourd'hui en France ? Pourquoi est-il si difficile de recruter des imams franco-français ? Un sociologue qui a consacré sa thèse au sujet répond dans Libération . Ce n'est pas une position sociale très valorisée. Métier mal payé, pas de protection sociale. « Les imams sont dans une position de dépendance vis à vis des responsables des mosquées, des fidèles, des pouvoirs publics. Parmi ceux qui exercent en France, le turnover est important. »

Direction la Syrie à présent

Le Huffington Post raconte le destin de trois sœurs syriennes qui ont voulu s'exiler en Suède. A quelques détails, on comprend qu'avant la guerre, leur famille n'était pas parmi les plus mal loties dans la société syrienne. L'aîné s'appelle Nour, elle a 21 ans. Jean à la mode, maquillage étudié et cheveux noirs en cascade. C'est elle qui a convaincu les autres de partir, sous l'influence de son petit ami. Pas d'avenir en Syrie. Premier étape l'Egypte, Alexandrie, pas de souci majeur. C'est ici que tout se complique. Discrimination de plus en plus forte en Egypte à l'égard des Syriens.

Le petit ami a tout préparé : le passeur le plus fiable, un bateau pour l'Italie, porte d'entrée en Europe. Nour raconte les journées à attendre le bon moment. Le décalage le contraste entre ces heures futiles passées à la plage et la tension du voyage annoncé.

Le jour J : un bus, tous rideaux fermés. Interdiction de les ouvrir. Quand la porte s'ouvre, la lumière tout d'un coup et surtout l'impression d'appartenir à un troupeau. Soudain, des centaines de Syriens : ils s'apprêtent à embarquer comme elle. Dans la foule, un homme connu pour avoir de magnifiques voitures en Syrie. Ce jour là, il n'a qu'un sac à dos pour seul bagage.

Le top départ pour embarquer mais l'attaque des gardes côtes égyptiens. La fuite. Et dans la panique, la famille qui se sépare. Seule une des sœurs, la plus petite, Yasmine a réussi à embarquer. Elle a 10 ans, la voilà donc seule en passagère clandestin. Ses sœurs n'ont aucune nouvelle. Heureusement, un ami de la famille est dans le même bateau. Il trouve la petite fille prostrée. Arrivée en Italie. Des amis attendent en Italie. Yasmine est aujourd'hui en Suède. Elle appelle ses sœurs au téléphone. Surtout ne prenez pas le bateau, trop dangereux. Mais quand même, quand est-ce que vous arrivez ?

Hommages à un personnage historique disparu vendredi

Le général Giap, le vainqueur de Dien Bien Phu. L'homme qui a contribué à mettre fin à l'empire colonial français. La presse de gauche, L'Humanité , Mediapart , Libération revient sur le destin hors norme de ce personnage ce matin.

Dien Bien Phu c'était « le Valmy des peuples colonisés » peut on lire sur Mediapart . Prouesse militaire et logistique, que cette bataille, raconte Arnaud Vaulerin dans Libération . Pendant 56 jours, les troupes de Giap asphyxièrent les troupes françaises dans cette cuvette. Des kilomètres de galerie et de tranchées creusées. Sur des vélos, des radeaux, des chevaux, les Vietnamiens ont acheminé des tonnes de munitions, de riz et d’outils.

Giap, au cours de sa carrière a contribué à faire céder les Français, les Américains et les Japonais. « C’est l’un des plus grands génies militaires de tous les temps », écrit son biographe américain.

Sur les raisons pour lesquelles les Américains ont fini par céder au Vietnam malgré leur supériorité militaire, leçon pour l’Histoire dans une interview que Giap avait accordé à L’Humanité en 2004 et reproduite ce matin ; « Les Américains n’avaient aucune connaissance de notre histoire, de notre culture, de nos coutumes, de la personnalité des Vietnamiens en général et de leurs dirigeants en particulier ».

D’ailleurs les soviétiques n’ont plus n’avaient apparemment rien compris à la résistance vietnamienne. A un moment du conflit, Giap se trouve à Moscou pour demander de l’aide et se trouve face à l’ensemble du bureau politique :

  • Camarade Giap, vous parlez de vaincre les Américains. Combien d’escadrilles d’avions à réaction avez-vous et combien en ont-ils ?

  • Si nous nous battons à la russe, nous ne pouvons pas tenir deux heures. Mais nous nous battrons à la vietnamienne et nous vaincrons »

A demain

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