Et si la semaine politique se résumait en un mot : dilemme... Vous êtes médecin... Fidèle au serment d'Hippocrate, on vous demande de ne pas être hypocrite... On vous demande de nous dire de quoi souffre exactement le Président de la République. Vous êtes bien conscient que le problème est politique : que les Français ont le droit de savoir... Mais il y a le secret médical, que vous, médecin, vous avez le devoir de protéger. Alors... Alors la réponse, elle est dans le journal "La Croix"... C'est le professeur Jacques Roland qui la donne... C'est le président du Conseil de l'ordre des médecins, qui nous révèle que tous ces communiqués qu'on entend jour après jour, et dont le dernier est un chef-d'oeuvre de langue de bois... Signes cliniques en cours de régression, traduisant une évolution très favorable... Eh bien, ces communiqués n'émanent pas des médecins qui soignent le chef de l'Etat, mais de ses proches et de ses conseillers... Sachant qu'au bout du compte, le bulletin de santé du patient est mis au point par le patient lui-même. Et là où on touche au grand art, c'est que c'est un médecin qui vient lire le communiqué, lui donnant ainsi une allure authentique... C'est un médecin-communicateur. Conclusion de Jacques Roland dans "La Croix" : "Je n'ai pas l'impression que la communication faite aujourd'hui sur la santé du Président de la République trahisse véritablement le secret médical... C'est le moins que l'on puisse dire". Vous le savez, l'hospitalisation de Jacques Chirac débouche sur un autre débat : celui de son éventuelle candidature en 2007... Disons que les ennuis de santé du Président ne militent pas pour un troisième tour de piste... Et pourtant, le sarkozyste Patrick Devedjian le dit et le redit ce matin, dans "Libération" : "J'ai le sentiment que l'attitude de Jacques Chirac est guidée par la volonté de se représenter". Ah bon ? "Alors Dominique de Villepin ne sera pas candidat ?", lui demande Hervé Nathan dans cette même interview publiée dans "Libération"... "Non, répond Patrick Devedjian... D'ailleurs, il l'a dit... Et je ne crois pas que le Premier ministre puisse mentir aux Français... C'est un engagement qu'il a pris". On verra bien... Mais deux ans, c'est long... Ce qui inspire au "Canard Enchaîné" ce titre-là... "Nouvelle équation politique : un patient... deux impatients !" Du côté des impatients, précisement… Emmanuelle Veil, reporter à "Charlie Hebdo", nous fait part de son voyage en Sarkozie, à La Baule, le week-end dernier, à l’université d’été de l’UMP. Passer un week-end au club Sarko, nous dit-elle, c’est se retrouver immergé au milieu de la jeunesse dorée de la France d’aujourd’hui… C’est passer deux jours avec des apprentis politiciens qui ressemblent davantage à des star-académiciens de souche impôt sur la grande fortune qu’à des étudiants de Science-Po. Lorsque vous approchez ces bébés-Sarko, poursuit la reporter, et qu’ils apprennent que vous êtes de "Charlie Hebdo", leur premier mouvement est un mouvement d’effroi. Alors la meilleure façon d’entrer en communication avec eux, c’est de leur poser cette question : "Je n’arrive pas à comprendre comment on peut être jeune et être à l’UMP". Ca, c’est le genre de question qui vous crée un climat de confiance… Formidable. N’empêche qu’à partir de là, c’est gagné, nous explique Emmanuelle Veil… Ils deviennent intarissables. Le libéralisme, répondent les jeunes sarkozystes, c’est la liberté, c’est d’avoir une belle bagnole ou un super appart. Evidemment, notre consoeur rapporte les propos les plus caricaturaux… C’est dans la ligne éditoriale de son journal… Cela n’en reste pas moins un fragment de vérité… Alors poursuivons : le libéralisme, c’est aussi ne pas payer d’impôts juste pour aider les gens qui ne veulent pas travailler… C’est d’avoir plus de policiers dans les rues pour empêcher les pillages de magasins… Et c’est pouvoir faire ce qu’on veut dans la vie. Touche pas à mon réservoir… Tout mais pas ça ! Non, décidement, les Français ne transigent pas sur la question : quels que soient les prix du carburant, ils passent et repassent à la pompe… Même si… Et c’est un fait que "Le Figaro" qualifie d’historique… Même si, pour la première fois depuis 1945, la consommation du carburant automobile a diminué cette année. Bon… Comme toujours en matière d’économie, il faut se poser la question : phénomène passager ou tendance lourde ? De toute façon, rappelle Pascale Hébel, responsable des études de consommation au Crédoc : de tous les produits que les Français achètent, le carburant est celui dont la demande est la plus indifférente au prix. A tel point que les experts du même Crédoc ont enregistré des baisses historiques du budget de l’alimentation… D'où le titre du "Figaro" : « Pour pouvoir faire le plein, les Français sont prêts à manger moins". Si Jean-Paul Sartre, dont on fête cette année le 100ème anniversaire de sa naissance, entendait ça… Hein ? Lui qui pensait que l’essence précédait l’existence… Puisque nous citons les grands esprits… Cette question basique, genre "quizz de l’été", dans le magazine people… Qui a dit : « Le 21ème siècle sera religieux ou ne sera pas ? » A moins qu’il n’ait dit : «  Le 21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas »… Il y a débat… Quant à la réponse : qui a dit ? Eh bien, ce n’est pas Malraux... Il n’a jamais prononcé cette phrase, nous explique Frédéric Lenoir dans "Le Monde des religions"… Eh oui : il y a des personnages dont l’aura est tellement grande qu’on leur attribue des grandes citations… On ne prête qu’aux riches. Vous me direz, peu importe… Allons au fond … Et même si, dans toute démarche philosophique, l’essentiel c’est la question, voici quand même quelques éléments de réponse. Alors, puisque que nous y sommes, au 21ème siècle : est-il religieux ? Oui, répond "Le Monde des religions", dans un dossier de trente pages, qu’on peut résumer, figurez-vous, en citant les titres et sous-titres des principaux papiers de ce dossier… Comme quoi il est bien fait… Alors allons-y... Dieu dans tous ses états : ce début de siècle connaît une véritable effervescence religieuse… multiforme… Un besoin de sens dans un monde désenchanté… Le réveil identitaire : aujourd’hui, on ne cache plus son appartenance à une communauté religieuse… On l’affirme… et on l’affiche… Ou encore : l’homme écartelé : faute d’être enraciné, il cherche à se tenir debout… D’où une recherche constante d’équilibre… Et puis bien sûr, quand l’identitaire devient extrémiste, la religion est alors le prétexte à la plupart des violences nationalistes, ethniques et politiques…. Mais c’est une question d’attitude, car c’est aussi dans la spiritualité que, tout au contraire, l’homme va chercher un peu de douceur dans un monde de violence. Voyez, on dirait un texte, et pourtant, c’est une revue de titres. En tout cas, ce dossier est illustré par un sondage CSA, avec France Inter… Enquête qui réserve quelques surprises. On va en dire un mot avec Fréderic Lenoir, directeur de la rédaction du "Monde des religions"… * Rapidement, quel est le principal enseignement de ce sondage ? Merci Frédéric Lenoir... "Le Monde des Religions"... Ce qui est formidable avec l'actualité, c'est qu'on peut passer directement du royaume des cieux au caprice des dieux... Figurez-vous que Lance Armstrong trépigne et pique une colère, du genre "Je veux y aller... Vous avez été méchants, vous allez voir"... L'information nous vient du journal texan "American Statesman"... Oui, le cycliste américain, qui boucle la Boucle à l'envers, veut mettre fin à sa retraite... Ca veut dire qu'il a l'intention de refaire un Tour de France. Non, pas ça ! Mais si... D'ailleurs, le titre de "France Soir" résume le sentiment que peut inspirer une telle annonce... "Armstrong menace de revenir". "Je m'entraîne tous les jours", affirme l'Américain quand on lui demande s'il est vraiment sérieux... "Mais oui", répond-il, précisant au détour : "et pour toujours", et qu'il ne s'est jamais dopé... Et justement, parce qu'on l'a accusé, il le dit haut et fort : "Je reviens pour les emmerder"... Sous-entendu "les Français", qui l'ont acclamé 7 ans de suite. Normalement, on devrait en savoir plus en décembre... On devrait savoir si, pour la huitième fois, dopé ou pas, Armstrong tuera le suspense du Tour de France... Ce serait nous jouer un bien mauvais tour !

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