Un an avant les Jeux Olympiques de Pékin, 1 mois avant le début de la Coupe du Monde de Rugby, 1 jour après le séisme Manaudou, les journaux ce matin nous laissent le choix. Il faut dire que l'épisode Manaudou prend une résonnance particulière à un an tout juste des JO. "L'eau de rose n'est pas faite pour les piscines olympiques" assène, un rien sévère, Jean-Pierre Bel dans la Nouvelle République du Centre Ouest. "C'est loin Pékin ? Tais-toi et nage" titre pour sa part Jacques Guyon dans son édito de la Charente Libre, militant "pour cette belle fille qui s'émancipe des heures de galère passées dans l'eau chlorée en s'accrochant aux yeux verts de l'amant de Vérone". "Il faut soutenir Laure Manaudou" encourage également Laurent Joffrin dans Libération. Parce que sa réaction, "humaine, trop humaine, aux délires de la haute compétition, fait souffler un air soudain rafraîchissant sur ce monde asphyxié par le pognon et le nationalisme", redoutant que les Jeux Olympiques de Pékin ne nous ramènent à ces temps anciens, où affirme-t-il, "les Etats totalitaires avaient chargés les athlètes d'incarner la supériorité de leur idéologie d'acier". Du coup, on appréciera le fossé, l'insondable abîme qui sépare notre Manaudou nationale des athlètes chinois en préparation. C'est un reportage de Jean-Jacques Mével, sur les Usines à Champions, à lire dans le Figaro sous la photo d'une toute jeune gymnaste, crucifiée en grand écart au sol par les jambes d'un entraineur sans visage. On pénètre dans les sous-sols de l'école de sport de Pékin-Ouest : Chao Xi a 6 ans, elle dépasse à peine de la table de ping-pong. "Pour renvoyer les balles qui s'acharnent sur sa raquette comme des grêlons, elle se soulève en sautillant" raconte l'article. 6 ans, 4 à 5 heures d'entraînement quotidien, 7 jours sur 7. "La fillette a été recrutée dès la maternelle". Alors, si Chao est encore trop jeune pour espérer concourir l'année prochaine, elle espère bien intégrer l'un des 212 pensionnats d'élite qui entrainent les futurs athètes olympiques. Et là, les méthodes sont encore plus implacables. Un ancien champion confie au journaliste "Il faut respecter les enfants. Mes entraîneurs ont pour instruction de ne pas frapper". "Mais en confidence affirme Jean-Jacques Mével, de jeunes athlètes reconnaissent avoir subi des abus et des violences physiques". Critique encore, Yves Thréard dans son édito, toujours dans le Figaro, qui interroge le respect des droits de l'homme : "Que vaut le sort de quelques prisonniers politiques contre un marché en pleine effervescence ?". Témoignage de Reporters Sans Frontières à lire également dans les pages Rebonds de Libération. Les bureaux de l'association à Pékin ont été perquisitionnés lundi affirment Robert Ménard, le secrétaire général de RSF et Vincent Brossel, qui regrettent que le Comité Olympique "reste bien silencieux à ce sujet, au risque de se discréditer". Lucide, l'Humanité, plus enthousiaste en tout cas que ses confrères sur l'organisation des Jeux, Patrick Apel Muller dans son édito relève "Les vrais défis de Pékin" : "La corruption reculera-t-elle au profit d'une citoyenneté plus complète ? Les droits de l'homme s'étendront-ils au détriment de châtiments archaïques comme la peine de mort ?" Lucide, donc, il conclut que "la tenue de ces jeux Olympiques ne suffira pas à répondre à ces problèmes majeurs. Elle les soulignera". "Ne soyons ni myopes ni naïf" plaide pour sa part Bernard Durant, toujours dans l'Humanité, dans un article contre le boycott des JO. "Peut-on priver la Chine d'un moment exceptionnel où sa société entière pourra témoigner de sa forte aspiration à plus de démocratie". "Aller à Pékin, oui ! Avec respect et les yeux grand ouvert". Les yeux grand ouverts sur le ciel de la capitale chinoise peut-être. Le Figaro et l'Humanité ont tous deux noté que l'un des problèmes de Pékin, c'est la pluie et particulièrement en cette période de l'année. Figurez-vous qu'il existe un département de modification du climat au sein du Bureau météo de la ville. Modification oui, parce que pour être sûr que la pluie ne ruine pas les épreuves, les experts ont pour mission d'empêcher la pluie de tomber. Et comment empêche-t-on la pluie de tomber vous, surtout cet été ? Tout simplement en tirant des fusées depuis des canons au sol, dans les nuages, nous expliquent les deux articles. Donc si vous souhaitez vous rendre aux JO de Pékin l'an prochain, on ne saura trop vous conseiller d'emporter un parapluie en kevlar. Plus près de nous, dans le temps et dans l'espace, J -30 avant la Coupe du Monde de Rugby, "la France est prête" assure le Parisien Aujourd'hui en France. Tour du pays des préparatifs : on apprend ainsi qu'à Bordeaux où l'on attend une déferlante de supporters irlandais. Les pubs ont stocké l'équivalent de 6 mois de commande de bière. A Toulouse, le monde s'est divisé en deux : ceux qui ont des places, et ceux qui n'en ont pas. Si vous faites partie de la deuxième catégorie, vous avez droit à une séance de rattrapage vous console le Parisien, puisqu'aujourd'hui, des billets issus du quota de la Fédération Internationale, l'IRB, vont être remis dans le circuit via les sites internets officiels. Finalement, la Coupe du Monde de Rugby, c'est peut être les hommes de Bernard Laporte qui en parlent le moins. C'est en tout cas ce que confie le demi de mêlée du Stade Toulousain, Jean-Baptiste Elissalde, dans une interview au quotidien. "On parle de beaucoup de choses, mais pas de rugby ou très peu assure-t-il. Pour parler de compétition, on a la chance d'avoir depuis peu un baby-foot et un flipper". "Vivre à deux, c'est vieux", c'est mieux. Enfin, c'est mieux de vivre à deux, on vit plus vieux, ce qui vaut ce titre ce matin à Didier Pobel du Dauphiné Libéré. "A deux, c'est vieux", c'est l'INSEE qui le dit. Une enquête publiée aujourd'hui dont se sont emparés vos quotidiens. "On meurt deux à trois fois plus entre quarante et cinquante ans si aucun être cher ne nous attend à la maison". Voilà qui devrait achever de convaincre les célibataires endurcis, quoi que... les endurcis justement, surtout les hommes, vivent plus longtemps que les couples s'ils atteignent les 80 ans. Ce sont donc les couples mariés avec deux enfants qui seraient générateurs de jouvence. Vous en concluerez donc avec Jérôme Arnoux, dans L'Alsace, que "cette situation permet de jouir du rassurant confort de la norme, qui garantit un minimum de stress et un maximum de reconnaissance sociale", au grand dam de ceux qui s'en éloignent, et "qui le pairaient en mois ou en années de vie", carrément ! Vous savez donc ce qu'il vous reste à faire si votre situation conjugale ne vous assure pas bonheur et longévité : un p'tit bilan, histoire de savoir où vous en êtes avec vous-même. Mais rassurez-vous, plus besoin de longues séances de psychothérapie, ou d'interminables questionnaires rébarbatifs. Non, et c'est Le Monde daté d'aujourd'hui qui nous l'apprend. Il suffit de vous confier à la machine qui détecte la personnalité. Une chaise, deux électrodes sur le front, les pieds et les mains sur des plaques en acier et hop, un bilan détaillé de votre profil psy. Le QPM, pour Quantic Potential Mesurement a été mis au point par une équipe de quatre français. Alors, supercherie, mascarade ou nouveau procédé s'interroge Le Monde. Apparemment, la machine dévoile vos points forts et faibles, vos aptitudes sociales, votre motivation, niveau de stress et même les traces du vécu. Rassurez-vous, le QPM est d'ores et déjà officiellement interdit aux recruteurs et aux DRH. En revanche, l'article ne dit pas s'il aurait été en mesure d'aider une nageuse en détresse à trouver un nouvel entraîneur. Une revue de presse signée Nicolas Martin

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