Mediapart raconte l’envers de l’opération Barkhane et les drones français qui font peur aux populations civiles. La belle histoire d’un vélodrome construit par des mineurs de l’ardoise, au temps du vélo populaire, le Monde. Frappé par le Covid quand il était en surpoids, Boris Johnson s’est converti à la course à pieds

On parle de jeunesse ce matin...

Et d'un garçon dont triomphant dont le patronyme invite au jeu de mot fitzgéraldiens, « Gasly le magnifique » écrivent le Dauphiné et Midi Libre à propos de Pierre Gasly vainqueur du grand prix d’Italie à Monza, Gasly qui nous arrose de champagne à la une de l'Equipe et dont les 24 ans  furent une longue attente, la dernière victoire française en Formule un avait eu lieu l'année de sa naissance, cela vaut bien 7 pages dans l'eEuipe où les anciens de la F1 tricolore saluent le gosse, Alain Prost a presque pleuré, mais regardons Gasly lui-même qui en a fait des choses à l'aube de sa vie

Il est toujours plaisant de lire d'un champion qu'enfant il intriguait ses parents par son côté obsessionnel en rangeant ses voitures dans un ordre immuable, ou en encadrant ses dessins au crayon pour qu'ils ne s'échappent pas,  il ne cédait rien et même à Mario Kart sur la console voulait gagner à tout prix, et un jour où son kart, le vrai n'avait pas démarré, il pleurait sur une occasion manquée et pensait qu'à cause de cette panne, il ne ferait jamais de formule un, "je suis nul, je vais me tuer" disait-il.

Cela n'est rien, un chagrin d'enfant, ou cela dit une envie que la plupart d'entre nous ne connaissent pas, on relit comment Gasly s'est redressé quand il fut chassé de la prestigieuse écurie Red Bull, on relit comment il a dû traverser la mort d'un ami pilote Antoine Hubert, on lit enfin, qu'à 20 ans, s'en allant disputer une épreuve en Angleterre, Gasly avait été victime d'un accident avec ses parents, il avait cru que sa mère en sang allait mourir, il avait pourtant couru et remporté son épreuve le lendemain, elle était encore en soin intensif. Quand il n'avait que 22 ans, Gasly avait donné une conférence au forum économique de Davos, sur la gestion du stress et des situations extrêmes... 

Voilà donc des enfants, qu'ont-ils à apprendre. Nos journaux parlent du tour de France et d'un slovène de même pas 22 ans, Tadej Pagacar, hier vainqueur d'étape, qui peut s'enfiler dix crêpes au Nutella avant de mettre la misère à ses rivaux, nous dit Libération, qui décrit la montée dans le cyclisme professionnel de coureurs à peine sortis de l'adolescence, d'une force inentamée que soutient la technologie, sont -ils la vérité du vélo ou va-ton les perdre dans un sport où l'expérience était un viatique. 

Pendant ce temps, dans la dépêche me regarde un soldat aux yeux clairs qui avait l'âge de Pierre Gasly, Arnaud Volpe 24 ans qui était hussard de première classe et qui est mort au Mali, tué samedi par des djihadistes, on me parle de son enthousiasme et de son esprit volontaire, il s'était engagé au printemps il y a deux ans... La Dépêche souligne le tribut payé par les parachutistes de Tarbes, et au-delà par les armées françaises, sept soldats sont morts depuis le début de l'année dans l'opération Barkhane sans laquelle l'Etat malien se serait effondré... 

Mais l'intervention  française suscite aussi des doutes...

Et il faut lire dans Mediapart les articles d'un journaliste, Rémi Carayol, qui couvre régulièrement l'envers de la présence française, vécue comme une intrusion ou un danger supplémentaire par des populations maliennes. Il raconte Carayol, la « menace fantôme » que font peser nos drones sur les populations civiles, car les drones ne sont pas seulement une arme intelligente devenue le fétiche de l'armée américaine, ils sont aussi, dit le philosophe Grégoire Chamayou l'instrument d'une terreur par le mystère qu'ils portent, et ne sont pas infaillibles.. Une frappe de drone français aurait fait des plusieurs victimes civiles en février, affirme Mediapart, l'état-major dément, l'ONU s'interroge... En France nous avons armés nos drones sans qu'il y ait débat. L'Etat a ses raisons. 

Le Parisien dévoile, documents secrets à l'appui que la justice a récupéré et que le journal a consulté, comment, après l'attentat de la rue des Rosiers à paris, qui avait fait 6 morts au restaurant Goldenberg en août 1982, la DST, les services français passèrent un accord avec le groupe palestinien dissident Abou Nidal, auteur de l'attentat, libérant des terroristes emprisonnés en échange de la sanctuarisation de notre territoire... Les tueurs de la rue des Rosiers n'ont jamais été arrêtés, l'Etat a des raisons qui semblent loin du respect dû aux victimes, ou de l'héroïsme d'un hussard de 24 ans. 

On parle de souvenirs enfin...

Et à côté du Tour de France, le Monde raconte une histoire merveilleuse, celle d'un vélodrome que des ouvriers, des mineurs avaient construit dans les années 50 à Noyant-la-Gravoyère, Maine-et-Loire, où l'on produisait de l'ardoise et dont était issus un grand pistard, Georges Paillard, et les grandes années, les amateurs de cycle, sociétaires ou héritiers  de l'Union prolétarienne un club du coin, et toute la campagne industrieuse applaudissaient les champions de passage, puis les mines ont fermé le cyclisme a couté trop cher, la piste est abandonnée à des gamins en VTT qu ne peuvent pas savoir que le vélo était rouge,  une culture, une identité politique et un bonheur qui flotte encore...

La politique est belle quand elle se fait charnelle. A la cantine de Lauris, 4000 habitants dans le Vaucluse, manger est un acte politique et les écoliers, nourris bio savoureux, sont aussi éduqués à ne pas gaspiller. Je lis cela dans la Provence qui compose un dossier gouteux sur la nourriture de nos enfants, ou j'apprends que Marseille n'est pas Lauris... Valérie Simonnet, mère de famille et documentariste marseillaise, rêvait de revenir manger à la cantine, elle l'a fait et en a tiré un film que France 3 et Public sénat vont diffuser, elle fustige la moussaka qui a l'air d'avoir été déjà mâchée et critique le choix du gigantisme de la restauration scolaire -affaire d'économise, il faudrait faire des choix, investir dans les assiettes ou couvrir le stade vélodrome... La politique décidément. 

Au Royaume-Uni aussi, la nourriture est politique et la santé avec. Le candidat conservateur à la mairie de Londres veut forcer les entreprises à tester leurs cadres à la cocaïne, c'est dans le Monde. Et le Figaro nous raconte un homme qui autrefois, dans son ascension populiste,  défendait dans les cantines le gras et le sucré, « laissez les gens mangez ce qu'ils aiment » tonnait-il, cet homme Boris Johnson a changé d'avis quand il s'est retrouvé frappé par le covid et en état de surpoids, il pesait 108 kilos pour un mètre 77, ce n’était pas une bonne idée d’être malade et trop gros,  et son gouvernement désormais prône la santé avec cette poésie qui appartient à certain libéraux : « Si tous les britanniques en surpoids perdaient 5 livres, cela permettrait au NHS, le service de santé du Royaume, d'économiser 100 millions de livres (sterling) les 5 prochaines années dit le ministre de la santé de Boris Johnson, qui lui court, avec un coach, et dit ceci: « Ce qui est formidable quand on court tôt le matin, c'est que rien ne peut vous arriver de pire le reste de la journée. »

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