C’est Rabelais qui écrivait cela, il y a près de 500 ans...

Et l’on retrouve la citation dans l’édito que signe Frédéric Vézard dans AUJOURD’HUI LE PARISIEN, lequel préconise de graver cette sentence de l’écrivain à l’entrée de tous les laboratoires de recherche… « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »… Autrement dit : avec certaines recherches scientifiques, certaines avancées scientifiques, on risque, si l’on n’y prend garde, de perdre son âme.

Comme un rappel à l’ordre, alors que le quotidien pose à sa Une cette question : « Aurons-nous bientôt dans nos assiettes des animaux transgéniques ? » Après les OGM – les organismes génétiquement modifiés, voici maintenant les AGM : les animaux génétiquement modifiés… Vous ne les connaissez peut-être pas encore, mais sachez qu’ils s’approchent et qu’ils pourraient bien débarquer dans l’Hexagone un jour ou l’autre. Le Canada vient en effet d’autoriser la commercialisation de saumons issus de manipulations génétiques : des saumons créés par une entreprise américaine et conçus pour se développer plus vite que les poissons traditionnels. Ils atteignent leur taille adulte en seize mois, contre trente mois pour un saumon non modifié. Super rentable, évidemment, pour ceux qui les produisent…

Et même si ces poissons ne sont, pour l’instant, pas autorisés à la vente en France, les associations anti-OGM, qui les ont rebaptisés saumonstres ou frankenfishs, tirent déjà la sonnette d’alarme, car à vue d’œil, rien ne les différencie des autres, et ils pourraient donc bien se retrouver dans nos assiettes à la faveur du CETA, le nouvel accord de libre-échange signé entre l’Union Européenne et le Canada, un accord qui réduit les obstacles aux échanges commerciaux entre les deux continents. Bientôt, peut-être mangerons-nous du saumon transgénique… Doit-on se réjouir ou doit-on s’inquiéter ? Le journal s’interroge et on s’interroge également, tout en nous amusant du dessin de Rançon illustrant le dossier… C’est un couple en train de dîner, et la femme lance à son mari : « Je t’ai préparé du saumon génétiquement modifié. » Réponse du mari : « Ok. Je vais prendre une cuisse ! »

D’ailleurs, d’autres projets similaires sont aujourd’hui sur le point d’aboutir. Par exemple en Chine, où il y a des cochons génétiquement modifiés… En modifiant un gène régulant la croissance musculaire, ça donne une viande plus abondante et moins grasse. Dans le Minnesota, une start-up a pour sa part imaginé des vaches laitières génétiquement modifiées : elle a réussi à les faire naître sans cornes, ce qui leur évite, paraît-il, de se blesser. Et, toujours aux Etats-Unis, certains ont même créé des chats génétiquement modifiés – là, bien sûr, il n’est pas question d’en faire ensuite des civets, non : ce sont des chats sur lesquels on a désactivé les gènes responsables des allergies. Pratique : les allergiques n’éternuent plus quand ils les touchent. Pratique, oui, mais il s’agit dès lors de matous modifiés, modifiés pour le seul agrément des humains.

Voilà donc pour la Une et le dossier du journal, dans lequel, en page 11, la page des faits divers, une retrouve l’info qui, sans doute, a fait éternuer l’un de nos anciens présidents : dans l’affaire des écoutes, un procès requis contre Nicolas Sarkozy…

C’est une info du PARISIEN, et depuis qu’elle est sortie hier soir, elle fait, comme on dit, « les choux gras » des Twittos et des Facebookeurs. Le PNF, le Parquet National Financier, a donc demandé le renvoi de Nicolas Sarkozy devant le tribunal correctionnel, et ce, pour « corruption, trafic d’influence et recel de violation du secret professionnel » dans l'affaire dite des « écoutes ». Selon le quotidien, le PNF demande également le renvoi de son avocat, Thierry Herzog, et celui de Gilbert Azibert, l'ancien premier avocat général près la Cour de cassation. Dans ce dossier, les juges soupçonnent l'ancien président de la République d'avoir proposé de faciliter une promotion à Monaco de Gilbert Azibert – promotion prestigieuse qui finalement ne fera pas, mais en échange le magistrat devait donner des renseignements sur l'avancée d'une autre procédure en cours – en l’occurrence, la procédure concernant le dossier Bettencourt. C’est à cause de cette enquête, parce qu’il se savait sur écoute, que l’ex-chef de l’Etat avait utilisé un téléphone sous le nom de Paul Bismuth, mais là, ce n’est pas Paul Bismuth, c’est bien Nicolas Sarkozy qui se trouve donc renvoyé devant le tribunal correctionnel.

Autre affaire judiciaire, et cette fois, cela concerne un producteur américain. C’est à lire dans LIBERATION : affaire de harcèlement sexuel, et un retentissement énorme dans la presse américaine… L’homme mis en cause s’appelle Harvey Weinstein : 1 mètre 80 et plus de 100 kilos d’un égo surdimensionné. C’est un des principaux piliers du cinéma américain, créateur de la boîte de production Miramax, un géant de la production dans la tourmente depuis trois jours, suite à la parution dans LE NEW YORK TIMES d’une enquête sur son comportement avec les actrices… Pression, chantage sexuel… Après des années de silence, plusieurs actrices ont décidé de parler. Fin de l’omerta et fin d’un homme ou, du moins de sa réputation.

Autre homme mis en cause dans les colonnes du journal – un autre type de harcèlement, et cet homme, c’est le Premier ministre du Cambodge. Il s’appelle Hun Sen et il s’est lancé depuis plusieurs dans une vaste campagne de répression… Dérive autoritaire : un leader politique arrêté en septembre, la vice-présidente du parti d’opposition qui a pris la fuite, des médias muselés et des ONG des droits de l’Hommes qui craignent pour la suite… Ce n’est pas encore la dictature, mais le Cambodge inquiète… Par peur de perdre le pouvoir, son dirigeant devient chaque jour un peu plus un tyran.

De son côté, LE FIGARO s’intéresse ce matin à notre président : « Macron penche à droite, sa gauche tangue »… Et le quotidien d’expliquer que le chef de l’Etat s’est construit sur le dépassement des clivages – ni de gauche, ni de droite… Mais depuis son arrivée à l’Elysée, il donne essentiellement des gages à la droite – ni de gauche, ni de gauche – ce qui, dès lors, inquiète la gauche… En baisse dans les sondages, Emmanuel Macron entend désormais corriger ce déséquilibre, assure le quotidien… de droite, citant la réforme de la formation professionnelle et des mesures en faveur des plus modestes, comme la revalorisation des minimas sociaux…

Enfin, ce sont deux hommes qu’on retrouve à la Une de LIBERATION : un couturier et un chanteur : le couturier allemand Karl Lagerfeld et le chanteur belge Stromae. Quatre pages d’un dialogue dans lequel ils évoquent à la fois la musique et la mode, leur rapport au temps, leur rapport au travail, à la célébrité, leur phobie des selfies, mais également la dépression… La dépression du jeune chanteur, il fait une pause dans sa carrière, il ne supporte plus la scène, on dirait que les fans lui font peur… « Lagerfeld, Stromae : alors on cause », titre joliment le journal, évoquant une rencontre inédite entre deux phénomènes de la pop culture contemporaine, deux stars, deux dandys… Honnêtement, le plus rigolo, c’est vraiment Lagerfeld, notamment quand il parle de sa chatte Choupette… « La choupette, dit-il, elle n’est jamais seule parce qu’elle n’aime pas ça. Elle a toujours de femmes de chambre avec elle… C’est honteux, il n’y en a que pour elle. Et comme elle a fait deux pubs et qu’elle a gagné beaucoup d’argent, elle a sa propre fortune. S’il m’arrive quelque chose, Choupette a une rente. » Le couturier explique par ailleurs qu’il s’est aperçu que Choupette n’aimait pas la musique. Surtout l’opéra, précise-t-il. Mais elle adore Carlos Gardel, le Dieu du tango argentin… Et là, on se dit que Choupette est peut-être la première chatte génétiquement modifiée.

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